RECOMMANDATIONS                                                                                        imprimer

CONSIDÉRANT

  • Que les agents antimicrobiens sont des outils indispensables pour protéger la santé animale et le bien-être des animaux ;

  • Que les agents antimicrobiens contribuent également à satisfaire la demande mondiale croissante en denrées alimentaires d’origine animale sûres et sans danger, telles que le lait, la viande, le poisson et les œufs ;

  • Que l’antibiorésistance est un problème de santé publique et animale de dimension mondiale, qui est favorisée par l’utilisation des agents antimicrobiens tant en médecine humaine que vétérinaire ou pour d’autres utilisations ;

  • L’importance de bonnes pratiques de gouvernance, notamment l’application de lois et de cadres réglementaires nationaux régissant l’importation, l’autorisation de mise sur le marché, la production, la distribution (transport et stockage inclus) et l’utilisation de médicaments vétérinaires de qualité dans le monde entier ;

  • L’importance de se doter de Services vétérinaires forts afin de promouvoir l’utilisation responsable et prudente des agents antimicrobiens chez les animaux ;

  • La mise en œuvre du processus PVS de l’OIE(1) dans le monde entier ;

  • La nécessité d’accroître la capacité de tous les pays à surveiller l’antibiorésistance et contrôler les quantités d’agents antimicrobiens utilisés chez les animaux destinés à la consommation humaine ;

  • La nécessité de faire appel à la solidarité internationale pour aider tous les Pays Membres à élaborer et mettre en œuvre de manière efficace des mesures prévoyant l’utilisation responsable et prudente des agents antimicrobiens chez les animaux ;

  • Les normes et lignes directrices internationales développées par l’OIE et d’autres organisations internationales, telles que le Codex Alimentarius, afin de promouvoir l’utilisation responsable et prudente des agents antimicrobiens tant chez les animaux terrestres que chez les animaux aquatiques ;

  • La liste OIE des agents antimicrobiens importants en médecine vétérinaire et la liste OMS(2) des antimicrobiens d’importance critique pour la médecine humaine ;

  • Le réseau des points focaux nationaux de l’OIE pour les produits vétérinaires ;

  • La coopération avec les organismes statutaires vétérinaires, la profession vétérinaire et les parties intéressées afin de garantir l’utilisation responsable et prudente des agents antimicrobiens chez les animaux terrestres et aquatiques conformément aux normes de l’OIE ;

  • Les mécanismes tripartites de la FAO(3), de l’OIE et l’OMS destinés à promouvoir le concept « Une seule santé » ;

  • Le soutien actif de l’OIE à la VICH(4) ;

LES PARTICIPANTS DE LA CONFÉRENCE MONDIALE DE L’OIE SUR L’UTILISATION RESPONSABLE ET PRUDENTE DES AGENTS ANTIMICROBIENS CHEZ LES ANIMAUX

RECOMMANDENT À L’OIE

  • De renforcer la coopération internationale en adoptant une approche tripartite (FAO/OIE/OMS) afin de promouvoir l’utilisation responsable et prudente des agents antimicrobiens chez l’homme et chez l’animal et de réduire au minimum le développement et la propagation de l’antibiorésistance ;

  • De poursuivre l’élaboration et l’actualisation des normes de l’OIE, de la liste OIE des agents antimicrobiens importants en médecine vétérinaire et des politiques relatives à l’utilisation responsable et prudente des agents antimicrobiens avec l’aide des Centres de référence de l’OIE et de tous les experts de l’OIE compétents dans ce domaine ;

  • D’aider les Pays Membres à renforcer leurs Services vétérinaires et toute autre autorité compétente afin de promouvoir de bonnes pratiques de gouvernance, notamment l’application de lois et de cadres réglementaires nationaux régissant l’importation, l’autorisation de mise sur le marché, la production, la distribution (transport et stockage inclus) et l’utilisation de médicaments vétérinaires de qualité dans le monde entier en employant, au besoin, le processus PVS de l’OIE ;
  • D’encourager les Pays Membres et les Délégués de l’OIE à faire appel à leur point focal national pour les produits vétérinaires afin d’identifier leurs besoins en termes de renforcement des capacités au niveau national ;

  • De continuer à organiser des séminaires régionaux destinés à former les points focaux nationaux de l’OIE pour les produits vétérinaires et inviter la FAO, l’OMS et les parties prenantes à y prendre part ;

  • D’aider les Pays Membres à surveiller l’antibiorésistance chez les agents pathogènes tant animaux qu’humains ;

  • De recueillir des données quantitatives harmonisées sur l’utilisation des agents antimicrobiens chez les animaux en vue de créer une base de données mondiale ;

  • De renforcer la coopération avec les organismes statutaires vétérinaires et la profession vétérinaire dans les Pays Membres afin de mettre en œuvre une utilisation responsable et prudente des agents antimicrobiens chez les animaux ;

  • D’examiner et de promouvoir les possibilités d’accroître la communication, la collaboration et les partenariats avec les parties intéressées concernées, publiques et privées, spécialisées tant dans le domaine humain qu’animal, et ce au niveau international, régional et national ;

  • D’encourager la collaboration et la recherche intersectorielles afin de mieux comprendre et freiner les mécanismes de développement de l’antibiorésistance et développer de nouvelles molécules ;

  • De promouvoir la solidarité internationale et d’exhorter tous les bailleurs de fonds potentiels afin d’aider les pays en développement à mettre en œuvre les normes de l’OIE sur l’utilisation responsable et prudente des agents antimicrobiens ;

  • De faciliter la participation des Pays Membres de l’OIE au forum élargi de VICH en vue d’adopter et d’utiliser des lignes directrices internationales harmonisées relatives aux exigences techniques pour l’enregistrement des médicaments vétérinaires, et garantir ainsi la qualité de ces produits.

