Organisation Mondiale de la Santé Animale

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Communiqué de presse du 20 septembre 1996

Bilan de santé des animaux sauvages dans le monde

 

  1. 1. Le Groupe de travail de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) sur les maladies des animaux sauvages s’est réuni du 17 au 19 septembre 1996 au siège de l’organisation à Paris. Ce Groupe informe chaque année tous les gouvernements de l’évolution de l’état de santé des animaux sauvages dans le monde, des dangers potentiels de leurs maladies pour les animaux domestiques ou pour l’homme ainsi que des mesures propres à éviter ces dangers.

  2. 2. Le bilan sanitaire établi à la date de la réunion reste assez satisfaisant par rapport à celui établi l’an dernier.

  3. Toutefois, plusieurs maladies spécifiques des animaux sauvages persistent (ou ont été signalées pour la première fois) dans différentes régions du monde, qu’il convient de suivre avec attention. Les principales maladies affectent les espèces suivantes :

    Afrique

    • L’épizootie de peste bovine signalée en 1995 chez les buffles dans le Parc National de Tsavo (Kenya) semble éteinte. En revanche les buffles du Parc National Kruger (Afrique du Sud) souffrent toujours de la tuberculose, qui s’étend dangereusement et peut toucher jusqu’à 80 % des animaux dans la partie sud du Parc. La maladie a aussi été observée chez le lion, l’antilope coudou et le guépard. Les singes cynocéphales (babouins) ont contracté également la tuberculose, et cette affection prend une extension grave chez ces animaux, qui sont atteints de formes généralisées.

    • L’origine des petits ulcères signalés en 1995 chez les hippopotames d’Afrique australe est maintenant élucidée : il s’agit d’un parasitisme par Stephanofilaria thelazoïdes, une nouvelle espèce de vers.

    • Les éléphants : Au Parc National Kruger, l’épidémie d’encéphalite-myocardite virale signalée en 1995 semble en voie d’extinction. Mais une autre maladie, d’origine encore inconnue, frappe les grands mâles du Parc : le "syndrome de la trompe flasque", qui entraîne la mort des malades, incapables de se nourrir.

    • A la suite de la mort de plus d’un millier de lions atteints de la "maladie du jeune âge" l’an passé dans les Parcs Nationaux du Kenya et de la Tanzanie, il a été confirmé que les porteurs du virus responsable de cette maladie étaient bien les chiens errants qui pénètrent dans les Parcs. Une campagne de vaccination gratuite de ces animaux a débuté autour des Parcs.

    • La fièvre charbonneuse continue à sévir dans la plupart des pays africains, tuant de nombreux éléphants et grandes antilopes, mais aussi des lions, des léopards et des guépards.

    • Le virus Ebola, qui avait tué un nombre très important de chimpanzés en Côte d’Ivoire et contaminé une biologiste suisse, a atteint d’autres chimpanzés, ainsi que trois gorilles au Gabon. Dans ce pays treize personnes, qui avaient mangé un chimpanzé malade, sont mortes de la maladie.

    • Le virus de la fièvre de Lassa a tué 73 personnes en Sierra Leone : le réservoir du virus pourait être la "souris à mamelles multiples".

    Amérique du Nord

    • En Floride 155 cadavres de "lamantins" (un mammifère aquatique de la famille des siréniens) ont été découverts dans les eaux côtières. Les animaux meurent d’une affection pulmonaire foudroyante, dont la cause n’a pas encore été déterminée.

    • L’encéphalopathie spongiforme des cervidés (apparentée à la "maladie de la vache folle") existe aux Etats-Unis d’Amérique depuis 1980, dans le nord du Colorado et le sud du Wyoming, chez des cervidés ("Wapitis") élevés en captivité. Elle a touché également quelques cervidés sauvages, vivant dans un rayon de 100 km autour de ces élevages.

    • En février 1996, 200 mouflons ("Bighorn") sont morts de pneumonie dans les Montagnes Rocheuses des Etats-Unis d’Amérique.

    Australie

    Plusieurs chauves-souris frugivores se sont révélées porteuses d’un virus pathogène apparenté au virus de la rage, dont la détermination exacte est en cours dans un laboratoire spécialisé.

    Europe

    La rage vulpine régresse toujours de façon spectaculaire grâce à la vaccination par voie orale des renards dans toute l’Europe occidentale. En revanche, la peste porcine classique continue de frapper les sangliers dans plusieurs pays d’Europe centrale et orientale.

  4. 3. Le Groupe de travail a fait plusieurs recommandations importantes à l’OIE :

    • Concernant la tuberculose : cette maladie s’avère extrêmement dangereuse une fois établie dans les populations animales sauvages. Elle menace leur survie, mais également la santé des animaux domestiques et de l’homme qui les approchent. Cette maladie peut ruiner les efforts de conservation des espèces rares. Les autorités sanitaires sont donc instamment priées de surveiller attentivement les animaux sauvages (en autopsiant les cadavres trouvés dans la nature) et de sacrifier immédiatement, si nécessaire, les premiers groupes atteints.

    • Concernant les techniques de contraception : le Groupe est favorable à leur utilisation chez les animaux domestiques revenus à l’état sauvage ou chez les espèces exotiques, mais reste réservé sur son emploi chez les espèces animales autochtones. Le Groupe est aussi extrêmement réservé sur l’usage des "contraceptifs recombinants" utilisant un vecteur vivant capable de diffuser, seul et sans contrôle, chez les animaux sauvages.

    • Concernant la surveillance des maladies des animaux sauvages : les six grandes associations internationales (américaines, européenne, mondiales) seront invitées à envoyer leurs informations à l’OIE, qui les diffusera à tous ses Pays Membres.

 

Contact : Maria Zampaglione

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