Organisation Mondiale de la Santé Animale

Taille de la police:

Langue :

Search:

Recherche avancée

Accueil > Pour les médias > Communiqués de presse

Le Sixième Plan Stratégique (2016-2020)

L’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) œuvre depuis 1924 pour l’amélioration de la santé animale, grâce à une plus grande transparence des informations sanitaires mondiales et à une meilleure régulation ...

L’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) œuvre depuis 1924 pour l’amélioration de la santé animale, grâce à une plus grande transparence des informations sanitaires mondiales et à une meilleure régulation du commerce des animaux et de leurs produits. Pour cela, l’Organisation élabore donc depuis 90 ans des normes scientifiquement établies et consensuellement adoptées par ses Pays membres.

Progressivement, en complément des piliers historiques que sont les normes et la transparence, le mandat de l’Organisation s’est élargi pour aider les Services vétérinaires nationaux à faire face aux nombreux défis auxquels ils sont quotidiennement confrontés en matière de santé animale, mais aussi de bien-être animal.

Les crises sanitaires récurrentes, les risques liés à la globalisation des échanges ainsi que les enjeux environnementaux rendent plus que nécessaire la poursuite de cette dynamique. L’implication de l’OIE tant dans les programmes globaux que dans le soutien aux Pays membres par la déclinaison des différentes étapes du processus d’évaluation des Services vétérinaires nationaux (processus PVS de l’OIE) constitue aujourd’hui un pilier essentiel du mandat de l’Organisation.

Ces dernières décennies, grâce à la confiance de ses 180 Pays membres et de ses bailleurs, grâce à un réseau d’experts et de centres de référence performant, mais aussi grâce à une équipe investie, l’OIE a connu un essor sans précédent lui permettant d’acquérir une reconnaissance internationale accrue et une légitimité dans le paysage institutionnel international. Ainsi, notre engagement commun pour une meilleure gouvernance vétérinaire, au profit d’un développement économique et social durable du secteur de l’élevage, mais également pour un monde meilleur pour les populations rurales et les populations sous-alimentées est désormais bien établi et soutenu par la communauté internationale.

Mais il faut aujourd’hui adapter le fonctionnement de l’Organisation et de ses instances aux évolutions de notre temps et aux attentes de la société.

Le 29 mai 2015, les Délégués de l’OIE réunis en Assemblée ont unanimement adopté le 6e plan stratégique de l’Organisation mondiale de la santé animale pour la période 2016-2020. La mise en œuvre de ce plan stratégique avec la déclinaison de chaque objectif stratégique sera donc le fil conducteur de l’action de l’OIE au cours des cinq prochaines années, correspondant à la durée de mon mandat de Directrice générale.

Le programme pluriannuel de travail qui est actuellement en cours de rédaction dans la perspective d’une présentation lors de la prochaine Session générale de l’Assemblée (mai 2016) prendra en compte les résultats engrangés au cours des dernières années. En effet, le 6e plan stratégique a été élaboré dans la continuité des plans précédents afin de préserver et conforter les développements dont ont bénéficié les Pays membres de l’OIE.

Mais les Délégués ont aussi demandé que les missions fondamentales de l’OIE, à savoir l’élaboration des normes sanitaires régissant les mouvements d’animaux et de produits animaux, et la diffusion des informations sanitaires, restent au centre de l’engagement de l’Organisation avec un souci particulier pour l’excellence de l’expertise et la transparence des procédures. Ainsi, les procédures opérationnelles relatives au fonctionnement des instances de l’OIE seront révisées afin de mieux intégrer cette demande.

Pour mettre en action le mandat qui m’a été confié, et pour protéger la crédibilité de l’Organisation, le programme de travail 2016-2020 visera donc à mieux promouvoir l’excellence, la transparence et la solidarité pour une gouvernance moderne de la santé animale. Pour ce faire, les trois objectifs stratégiques du 6e plan stratégique sous-tendront nos activités des prochains mois au regard des piliers du mandat de l’OIE.

