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Réunion d'urgence de l'OIE sur la fièvre aphteuse dans l'est de l'Asie

A la suite de l’apparition de la fièvre aphteuse en République de Corée, au Japon, en Mongolie, en Russie orientale et à Taipei China, une réunion d’experts s’est tenue en urgence à Tokyo (Japon), du 20 au 22 juin 2000, à l'initiative de la Représentation régionale de l'OIE pour l'Asie et le Pacifique.

Des experts des pays suivants ont participé à la réunion : Australie, République de Corée, États-Unis d’Amérique, Japon, Mongolie, Royaume-Uni, Russie et Taipei China. Etaient également présents des représentants de Hong Kong (Chine), ainsi que de l'Organisation des Nations-Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), du Laboratoire mondial de référence de l'OIE pour la fièvre aphteuse et de l'Unité régionale de coordination de la lutte contre la fièvre aphteuse en Asie du Sud-Est.

Après avoir passé en revue la situation de la fièvre aphteuse dans chaque pays ou territoire où la maladie a éclaté ces derniers mois, les participants ont abordé les sujets suivants :

  1. Études comparatives des souches de virus de la fièvre aphteuse circulant dans l’est de l’Asie ;
  2. Origine de ces souches ; épidémiologie ;
  3. Normes techniques de diagnostic et de surveillance ;
  4. Mesures de prévention, de contrôle et d’éradication de la fièvre aphteuse ; recouvrement du statut de pays indemne et
  5. Thèmes de collaboration internationale.

Cette réunion a donné lieu aux conclusions et recommandations ci-après :

Conclusions

  1. Il existe actuellement dans l’est de l’Asie au moins deux souches différentes de virus de la fièvre aphteuse de type O. L’une, adaptée aux porcs, est présente à Taipei China et à Hong Kong (Chine), ainsi que dans certains autres pays d’Asie du Sud-Est. L’autre est responsable de foyers récents en République populaire de Chine, à Taipei China, au Japon, en République de Corée, en Russie et en Mongolie. Cette dernière souche n’est pas liée à une espèce particulière et a été retrouvée chez des ovins, des bovins, des caprins et des porcs. Elle est difficile à déceler, car elle peut infecter la race bovine jaune taïwanaise et la race noire japonaise sans provoquer de signes cliniques.
  2. Bien que des études complémentaires s’imposent, les circonstances indiquent que l’importation de foin en provenance de République populaire de Chine pourrait avoir contribué à l’apparition simultanée des foyers qui ont touché la République de Corée et le Japon. Les facteurs de risque complémentaires identifiés pour la République de Corée sont les voyages à destination, et en provenance, des zones endémiques, les objets ou produits contaminés et les virus transportés par le vent. Les foyers de fièvre aphteuse à Taipei China en 1999 et en Mongolie en 2000 étaient probablement imputables à des déplacements illégaux d’animaux vivants infectés, en provenance de pays limitrophes. Le foyer qui a éclaté en Russie orientale peut être imputé à la distribution aux porcs de produits contaminés importés illégalement de République populaire de Chine ou d’autres pays.
  3. Il est essentiel de conduire des recherches complémentaires pour étudier l’épidémiologie particulière de la fièvre aphteuse dans l’est de l’Asie, améliorer les méthodes de diagnostic et revoir les lignes directrices relatives au recouvrement du statut de pays indemne.

Recommandations

  1. La protection ou la lutte contre la fièvre aphteuse en Asie requiert des informations plus précises et plus actuelles sur la situation de la fièvre aphteuse en République populaire de Chine et en République démocratique de Corée. Il est demandé aux organisations internationales concernées d’étudier la possibilité d’obtenir davantage d’informations sur ces pays. Il est également demandé à l’OIE d’inciter tous les pays asiatiques à devenir membres à part entière de l’Office dès que possible afin que les règles et recommandations de l’OIE soient appliquées à tous les pays de la région.
  2. Il est recommandé à la Représentation régionale de l’OIE pour l'Asie et le Pacifique de réunir des informations mensuelles sur la fièvre aphteuse dans l’est de l’Asie et d’organiser des réunions annuelles du Groupe de l’Asie de l’Est, afin de revoir et coordonner les actions de protection et de lutte contre la fièvre aphteuse dans la région.
  3. Des systèmes de surveillance épidémiologiques pour la fièvre aphteuse doivent être mis en place dans tous les Pays Membres de la région, en renforçant les laboratoires nationaux et provinciaux et en formant le personnel de terrain à la méthodologie des enquêtes épidémiologiques. Dans le cadre de ces enquêtes, des études de cas systématiques doivent être conduites dans les exploitations touchées afin d’identifier la source infectieuse.
  4. Dans la mesure où les aliments pour animaux tels que les fourrages, ainsi que la paille et le foin sont considérés comme sources possibles de foyers de fièvre aphteuse dans certains pays de l’est de l’Asie, il convient de développer le plus rapidement possible des méthodes d’analyse des risques, y compris des techniques de gestion des risques spécifiquement liées à ces sources du contage.
  5. Il est souhaitable de renforcer encore les laboratoires de biosécurité dans l’est de l’Asie, conformément aux normes internationales, et de les développer afin de répondre aux besoins sans cesse croissant d’épidémiosurveillance et de suivi continu des maladies exotiques et de pouvoir conduire les travaux de recherche et de développement de plus en plus nécessaires sur les nouvelles maladies émergentes.
  6. 6. Il est urgent de mettre au point une technique ELISA (dosage immuno-enzymatique) permettant le diagnostic différentiel des infections dues aux souches de virus de type O courantes dans cette région. Des efforts internationaux coordonnés sont recommandés pour développer ce test.
  7. Les recherches futures devraient comprendre non seulement des études fondamentales sur l’épidémiologie de la fièvre aphteuse (rôle des animaux porteurs par exemple) mais aussi des travaux spécifiques à la région portant notamment sur la dissémination à bas bruit des souches virales locales par voie aérienne, l'utilisation des anticorps monoclonaux et de l’amplification en chaîne par polymérase (PCR) pour différencier les souches, et l'emploi d'épreuves de détection des anticorps dirigés contre des protéines non structurales pour établir qu'un territoire est indemne.

Pour toute information complémentaire, contacter
la Représentation régionale de l’OIE pour l’Asie et le Pacifique à l’adresse suivante :

Organisation mondiale de la santé animale
OIE Representation for Asia and the Pacific
East 311, Shin Aoyama Bldg
1-1-1 Minami Aoyama
Minato-Ku
Tokyo 107-0062
JAPAN
Tél. : (81.3) 54 11 05 20
Fax : (81.3) 54 11 05 26
E-mail : oietokyo@tky.3web.ne.jp / rr.asiapacific@oie.int

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