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Les canards d'élévage pourraient constituer une nouvelle menace de grippe aviaire - Mise en garde de la FAO, OIE et de l'OMS

11 novembre 2004, Paris -- Les canards domestiques pourraient constituer un réservoir inapparent du virus de la grippe aviaire H5N1 hautement pathogène pour les poulets, et avoir ainsi acquis un rôle nouveau et important dans la transmission du virus à d'autres volailles, et peut-être à l'homme, ont prévenu trois organisations internationales aujourd'hui.

La préoccupation concerne surtout les zones rurales des pays affectés, où selon les pratiques de l'élevage traditionnel en plein air, canards, poulets et faune sauvage se mélangent partageant fréquemment les mêmes étendues d'eau, affirme un communiqué de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE).

La découverte du rôle nouveau des canards domestiques confirme d'autres preuves récentes selon lesquelles le virus H5N1 circulant dans certaines parties de l'Asie aurait acquis une virulence accrue chez les volailles et les souris (modèle de laboratoire pour les mammifères) et aurait également élargi son éventail d'organismes hôtes pour y inclure les mammifères, notamment certains membres de la famille des félidés (par exemple, le chat et le tigre) qui n'étaient pas auparavant considérés comme étant susceptibles de contracter l'infection.

Nouvelle étude

Une nouvelle étude de laboratoire sur des canards domestiques infectés par plusieurs virus H5N1 isolés en 2004 démontre que, comparés aux infections causées par les virus circulant en 2003, les canards domestiques excreteraient à présent davantage de virus sur de plus longues périodes et, comme par le passé, sans manifester aucun signe de la maladie.

L'étude a constaté que les quantités de virus sécrétées par les canards en apparence sains pourraient se rapprocher de celles sécrétées par les poulets visiblement malades, ont affirmé les trois organisations. Selon le communiqué, le fait que les canards puissent être infectés et porter le virus pendant de longues périodes, sans pour autant montrer aucun signe visible ou symptôme, est une question de santé publique qui devrait inciter les autorités et la population à prendre des précautions.,

L'OMS, la FAO et l'OIE ont souligné qu'il faudrait encourager les pays touchés par l'influenza aviaire, lors de l'évaluation des risques d'infection à l'homme, à prendre en compte également une exposition possible de l'homme aux canards d'élevage apparemment en bonne santé et à émettre en conséquence des recommendations appropriées à l'intention des populations des zones affectées. Ces recommendations devraient porter sur la manipulation des canards domestiques, en particulier lors de leur abattage (par exemple ébouillanter les canards avant de les plumer), et sur la nécessité d'éviter l'usage pour la consommation humaine de l'eau qui a été en contact avec les canards, sauf s'il a été possible de la purifier auparavant. L'OMS a préparé des directives détaillées à ce propos.

L'OMS, la FAO et l'OIE ont déclaré que la découverte du nouveau rôle des canards domestiques dans le cycle de transmission du H5N1 devait être examinée sans tarder pour éviter que cela puisse compromettre les efforts menés pour contrôler la maladie chez les volailles et pour éviter, également, l'apparition de nouveaux cas de transmission à l'homme. Les trois organisations ont, par conséquent, exhorté à entreprendre d'urgence une étude de surveillance des animaux pour établir l'ampleur de l'incidence de l'infection chez les canards ne montrant pas de symptômes. Elles ont en outre sollicité des programmes de recherche sur l'efficacité des vaccins actuels sur les populations de canards.

La FAO et l'OIE évaluent conjointement les autres implications plus larges du rôle des canards domestiques par la formulation d'une stratégie à long terme visant à maîtriser les épidémies actuelles de grippe aviaire chez les volailles, toujours selon le communiqué des trois organisations.

Nécessité d'une lutte efficace

Chez les animaux, un système de détection et d'alerte rapide reste indispensable pour la prévention et l'intervention immédiate. Les gouvernements doivent appuyer leurs Services Vétérinaires pour leur permettre de mener à bien des opérations de lutte efficaces. La FAO et l'OIE ont récemment publié des directives détaillées pour lutter contre l'apparition de foyers du virus H5N1 chez les volailles.

Le communiqué souligne, par ailleurs, que la collaboration régionale est cruciale en matière de surveillance, de notification et de lutte contre la grippe aviaire chez les animaux domestiques et sauvages. Ces opérations doivent prendre en compte toutes les mesures pertinentes allant de l'élimination appropriée des volailles infectées, aux mesures rigoureuses de biosécurité, de contrôle des mouvements et des marchés et, si nécessaire, de campagnes de vaccination sous surveillance strictes.

Le virus H5N1 étant désormais endémique dans certaines parties d'Asie, des modifications des pratiques d'élevage traditionnelles pourraient s'avérer nécessaires pour réduire l'incidence de la maladie, en particulier dans les zones rurales, et atténuer ainsi les risques d'exposition de communautés entières. Ces modifications pourraient être importantes et demander une évaluation et une application attentives des mesures recommandées en tenant compte de leurs dimensions sociales, économiques, institutionnelles et politiques, précise encore le communiqué.

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