Améliorer la santé et le bien-être des animaux par une gestion adaptée des risques

Cet objectif recouvre la santé et le bien-être des animaux, la sécurité sanitaire des animaux ainsi que des produits et aliments qui en sont issus, la propagation transfrontalière des maladies et la gestion scientifique des risques sanitaires à l’interface homme–animaux–environnement par l’approche « Une seule santé ». Afin d’assurer sa bonne mise en œuvre, et donc le développement continu et en temps utile de normes scientifiques, recommandations et lignes directrices actualisées, une modernisation de la gouvernance de l’OIE a été engagée dès les premières semaines de 2016. Ce programme de travail vise à évoluer vers plus de science et de transparence dans l’expertise :

  • en garantissant l’excellence de l’expertise scientifique, fondement des normes et recommandations de l’OIE, dans les Commissions spécialisées et les Groupes de travail, comme dans le réseau mondial des centres de référence. Des propositions concrètes seront faites pour adapter les modalités de sélection des experts dans le respect des Textes fondamentaux actuels, ainsi que pour renforcer les capacités internes des Secrétariats scientifiques de l’Organisation ;
  • en renforçant la robustesse de l’instruction préalable à la reconnaissance des statuts sanitaires officiels des Pays membres ;
  • en formalisant les procédures de travail le nécessitant, tout en améliorant leur transparence, et la redevabilité auprès des Pays membres et des partenaires.

L’ambition du 6e plan stratégique nécessite, de plus, que l’OIE continue à trouver des synergies dans les partenariats que l’Organisation a su développer avec de multiples organisations internationales comme au niveau régional. Ainsi l’exemple de l’accord Tripartite OIE-OMS-FAO[1] et des engagements en découlant pour la lutte contre la rage ou l’antibiorésistance, témoigne de l’intérêt de ces partenariats quand la coopération est encouragée.

Un nouvel élan sera initié pour donner à ces partenariats une nouvelle direction contribuant à la réalisation des objectifs précédemment présentés. De plus, des collaborations avec les agences scientifiques nationales et régionales d’évaluation des risques, pour rechercher une potentielle mutualisation des travaux, ainsi que des collaborations innovantes avec les centres de référence pour une meilleure valorisation des travaux faits dans ce cadre et pour une visibilité de l’OIE dans des revues scientifiques de renom, sont des pistes qui seront explorées.

Conforter la confiance par la transparence et la communication

Collecte des informations sanitaires notifiées par les Pays membres, capitalisation et diffusion du savoir scientifique et technique, expertise technique : l’activité de l’OIE est d’une grande richesse. Nous devons continuer à promouvoir et valoriser tout le travail effectué, au profit d’un usage facilité pour les Pays membres et les partenaires :

  • en exploitant mieux les informations sanitaires disponibles dans WAHIS, par une large mise à disposition d’analyses épidémiologiques et de cartographies ;
  • en rénovant les outils d’information et de communication externe, en particulier en améliorant l’attractivité du site web de l’OIE, y compris pour les acteurs de la santé publique.

Renforcer les capacités des Services vétérinaires et la durabilité de leurs activités

Afin d’atteindre cet objectif essentiel du mandat de l’OIE, il est nécessaire d’intensifier la dynamique d’appui aux Pays membres. Sur ce point, je souhaite réaffirmer que l’OIE est le porte-parole de ses 180 Pays membres auxquels elle apporte son soutien de plusieurs façons :

  • en contribuant aux débats mondiaux et régionaux pour améliorer la gouvernance sanitaire ;
  • en renforçant la qualité des Services vétérinaires, la formation et l’appui aux politiques sanitaires grâce, notamment, aux différentes étapes du processus PVS ; les succès comme les faiblesses identifiés par les Pays bénéficiaires seront analysés afin de continuer l’adaptation permanente de ce dispositif aux besoins des Services vétérinaires demandeurs de cet appui ;
  • en s’impliquant dans l’analyse des situations d’urgence lors des crises sanitaires, aux côtés de nos partenaires institutionnels habituels que sont la FAO et l’OMS.

Au cours des dernières années, vous avez pu constater les évolutions significatives dont l’OIE a bénéficié sous l’impulsion du Docteur Vallat, Directeur général de 2000 à 2015. Sur ce socle, toutes les équipes de l’OIE, au Siège et dans les Représentations régionales et sous-régionales, continueront à mettre leurs compétences au service de la modernisation et du rayonnement de l’OIE.

Aujourd’hui plus que jamais, les missions de l’OIE sont déterminantes pour leur contribution au développement social et économique des populations, ainsi qu’à la protection de la santé des êtres vivants et de l’environnement. Ainsi, le 6e plan stratégique de l’OIE sera mis en œuvre afin de poursuivre l’engagement de l’Organisation à soutenir l’amélioration de la qualité des Services vétérinaires, pierre angulaire d’une gouvernance sanitaire mondiale efficiente et essentielle pour relever les défis de l’avenir de notre planète.

Monique Éloit
Directrice générale


[1]     Voir Bulletin, n° 2011-2, pp. 55-58.

 

Haut