RECOMMANDENT AUX PAYS MEMBRES DE L’OIE

  • De veiller à ce que les Services vétérinaires nationaux s’acquittent de leurs responsabilités et, au besoin, demandent de l’aide par le biais du processus PVS de l’OIE pour se conformer aux normes de l’OIE ;

  • De mettre en œuvre les normes et les lignes directrices internationales de l’OIE et du Codex Alimentarius ayant trait à l’utilisation responsable et prudente des agents antimicrobiens et de suivre les recommandations de la liste OIE des agents antimicrobiens importants en médecine vétérinaire, y compris celles sur les fluoroquinolones et sur les céphalosporines de troisième et quatrième générations qui sont considérées comme revêtant une importance capitale à la fois pour la santé humaine et la santé animale ;

  • De développer et instaurer à l’échelle nationale un système harmonisé officiel pour recueillir les données issues de la surveillance de l’antibiorésistance chez les agents pathogènes animaux concernés et celles issues du contrôle des quantités d’agents antimicrobiens utilisés chez les animaux destinés à la consommation humaine, conformément aux normes de l’OIE ;

  • De participer à l’initiative de l’OIE consistant a recueillir des données sur les agents antimicrobiens utilisés chez les animaux destinés à la consommation humaine (y compris ceux employés dans les aliments médicamenteux) dans l’objectif ultime de créer une base de données mondiale hébergée par l’OIE ;

  • De développer ou de mettre à jour les lois et les réglementations régissant l’importation, l’autorisation de mise sur le marché, la production, la distribution (transport et stockage inclus) et l’utilisation de médicaments vétérinaires de qualité, en collaboration avec d’autres autorités compétentes et parties intéressées privées, et garantir ainsi leur mise en œuvre efficace ;

  • D’encourager les organismes statutaires vétérinaires et la profession vétérinaire dans son ensemble à développer et appliquer des codes d’éthique et de bonnes pratiques vétérinaires, ainsi qu’à garantir le respect de ces codes, notamment en ce qui concerne la prescription et la délivrance d’agents antimicrobiens par des vétérinaires et para-professionnels vétérinaires bien formés et placés sous leur autorité ;

  • De promouvoir l’inclusion dans le cursus des étudiants en médecine vétérinaire de premier et deuxième cycles (compétences minimales requises pour les vétérinaires nouvellement diplômés) des cours sur l’antibiorésistance et les codes de bonnes pratiques vétérinaires relatifs à l’utilisation responsable et prudente des agents antimicrobiens chez les animaux ;

  • Que les organismes statutaires vétérinaires soient dotés des capacités et de l’autorité nécessaires pour élaborer et instaurer des programmes de développement professionnel et de formation continus consacrés, en particulier, à l’utilisation responsable et prudente des agents antimicrobiens chez les animaux (y compris les animaux de compagnie et la faune sauvage) et aux nouvelles technologies y afférentes (tests de diagnostic inclus) au fur et à mesure de leur disponibilité ;

  • De désigner un point focal national pour les produits vétérinaires, de le soutenir et de le maintenir dans ses fonctions et de veiller à ce qu’il soit en contact étroit avec les points focaux existant à l’OMS, la FAO et au Codex Alimentarius ;

  • D’aider les Pays Membres en développement et en transition à renforcer leurs Services vétérinaires, à appliquer les principes de bonne gouvernance et la législation ayant trait aux agents antimicrobiens conformément aux normes de l’OIE et du Codex Alimentarius ; et de les aider à réprimer l’utilisation de produits non homologués ou falsifiés ;

  • De contribuer et participer à une coopération internationale ou régionale visant à élaborer des mesures régissant l’utilisation responsable et prudente des agents antimicrobiens chez les animaux ;

  • De promouvoir de bonnes pratiques agricoles et aquacoles, notamment l’utilisation de vaccins dans les situations appropriées, et de collaborer avec toutes les parties intéressées concernées tout en veillant à la conformité aux normes de l’OIE et du Codex Alimentarius afin de réduire au minimum le développement et la propagation de l’antibiorésistance ;

  • De soutenir des recherches afin de mieux comprendre l’efficacité des agents antimicrobiens actuels, en vue de prolonger leur utilisation tout en limitant le développement d’une résistance, de mettre au point de nouvelles molécules et de trouver des solutions alternatives à l’utilisation des agents antimicrobiens en production animale ;

  • De simplifier l’autorisation de mise sur le marché de nouvelles molécules et technologies innovantes se substituant aux agents antimicrobiens et de promouvoir leur utilisation ;

  • De développer l’appréciation du risque et d’évaluer avec soin toute utilisation des agents antimicrobiens qui n’est pas destinée à lutter contre une maladie animale ;

  • D’appliquer les directives VICH afin de garantir la qualité des médicaments vétérinaires enregistrés au niveau national et de suivre de près l’initiative du forum élargi de VICH.

-------------------------------------------------------------------------
(1) Organisation Mondiale de la Santé Animale
(2) Organisation mondiale de la santé
(3) Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture
(4) Coopération internationale sur l’harmonisation des exigences techniques pour l’enregistrement des médicaments vétérinaires

 

 

Organisation mondiale de la santé animale • 12 rue de Prony 75017 Paris (France) • Tel.: 33(0)1 44.15.18.88 • Fax: 33(0)1 42.67.09.87 • www.oie.int • oie@oie.int