Organisation Mondiale de la Santé Animale

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LE POINT SUR LES MALADIES DES ANIMAUX SAUVAGES

Comme chaque année, le Groupe de travail de l'Office international des épizooties vient de rendre son rapport sur les maladies de la faune sauvage signalées dans le monde au cours des douze derniers mois.

Parmi les affections importantes ayant fait leur apparition durant cette période on note :

Parmi les maladies éventuellement transmissibles à l'homme :

  • Des investigations poussées ont été conduites en 1997 pour expliquer la présence de la bactérie Escherichia coli 0157H7 dans des préparations de viande séchée de chevreuils américains. Des études réalisées aux Etats-Unis d'Amérique ont, en effet, confirmé qu'il était parfois possible de trouver ce colibacille, particulièrement dangereux pour l'homme, dans l'intestin ou les fèces de chevreuils en bonne santé. Toutefois, la bactérie n'a pu être isolée du muscle des animaux porteurs. Si les résultats de cette première étude étaient généralisables, cela signifierait que la contamination de la viande se fait au moment de la préparation du gibier sur le terrain. Une manipulation hygiénique de la carcasse devrait donc éviter la contamination de la viande ;

  • Toujours aux Etats-Unis d'Amérique, le syndrome de dégénérescence chronique des cervidés (une encéphalopathie spongiforme) a été identifié chez des wapitis captifs dans le Dakota et le Nebraska. Ces deux Etats sont distants d'un foyer connu de cette affection, localisé à la frontière du Colorado et du Wyoming et concernant des animaux sauvages. L'origine de ces nouveaux cas semble liée à un séjour des animaux atteints dans des ranches situés en dehors des deux premiers Etats, où la maladie avait déjà été mentionnée ;

  • Durant l'hiver 1997/1998, sept chamois et bouquetins du Val de Bagnes, Canton du Valais, en Suisse, ont été reconnus atteints d'une maladie nouvelle, provoquant des symptômes nerveux. Les études conduites en laboratoire ont permis d'évoquer la possibilité d'une arbovirose : la méningoencéphalite à tique. La présence du virus n'avait jamais été mentionnée dans cette région auparavant ;

  • En Europe, une autre affection menaçant gravement la santé humaine, l'échinococcose multiloculaire, semble avoir une aire de répartition plus étendue qu'on ne le pensait auparavant. Le fait que le parasite soit trouvé dans des zones où il n'avait jamais encore été identifié, suggère soit une extension de son aire de répartition, soit un changement des activités humaines qui favorise sa transmission du renard à l'homme ;

  • La tuberculose reste toujours un problème majeur parmi les buffles et les antilopes koudous du Parc national Kruger (Afrique du Sud), ainsi que parmi les lions qui se nourrissent de leurs cadavres ;

  • Des cas de rage ont été rapportés chez des chauves-souris frugivores (Rousettus aegyptiacus) commercialisées en Europe. Il semblerait que des animaux soient porteurs silencieux du virus rabique, ce qui pourrait constituer un danger pour les personnes qui les élèvent ;

  • Enfin, des hypothèses actuellement en cours de vérification évoquent le rôle du phénomène climatique "El Niño" dans l'explosion de populations d'insectes hématophages. Celle-ci aurait eu pour conséquence une vaste épidémie de fièvre de la Vallée du Rift, atteignant l'homme et le bétail en Afrique orientale. Une mortalité importante d'ongulés sauvages, notamment de gazelles gerenuk et de petits koudous, observée au Kenya, pourrait être en rapport avec cette épidémie.

