Organisation Mondiale de la Santé Animale

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Clôture de la 85e Session générale de l’Organisation mondiale de la santé animale

Vue d’ensemble des Résolutions adoptées par l’Assemblée mondiale annuelle des Délégués OIE

21–26 mai 2017


© OIE/I. Zezima

Paris, le 26 mai 2017 — Ouverte par le Président de l’OIE, le Dr Botlhe Michael Modisane, la 85e Session générale de l’Assemblée mondiale des Délégués de l’OIE a eu lieu cette semaine à la Maison de la Chimie à Paris. Près de 900 participants représentant les Délégués des 180 Pays membres, de nombreux scientifiques, des observateurs issus de 43 organisations internationales, intergouvernementales, régionales et nationales ont participé à cet événement.

La Cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence de quinze ministres et représentants gouvernementaux des Pays membres de l’OIE, ainsi que d’acteurs institutionnels majeurs, notamment Mme Josefa Correia Sacko, Commissaire à l’Économie rurale et à L’Agriculture de l’Union africaine. De plus, trois personnalités de haut niveau se sont adressées à l’Assemblée par le biais de messages enregistrés : la Dre Margaret Chan, Directrice générale de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Mr Gilbert Houngbo, Président du Fonds international de développement agricole (FIDA) et la Pre Dame Sally Davies, responsable de la santé publique (Chief Medical Officer) du Royaume-Uni et co-organisatrice du Groupe de Coordination inter-institutions dont le rôle est de dispenser des orientations pratiques garantissant la prise de mesures mondiales efficaces et durables pour remédier au problème de l’antibiorésistance.

L’OIE a pu apprécier le soutien apporté par la France, pays hôte de l’organisation, qui a été rappelé à l’Assemblée par le Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Monsieur Jacques Mézard, lors d’une intervention en ouverture de la session du lundi 22 mai.

Au terme de six jours de consultation, les Délégués de l’OIE ont adopté 39 Résolutions, notamment des normes et lignes directrices internationales nouvelles ou amendées visant à protéger et améliorer la santé et le bien-être des animaux.

De plus, l’Assemblée mondiale a accueilli le 181e Pays membre à rejoindre l’OIE, le Curaçao.

Normes et lignes directrices internationales nouvelles et modifiées

Que ce soit en matière de prévention et de contrôle des maladies des animaux terrestres et aquatiques, de bien-être animal ou en ce qui concerne les méthodes de diagnostic et la qualité des vaccins, les Délégués de l’OIE ont adopté et révisé un certain nombre de normes. Un résumé et des commentaires concernant quelques modifications importantes sont présentés ci-dessous :

Il est à noter :

  • la révision de 11 chapitres et l’ajout de 5 nouveaux chapitres au Code terrestre de l’OIE ;
  • la révision de 21 chapitres du Manuel terrestre de l’OIE ;
  • la révision de 15 chapitres et l’ajout d’un nouveau chapitre au Code aquatique de l’OIE ;
  • la révision de 6 chapitres et l’ajout d’un nouveau chapitre au Code aquatique de l’OIE.

De plus, certaines définitions du Glossaire ont été modifiées dans les deux Codes.

Santé et bien-être des animaux terrestres

Plusieurs chapitres traitant de différentes maladies animales ont été révisés, tout comme certains chapitres généraux, y compris ceux portant sur le bien-être animal :

  • Le chapitre consacré à l’infection par la dermatose nodulaire contagieuse a été actualisé et complété pour être en phase avec la situation actuelle des foyers de la maladie et offrir des options adaptées de gestion des risques. De plus, le chapitre sur la peste porcine africaine a fait l’objet d’une révision globale.
  • Deux chapitres sur la prévention et le contrôle des infections par les salmonelles au sein des systèmes d’élevage de bovins et de porcs ont été étoffés afin de dispenser des conseils pour réduire les conséquences de ces maladies chez ces espèces ainsi que le risque de contamination des humains par les denrées alimentaires ou par contact direct ou indirect avec des animaux infectés. Ces chapitres, qui s’ajoutent à ceux récemment adoptés par le Codex alimentarius, garantissent une gestion intégrée de la chaine alimentaire pour contrôler cet agent pathogène.
  • Tuberculose : Un nouveau chapitre dédié à l’infection par le complexe Mycobacterium tuberculosis a été créé. Il fusionne deux chapitres existants, qui traitent de la tuberculose bovine et de la tuberculose bovine des cervidés d’élevage, en un chapitre unique concernant les maladies communes à plusieurs espèces dont M. tuberculosis dans le but de contrôler les risques associés à cette maladie en matière de santé animale et humaine.
  • Un nouveau chapitre sur le syndrome dysgénésique et respiratoire du porc a été ajouté pour fournir des recommandations sur la gestion des risques de transmission de cette maladie au niveau international.

