Organisation Mondiale de la Santé Animale

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Pour lutter contre les épizooties* en Afrique :
les Services vétérinaires se réorganisent

La réorganisation des Services vétérinaires africains était au centre des débats, lors de la 13e Conférence de la Commission régionale de l'Office international des épizooties (OIE) pour l'Afrique, du 26 au 29 janvier 1999, à Dakar (Sénégal).

L'objectif des chefs de Services vétérinaires africains : mettre en place une stratégie plus efficace de lutte contre les grandes maladies animales qui continuent de sévir dans la région et qui, pour certaines, sont transmissibles à l'homme (comme la fièvre de la Vallée du Rift).

La situation zoosanitaire du continent africain reste préoccupante.

Dans certaines zones, des maladies graves telles que la péripneumonie contagieuse bovine, la peste porcine africaine, la peste équine, la fièvre aphteuse ou les trypanosomoses continuent de sévir.

Non seulement ces maladies freinent considérablement le développement des productions animales sur le continent africain ainsi que les exportations, mais certaines représentent un danger pour la santé humaine.

La fièvre de la Vallée du Rift, une menace pour l'Afrique

Ainsi, la fièvre de la Vallée du Rift, qui touche à la fois les animaux et l'homme, constitue une menace pour l'Afrique.

L'an passé, de la fin octobre 1997 à janvier 1998, des pluies torrentielles, liées au phénomène El Niño, sont tombées sur certains territoires de cette région, entraînant les plus sévères inondations qu'ait connues la Corne de l'Afrique depuis 1961. Les insectes, vecteurs du virus causal, se sont multipliés.

En décembre 1997, des pertes en bétail importantes, liées à la présence du virus de la fièvre de la Vallée du Rift dans les zones atteintes (70 pour cent chez les ovins et caprins, 20 à 30 pour cent chez les bovins et les camelins) ont été enregistrées. Pour des raisons de santé publique, un embargo sur les importations de bétail en provenance de certains pays est toujours appliqué.

La vaccination des animaux et des mesures d'alerte immédiate en cas de nouvelle pullulation d'insectes devraient permettre de réduire les pertes liées à la maladie et de rétablir les courants commerciaux traditionnels.

La lutte contre la peste porcine africaine : une priorité

Une autre maladie animale très grave, mais non transmissible à l'homme, a resurgi en Afrique de l'Ouest : la peste porcine africaine. Enzootique dans certains pays d'Afrique centrale, des cas ont été récemment rapportés au Togo, au Bénin et au Nigeria, ainsi que dans deux îles du Cap-Vert.

La peste porcine africaine est également présente dans certains pays d'Afrique orientale et australe, au Mozambique en particulier, où le virus a établi un cycle impliquant la tique Ornithodorus et les phacochères. Madagascar vient d'être récemment touchée.

En revanche, la maladie a été éradiquée de la Côte d'Ivoire où elle était apparue en 1996.

La FAO et l'OIE émettent des recommandations : surveillance aux frontières, abattage sanitaire précoce et désinfection des locaux qui devraient permettre de limiter l'épizootie. Si ces recommandations ne sont pas mises en oeuvre, il est à craindre que la maladie s'installe dans de très larges parties de la région.

Des résultats dans la lutte contre la peste bovine

Si la situation des épizooties ne s'est pas améliorée pour toutes les maladies en Afrique, des progrès importants ont été toutefois enregistrés dans la lutte contre la peste bovine, qui n'a pas été officiellement signalée en Afrique en 1998. Cette lutte, organisée et soutenue par les organisations internationales, notamment l'OUA/BIRA, et qui a bénéficié d'un financement de l'Union européenne, a été conduite dans le cadre de la Campagne panafricaine de lutte contre cette maladie.

Assurer la pérennité des Services vétérinaires en Afrique

Ces menaces pour la santé animale et humaine en Afrique sont d'autant plus préoccupantes qu'elles surviennent au moment où nombre de Services vétérinaires sont confrontés à des problèmes de ressources, liés notamment aux programmes d'ajustement structurels imposés par leur situation économique. Ces difficultés ont été largement débattues lors de la Conférence de Dakar et des solutions ont été proposées pour une meilleure définition des actions des Services vétérinaires. Ces solutions comprennent notamment : une extension du champ du mandat sanitaire, l'instauration d'une politique de recouvrement des coûts, l'établissement de relations de travail et de collaboration avec les acteurs du secteur privé dans le domaine de l'épidémiosurveillance, de la formation et de la vulgarisation, le développement d'un cadre législatif permettant l'installation et le maintien des vétérinaires praticiens privés. Ces décisions devraient permettre d'assurer la pérennité d'un service public de qualité, sans entraver les progrès de la privatisation et de la coopération intersectorielle actuellement observés dans le domaine de l'élevage.

Si les conditions climatiques et socio-économiques de l'Afrique en font toujours la région la plus fragile sur le plan zoosanitaire, cette 13e Conférence de la Commission régionale de l'OIE pour l'Afrique à Dakar démontre à nouveau que la coopération entre états africains et la solidarité des autres pays lui permettent d'espérer réduire au minimum les effets néfastes des maladies animales avec leurs conséquences directes et indirectes sur la santé humaine.

La recommandation de la Conférence d'établir une Représentation régionale de l'OIE pour l'Afrique à Bamako (Mali) pourrait contribuer de façon significative à renforcer cette coopération et cette solidarité.

Contact : Maria Zampaglione

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