Organisation Mondiale de la Santé Animale

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Utilisation responsable et prudente des antimicrobiens

Parallèlement à l’utilisation massive d’antimicrobiens en santé humaine et animale ces dernières décennies, le monde fait face à une accélération de l’émergence des résistances antimicrobiennes. Or la découverte de nouveaux traitements n’est pas suffisante pour lutter contre les bactéries, organismes responsables de maladies parfois graves chez l’homme et chez l’animal.

La mondialisation des échanges de marchandises alimentaires, du tourisme classique ou médical permettent de plus aux bactéries résistantes existantes ou en devenir de coloniser facilement toute la planète quelles que soient les mesures préventives appliquées localement : les comportements à risque d’un pays sont donc susceptibles de mettre en péril l’efficacité et la disponibilité des antibiotiques sur l’ensemble de la planète.


Préserver l’efficacité des agents antimicrobiens

L’antibiorésistance porte une menace sanitaire mondiale : ses conséquences, directes et indirectes peuvent nuire à la santé humaine et à la santé animale.

Pour ce qui est du secteur de la santé animale, l’utilisation des produits vétérinaires, dont celle des agents antimicrobiens est essentielle pour les raisons suivantes :

  • Garantir la santé et le bien-être animal, sachant que les maladies animales peuvent générer des pertes de production s’élevant à 20 % ;
  • Contribuer à la sécurité alimentaire, puisque la croissance de la population mondiale induit une augmentation des besoins en protéines animales de haute qualité, que l’on trouve par exemple dans les œufs, la viande et le lait ;
  • Protéger la santé publique, puisque plus de 60 % des maladies animales infectieuses sont transmissibles à l’homme.

Pour toutes ces raisons, les agents antimicrobiens constituent un Bien public mondial, et préserver leur efficacité demeure crucial.

Raisonner et encadrer l’utilisation des agents antimicrobiens

L’OIE préconise des politiques permettant un maillage vétérinaire minimal pour assurer une surveillance sanitaire animale efficace garantissant la détection précoce des épizooties potentielles (y compris des zoonoses) et la réaction rapide pour les cantonner à leur lieu d’émergence. Ce maillage permet par ailleurs de garantir un niveau général de santé des animaux facilitant l'utilisation judicieuse, appropriée et limitée des produits vétérinaires tels que les antibiotiques.

L’OIE prône une utilisation responsable et prudente des agents antimicrobiens, sous la supervision de vétérinaires bien formés et bien encadrés par des ordres statutaires vétérinaires. Dans ce contexte, l’Organisation publie des normes intergouvernementales, des lignes directrices et des recommandations à destination des Services vétérinaires de ses Pays membres.

Surveiller l’utilisation des agents antimicrobiens chez les animaux

Dans de nombreux pays y compris développés, les agents antimicrobiens sont largement disponibles à tous, directement ou indirectement, sans guère de restriction relative aux conditions appropriées d’importation, de fabrication, de distribution et d’usage des produits vétérinaires, y compris les agents antimicrobiens. Ces produits circulent ainsi sans contrôle comme des marchandises ordinaires et sont souvent frelatés.

En outre, il n’existe pas à ce jour de système de surveillance harmonisé de l’utilisation et de la circulation des agents antimicrobiens chez les animaux dans le monde. Le recueil de telles informations permettra aux pays de mieux maîtriser la qualité et l’efficacité des produits qui sont utilisés. C’est dans ce contexte que l’OIE a été mandaté par ses Pays membres pour collecter ces informations manquantes et établir une base de données mondiale pour le suivi de l’utilisation des agents antimicrobiens chez les animaux. Associée, à terme, au système mondial d’information zoosanitaire de l’OIE, WAHIS, cette base de données facilitera l’analyse et le contrôle de l’origine des médicaments importés, en améliorant leur traçabilité par les Pays membres de l’OIE.

Développer des traitements alternatifs aux antibiotiques

L’OIE soutient les nouvelles recherches sur les alternatives aux antibiotiques (notamment les vaccins) et a notamment accueilli un Symposium international sur le sujet en 2012, organisé par l’Alliance internationale pour la normalisation biologique (IABS) et le Ministère de l’Agriculture des États-Unis d’Amérique (USDA).

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