Santé des animaux aquatiques

Certains chapitres du Code aquatique et du Manuel aquatique ont été modifiés. Parmi les modifications importantes, il faut noter que :

  • Des modifications ont été apportées à la liste des espèces sensibles dans sept des chapitres spécifiquement consacrés aux maladies des crustacés. Ces changements font partie d’un travail en cours qui consiste à appliquer les Critères d'inclusion dans la liste des espèces sensibles à une infection par un agent pathogène spécifique à toutes les maladies listées par l’OIE, garantissant ainsi que ces dernières ont bénéficié d’une évaluation fondée sur les dernières connaissances scientifiques. Cela participe à la sécurité sanitaire du commerce international.
  • La nécrose hépatopancréatique aiguë, incluse dans la liste OIE en 2015, dispose désormais d’un chapitre spécifique dans le Code et le Manuel aquatiques.
  • Une nouvelle maladie affectant les amphibiens, Batrachochytrium salamandrivorans, a été ajoutée à la liste des maladies affectant les animaux aquatiques de l’OIE, portant leur nombre à 28. L’expansion de cette maladie résulte du commerce de salamandres au niveau international et est à l’origine de la forte diminution des populations de salamandres et de tritons.

Nouveau processus de sélection des candidatures d’experts en vue de leur élection au sein des Commissions spécialisées de l’OIE

En amont de leur présentation pour adoption par les Pays membres, toutes les normes nouvelles et révisées font l’objet d’un examen attentif par les experts des quatre Commissions spécialisées (Commission du Code terrestre, Commission scientifique, Commission des laboratoires, Commission des animaux aquatiques), qui sont élus par l’Assemblée mondiale des Délégués de l’OIE pour une période de trois ans.

Comme cela est précisé dans son 6e Plan stratégique, l’OIE améliore continuellement la transparence de ses procédures d’élaboration des normes, afin de disposer des meilleurs fondements scientifiques sur lesquels appuyer ses textes et rendre leur mise en œuvre la plus aisée possible pour ses Membres. Pour atteindre cet objectif, l’OIE a préparé une nouvelle procédure qui, par le biais d’un appel à candidatures, permet une plus grande transparence dans la sélection des experts. Cette procédure sera administrée par le Siège de l’OIE et maintiendra la participation du Conseil et de l’Assemblée dans le processus électoral.

Statuts sanitaires officiellement reconnus

L’Assemblée mondiale des Délégués OIE a accordé 17 certificats de reconnaissance de statuts sanitaires officiels. Aucun programme de contrôle sanitaire n’a été validé cette année.

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Première stratégie mondiale en faveur du bien-être animal

La première stratégie mondiale de l’OIE en faveur du bien-être animal a été adoptée par les Pays membres de l’Organisation. Fondée sur les expériences et les résultats de stratégies et de plateformes régionales en faveur du bien-être animal déjà appliquées, celle-ci a pour but de parvenir à « Un monde où le bien-être des animaux est respecté, promu et renforcé, parallèlement à une amélioration croissante de la santé animale, du bien-être de l’homme, du développement socio-économique et de la durabilité environnementale ». Elle avait été préalablement approuvée lors de la 4e Conférence mondiale de l’OIE sur le bien-être animal à Guadalajara (Mexique) en décembre 2016.