Parmi les maladies graves n'affectant que les animaux :

  • Plusieurs affections remarquables ont été signalées au Groupe de travail, qui peuvent toucher des animaux sauvages ou domestiques :

  • En France, huit chiens sont morts durant l'hiver dernier, après avoir été contaminés par le virus de la maladie d'Aujeszky lors de chasses au sanglier. De tels cas avaient déjà été signalés auparavant, aussi bien en Europe qu'aux Etats-Unis d'Amérique, mais jamais en aussi grand nombre et en un laps de temps aussi court ;

  • La découverte de l'introduction, en Floride, de tiques de l'espèce Amblyomma marmoreum, à la faveur de l'importation de tortues provenant des Îles Seychelles, a provoqué une grande émotion. En effet, cette tique est supposée être le réservoir de la cowdriose, une maladie exotique, inconnue aux Etats-Unis d'Amérique, mais introduite dans les Caraïbes. A l'occasion de ces événements, une enquête a révélé que plusieurs centaines de milliers de reptiles pénétraient chaque année aux Etats-Unis d'Amérique, dont près du tiers était infecté par des tiques. Bien que ce commerce international fasse l'objet d'une réglementation, il n'existe pas de mesures de quarantaine pour ces animaux. Des projets de réglementation sont donc à l'étude ;

  • En Mauritanie, environ les deux tiers de la dernière colonie connue de phoques moines sont morts brutalement entre mai et juillet 1997. Cette colonie représentait, à elle seule, la moitié des effectifs survivants de cette espèce, qui occupe les plages et les grottes sous-marines de la Méditerranée. Différentes hypothèses pourraient expliquer l'étiologie de la nouvelle maladie observée : il pourrait s'agir soit d'une toxine provenant d'une algue marine, soit d'un morbillivirus, proche de celui identifié précédemment chez des dauphins ;

  • En Afrique du Sud, et maintenant au Zimbabwe, les causes du syndrome de la trompe flasque des grands éléphants mâles restent toujours aussi mystérieuses : deux malades ont été munis de colliers émetteurs pour pouvoir mieux suivre l'évolution clinique du syndrome ;

  • Le botulisme continue de tuer un grand nombre d'oiseaux d'eau sauvages aux Etats-Unis d'Amérique (près d'un million de morts), au Canada et en Europe méridionale.

Autres informations concernant la santé des animaux sauvages :

  • L'agent infectieux responsable de la kérato-conjonctivite des chamois et des bouquetins a été identifié comme une Mycoplasma conjunctivae, une bactérie qui infecte aussi les ovins. Ces derniers répandraient la maladie en montagne à l'occasion de la transhumance et contamineraient les animaux sauvages par l'intermédiaires des mouches. Il a donc été proposé de vacciner les troupeaux domestiques avant leur montée en alpages, pour protéger la faune sauvage ;

  • Les conditions de vaccination des animaux sauvages, vivant libres ou en captivité, ont également été envisagées en ce qui concerne des espèces aussi différentes que l'éléphant d'Asie, en Inde ou au Népal, ou le lapin de garenne en Europe du Sud. Des recherches sont donc recommandées pour s'assurer de l'efficacité des protocoles envisagés, ainsi que de l'innocuité des vaccins pour les espèces non visées et pour l'environnement ;

  • Le rôle des animaux sauvages (notamment migrateurs) dans la conservation ou la dissémination des agents pathogènes doit être étudié avec beaucoup d'attention, compte tenu de ses conséquences pour la santé des animaux domestiques. Une distinction devrait être faite, dans le cadre du commerce international, entre les maladies qui restent strictement cantonnées aux espèces sauvages vivant en liberté et celles qui sont susceptibles de contaminer les élevages.

L'OIE, organisation mondiale de la santé animale, créé en 1924, a son siège à Paris. Il réunit 151 pays dont les Délégués forment un "Comité international" et s'appuie sur les travaux de quatre Commissions spécialisées et de cinq Commissions régionales. Sa mission est d'informer et de conseiller les Services vétérinaires de ses Pays Membres, afin de contribuer à l'éradication des maladies animales les plus dangereuses pour l'animal ou pour l'homme et de déterminer les normes sanitaires pour les échanges internationaux.

Contact : Maria Zampaglione

 

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