Organisation Mondiale de la Santé Animale

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Liens entre systèmes de production animale, changement climatique et maladies émergentes

Une réunion d’experts de l’OIE confirme la grande complexité de ce débat



Paris, le 2 septembre 2010 – La mise en évidence des liens entre les systèmes de production animale dans le monde, les changements climatiques et l’évolution épidémiologique des maladies animales a été au centre d’une rencontre organisée par l’OIE avec des experts venus de plusieurs continents.

« Les experts ont confirmé l’existence de corrélations entre les différents éléments liant les systèmes de production animale, les actions de l’homme sur l’environnement,  le changement climatique et les maladies émergentes,  mais ils ont réaffirmé que ces corrélations relèvent de mécanismes d’une très grande complexité qui rendent leur mesure extrêmement difficile et la valeur des prédictions très aléatoire », a déclaré le Dr. Gideon Brückner d’Afrique du Sud, qui présidait le groupe d’experts.

Les experts ont mentionné les effets positifs de l’élevage des animaux, notamment:

- Le recyclage de végétaux et la conversion de l’énergie solaire en produits animaux de haute valeur ajoutée via la consommation des végétaux par les herbivores
- Les nombreux systèmes d’élevage d’herbivores qui favorisent le maintien d’écosystèmes sylvo-pastoraux  contribuant à la séquestration du carbone et de dérivés azotes, à la biodiversité et à une gestion favorable de l’eau sur les bassins versants concernés
- La contribution de ces modes d’élevage au maintien de paysages ouverts.

Ils ont également évoqué d’autres aspects positifs à étudier plus en détail tels que les avantages de la production par les animaux de fertilisants organiques naturels. Ces fertilisants naturels sont en effet souvent substituables aux engrais de synthèse dont l’élaboration relève de la chimie industrielle.

Mais, les experts ont insisté sur le fait que l’analyse de ces bénéfices doit toujours se faire en parallèle avec celle des inconvénients en leur opposant des effets négatifs par exemple, les émissions de gaz à effet de serre tels que le méthane  et l’oxyde d’azote émis notamment par les ruminants.

Le groupe d’experts a également souligné l’importance de la recherche pour concevoir et appliquer des méthodologies permettant de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

 

Sécurité alimentaire et importance de la place de l’animal dans la société

La production animale est une composante importante de la sécurité alimentaire. Les produits d’origine animale tels que le lait, les œufs et la viande sont composés de nutriments très précieux et sont largement impliqués dans toute politique de sécurité alimentaire mondiale : leur demande au niveau mondial s’accroit et va s’accroitre considérablement.
L’élevage des animaux fournit aussi d’autres produits non alimentaires essentiels tels que la laine, le cuir ainsi que des services importants comme le transport. (250 millions d’animaux travaillent dans le monde en lieu et place de moteurs utilisant de l’énergie fossile).

Les animaux domestiques représentent aussi actuellement un moyen de subsistance sans autre alternative pour des centaines de millions de familles dans le monde. Un milliard d’individus, dont 700 millions de pauvres seraient tributaires de leurs animaux en termes d’alimentation, de revenu  ou de force de travail.

 

Changement climatique et  maladies émergentes et ré-émergentes

L’action de l’homme sur l’environnement et les changements du climat ne sont pas sans conséquences sur l’évolution épidémiologique de certains pathogènes susceptibles de provoquer des maladies animales et/ou humaines. On assiste à l’accélération de l’émergence ou de la réémergence d’événements épidémiologiques inattendus. Ainsi, par exemple, il apparait chaque année au moins une nouvelle maladie.
Les experts de l’OIE ont recommandé à nouveau d’investir encore plus dans les recherches permettant de confirmer ou d’infirmer le lien causal entre changement climatique et émergence ou réémergence de maladies.

« Pour sa part l’OIE a mis en œuvre depuis plusieurs années des politiques consistant à aider ses Pays Membres à mieux se préparer aux conséquences de l’intensification de la production animale. Il convient en effet de répondre à la demande mondiale tout en faisant face aux événements épidémiologiques nouveaux, liés pour la plupart aux changements environnementaux dus à l’action de l’homme » a indiqué le Dr Vallat, Directeur Général de l’OIE.

L’OIE appuie pour cela ses Pays Membres en les aidant à renforcer leurs Services Vétérinaires grâce à l’utilisation de la procédure dite PVS (Performance des Services Vétérinaires). Ces Services sont partout dans le monde en première ligne, avec les éleveurs, pour garantir la détection précoce et la réaction rapide face aux événements sanitaires qui menacent les animaux et l’homme ».    

L’OIE plaide aussi pour un développement continu de programmes de recherche visant à développer des systèmes de production animale respectueux de l’environnement et, en parallèle, des méthodes de biosécurité adaptées pour mieux prévenir et contrôler les maladies.

 

 

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