Cette stratégie recommande notamment la mise en place d’un nouveau forum conçu comme une plateforme de dialogue entre les experts techniques et les parties intéressées. Cette plateforme leur donnera l’opportunité de s’impliquer dans le plan de travail de l’OIE relatif au bien-être animal.

Elle repose sur les quatre piliers suivants :

  • Élaboration de normes internationales sur le bien-être animal, sur la base de recherches scientifiques et d’expériences de terrain. Un nouveau projet d’élaboration des normes applicables aux systèmes d’élevage des porcs et à la mise à mort et l’abattage des reptiles élevés pour leur peau et leur viande est en cours ;
  • Développement des compétences et la formation des Services vétérinaires ;
  • Communication avec les gouvernements, les organisations nationales et internationales, les Services vétérinaires, les établissements de formation et le grand public autour de la sensibilisation au bien-être animal ;
  • Mise en œuvre progressive des normes de l’OIE sur le bien-être animal et des politiques correspondantes.

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Situation zoosanitaire mondiale

L’une des missions phares de l’OIE étant de garantir la transparence de la situation mondiale des maladies animales, y compris des zoonoses, la Session générale a également été l’occasion pour les Pays membres d’échanger sur leurs problématiques nationales dans ce domaine et sur les nouveautés en matière de partage de l’information zoosanitaire.

Une attention particulière a été apportée à différentes maladies, dont :

  • l’épizootie mondiale d’influenza aviaire hautement pathogène chez les oiseaux, pour laquelle les pays doivent continuer à déployer des efforts soutenus de surveillance tant chez les oiseaux domestiques que les oiseaux sauvages. Une importante expansion de la maladie a eu lieu en 2016 et au début de l’année 2017, principalement due à la propagation transcontinentale (Asie, Europe, Afrique, Moyen-Orient) d’un sous-type du virus H5N8, que ce soit par les voies migratoires ou par les mouvements internationaux d’animaux et de leurs produits : plus de 30 % des pays signalent actuellement la présence de la maladie.
  • la peste des petits ruminants (PPR) est l’une des maladies prioritaires mentionnées dans le Programme global pour le contrôle des maladies animales transfrontalières (GF-TADs) et une Stratégie mondiale pour son contrôle et son éradication d’ici à 2030 a été publiée en 2015. Environ 30 % des pays et territoires déclarants ont signalé la présence de la maladie.
  • la fièvre aphteuse fait toujours partie des trois maladies listées par l’OIE qui font l’objet des notifications les plus fréquentes par l’intermédiaire du système d’alerte précoce de l’OIE pour l’année 2016 et le début de l’année 2017.
  • La dermatose nodulaire contagieuse s’est très largement propagée en 2016-2017, surtout en Europe, et la présence de la maladie a été signalée dans près de 30 % des pays et territoires déclarants. La proportion de Membres signalant la présence de la maladie a fortement augmenté depuis 2005, principalement à cause de son expansion en Europe, qui a dès lors été considérée comme une région nouvellement touchée, s’ajoutant ainsi aux pays traditionnellement affectés en Afrique et au Moyen-Orient. Le déplacement important de cette maladie à transmission vectorielle vers le Nord aurait été favorisé par des conditions environnementales et climatiques.

Projet de rénovation du système WAHIS

L’OIE travaille actuellement sur une version améliorée du Système Mondial d’Information Zoosanitaire (WAHIS), dans le but d’améliorer la transparence en matière de santé animale de manière efficace et innovante pour le bénéfice de ses Membres.

Le projet WAHIS+, en cours d’élaboration, prévoit le développement d’un système plus intuitif et dynamique qui propose des nouvelles fonctionnalités et utilise des technologies numériques avancées, et notamment : des possibilités augmentées d’extraction des données, leur consultation personnalisable, des fonctionnalités et un affichage cartographique améliorés. Le nouveau système sera une source d’information fiable et en temps réel, à la base de l’élaboration des politiques. De plus, l’interopérabilité entre WAHIS+ et d’autres bases de données pertinentes, ainsi que la possibilité d’adapter l’analyse des données et l’interface de WAHIS+ au niveau national et régional sont envisagées dans le but de soutenir les programmes et actions régionales, tels que le Processus PVS d’évaluation des Services vétérinaires, les actions concernant la lutte contre la résistance aux agents antimicrobiens, les stratégies d’éradication des maladies et d’assurer un lien avec les demandes de statuts sanitaires officiels.

