Organisation Mondiale de la Santé Animale

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Conférence interministérielle sur la grippe aviaire

Charm El-Cheikh, 25-26 octobre 2008

Discours inaugural du Dr Bernard Vallat

Directeur général de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE)

Votre Excellence M. le Premier ministre d’Égypte,

Vos Excellences Messieurs les Ministres de la santé et de l’agriculture représentant le gouvernement égyptien,

Vos Excellences Messieurs les ministres des pays participants,

Mes chers collègues des organisations internationales et régionales et des délégations nationales,

Mesdames et Messieurs les participants,

Au nom des Membres de l’OIE, je souhaiterais adresser mes remerciements les plus chaleureux au gouvernement d’Égypte pour avoir organisé cette conférence dans la magnifique ville de Charm El-Cheikh ainsi qu’aux organisateurs de la conférence pour avoir invité l’OIE.

J’ai représenté personnellement l’OIE dans toutes les conférences globales qui se sont déroulées depuis le début de la crise de la grippe aviaire, d’abord à Genève, puis à Pékin, à Vienne, à Bamako, et enfin à New Delhi, et je souhaiterais insister sur le rôle essentiel que jouent ces conférences, dans la mesure où elles permettent à toutes les organisations internationales et à leurs États membres de parler d’une même voix en faveur de la prévention et de la gestion de cette menace globale particulièrement grave que représente l’influenza aviaire H5N1, mais également, parce qu’elles fournissent l’occasion de promesses et de soutiens extrêmement généreux apportés par un nombre de donateurs sans précédent.

Ces conférences ont démontré l’efficacité de la coopération entre la Banque mondiale, l’OMS, la FAO, l’OIE, l’UNICEF, l’UNSIC et les autres partenaires. Je suis convaincu que la présente conférence démontrera que nos stratégies et nos programmes visant à une meilleure gouvernance et à la surveillance accrue sur le terrain étaient justes, et que désormais tous les pays à travers le monde améliorent la capacité de leurs services vétérinaires, en se fondant sur les évaluations indépendantes de l’OIE.

Nos discussions montreront également qu’une large majorité de pays ont désormais acquis la capacité de détecter précocement les nouveaux foyers chez les volailles et d’y répondre rapidement, évitant ainsi la propagation de la maladie, ce qui n’était pas le cas au début de la crise. Ces politiques ont permis le maintien de la production de volailles dans un contexte où la sécurité alimentaire devient également un problème global, et ont permis d’éviter l’apparition d’autres cas chez l’homme, car nous savons que si le virus ne circule pas chez les animaux, l’homme n’est pas contaminé.

Nous démontrerons également au cours de cette conférence que tous les investissements horizontaux effectués pour contrôler l’influenza aviaire chez l’animal et préparer les pays à une éventuelle pandémie de grippe chez l’homme sont particulièrement utiles pour la prévention et la lutte contre d’autres zoonoses et pandémies, dont le nombre se multiplie du fait de la globalisation des mouvements des matières premières, du déplacement des personnes et du changement climatique. C’est la raison pour laquelle nous devons consolider les actions déjà engagées, et ne pas tenter de réinventer la roue.

En outre, le virus de l’influenza aviaire circule toujours chez les volailles dans plusieurs pays, y compris en Égypte, et nous devons mobiliser la communauté internationale afin de finaliser l’éradication mondiale de la souche asiatique du virus H5N1 chez les animaux domestiques, comme une très large majorité de pays a déjà réussi à le faire.

Nous connaissons les solutions techniques dans les pays où le virus est devenu endémique : il s’agit d’une vaccination de couverture des volailles afin de minimiser la charge virale, puis la mise en œuvre de stratégies de fin de vaccination basées sur la détection précoce des foyers, une réponse rapide, l’abattage sanitaire des animaux infectés et l’indemnisation des propriétaires de volailles, en particulier les plus pauvres.

Cependant, cette stratégie ne peut se réaliser sans des Services Vétérinaires efficaces travaillant en collaboration forte avec les propriétaires de volailles.

C’est la raison pour laquelle nous pensons que tout programme d’éradication définitive du virus H5N1 chez les volailles doit être accompagné d’incitations visant à améliorer la production des volailles et le contrôle des autres maladies aviaires au niveau des plus petites exploitations familiales, et que ce programme doit être soutenu par la communauté internationale, en se concentrant principalement sur le faible nombre de pays présentant une situation endémique.

Je terminerai mon intervention en abordant un aspect encore négligé de la préparation contre une pandémie de grippe chez l’homme. Dans le cas d’une pandémie chez l’homme, nous pourrions avoir à faire face à une situation où les personnes infectées risqueraient de réintroduire la souche pandémique chez les animaux.

Ces infections croisées compliqueraient l’éradication de la maladie à la fois chez l’homme et chez les animaux, ce qui justifie par conséquent d’améliorer la coopération entre les services vétérinaires et médicaux.

Le contrôle permanent de la situation à la fois chez l’animal et chez l’homme s’avérera crucial dans ce contexte, et la mise en œuvre parallèle des mécanismes existants adoptés par les différents pays sera nécessaire : le Règlement sanitaire international chez l’homme (IHR 2005), le système WAHIS de l’OIE chez les animaux, ainsi que le GLEWS, la plate-forme commune d’information sur les maladies partagée par l’OMS, l’OIE et la FAO.

Nous devons nous mettre d’accord sur tous ces aspects, et je suis convaincu que la Conférence de Charm El-Cheikh constituera une étape essentielle dans la réalisation de ces prochains objectifs.

Je vous remercie de votre attention et je vous souhaite une excellente conférence.

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