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Action mondiale pour réduire la menace de la résistance aux agents antimicrobiens (RAM) : progrès réalisés et options pour les activités à mener dans le cadre de l’approche « Une seule santé »

L’OIE travaille activement sur la thématique de la résistance aux agents antimicrobiens depuis plusieurs années et a publié, en novembre 2016, une stratégie mondiale cohérente pour ses activités dans ce domaine, en lien avec le Plan d’action mondial de l’OMS. Cette stratégie reconnaît l’importance de l’approche « Une seule santé » impliquant tant la santé humaine et animale, que les besoins agricoles et environnementaux.

L’objectif du Thème technique I présenté durant la Session générale était de présenter le suivi de la mise en œuvre de cette stratégie de lutte contre la RAM au sein des Pays membres et de mieux évaluer leurs besoins et attentes envers l’OIE dans ce domaine. Plusieurs recommandations ont été formulées afin de mettre en œuvre des mesures permettant de guider les pays et rendre plus accessible l’approche « Une seule santé » prônée par le Plan d’action mondial au travers d’activités de sensibilisation à la RAM, de la surveillance et de la recherche, du renforcement des capacités des Services vétérinaires, et de la mise en œuvre des normes internationales.

En soutien de cette stratégie mondiale contre la RAM, l’OIE a créé une base de données en 2016, en vue d’acquérir une connaissance plus complète de l’usage des agents antimicrobiens chez les animaux au niveau mondial, et a présenté les résultats de la première collecte des données auprès de Pays membres. L’objet de cet outil, élaboré sur la base d’un questionnaire envoyé chaque année aux Membres, est de pouvoir comparer des données standardisées et de suivre les tendances de l’usage des agents antimicrobiens, ce qui permettra d’évaluer l’impact de la mise en œuvre des plans d’action nationaux.

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Les partenariats Public-Privé (PPP) comme moyen d’améliorer les capacités des Services vétérinaires nationaux

Les Services vétérinaires voient leurs rôles et responsabilités se diversifier et s’accroître sous l’influence de diverses tendances mondiales, dont l’augmentation de la demande en protéines animales, la (ré)apparition de pathogènes zoonotiques et les menaces pour la santé publique telles que l’antibiorésistance.

Dans un contexte de rareté des ressources et des capacités au sein des sphères publiques et privées des Services vétérinaires, les partenariats Public-Privé (PPP) représentent une solution concrète et opportune pour évoluer dans cet environnement complexe et satisfaire les exigences de la société.

Les Services vétérinaires jouent un rôle important dans la réalisation de plusieurs Objectifs de Développement Durable définis par les Nations Unies (ODD) et peuvent, au niveau national, accroître les capacités des secteurs public et privé en vue d’atteindre ces objectifs.

Le Thème technique II a présenté des exemples de partenariats « gagnant-gagnant », soutenus par la Fondation Bill & Melinda Gates, qui peuvent encourager les Délégués de l’OIE à initier des PPP performants et à répondre aux exigences de la profession vétérinaire afin de construire un monde meilleur pour aujourd’hui et pour demain.

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Accroissement du réseau scientifique d’expertise de l’OIE

Le réseau scientifique mondial de l’OIE s’est élargi avec de nouveaux Laboratoires de référence et Centre collaborateurs approuvés par l’ensemble des Délégués, portant à plus de 320 le nombre de Centres officiels d’excellence scientifique de l’OIE, répartis dans près de cinquante pays sur les cinq continents.

Le partage d’informations entre ces différents instituts se révèle indispensable pour les réussites enregistrées en matière de contrôle de la santé et des maladies animales dans le monde.

L’ensemble des Résolutions adoptées lors de la 85e Session générale de l’OIE seront prochainement publiées sur le site de l’OIE.

 

Suivez en direct les débats de la 85e Session générale de l’OIE sur les réseaux sociaux: #OIE85SG
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