Organisation Mondiale de la Santé Animale

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La mission d'expertise de l'OIE conclut que les marchés aux volailles vivantes jouent un rôle clé dans les infections des volailles et dans les infections humaines par le virus de l’influenza A(H7N9)

Paris, le 30 avril 2013 - Le ministère de l'Agriculture de la République populaire de Chine a demandé au Directeur général de l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE) de dépêcher des experts de l'OIE pour évaluer la situation de l’influenza A(H7N9) chez les animaux et de formuler un avis. 

La mission s'est déroulée en lien avec le partenariat tripartite entre l’OIE, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). L'OMS avait conduit une mission la semaine précédente, en collaboration avec le ministère de la Santé chinois, et la FAO est représentée sur place par un expert, un vétérinaire qui a apporté sa contribution à cette mission.

L'OIE a apprécié la disponibilité et la transparence des autorités chinoises, ainsi que la rapidité et la qualité des réponses apportées par les Services Vétérinaires pour rechercher la source animale des infections humaines et a reconnu les efforts déployés pour informer la communauté internationale de la situation sanitaire et adresser des notifications officielles à l’OIE par  l’intermédiaire du Système mondial d’information zoosanitaire, WAHIS.

Selon les informations et données recueillies, la mission confirme qu’une grande partie des cas d'infection humaine à virus H7N9 paraît avoir un lien avec des marchés aux volailles vivantes. À ce jour, aucun cas humain ni aucune infection animale par le virus H7N9 n’ont été détectés dans les élevages de volailles. Durant cette mission, les experts ont avancé l’hypothèse que les infections humaines pourraient être dues à l’exposition à des oiseaux infectées se trouvant sur les marchés ou à un environnement contaminé tel que les marchés aux volailles vivantes où le virus est présent.

Les experts estiment que les marchés aux volailles vivantes pourraient jouer un rôle clé dans les infections humaines et animales par le virus H7N9. Ils précisent que, même si le niveau infectieux général est relativement faible (l’infection n’a pas encore été détectée dans les élevages de volailles), ces marchés procurent un environnement qui favorise l'amplification et le maintien de virus H7N9. La collaboration entre les secteurs de la santé humaine et de la santé animale est utile pour mieux comprendre la transmission à l'homme.

La mission a également confirmé qu'à l'heure actuelle, l'infection par le virus H7N9 ne provoquait aucune maladie visible chez les volailles. Les Services Vétérinaires doivent par conséquent être particulièrement impliqués dans la prévention de sa propagation chez les volailles, notamment en surveillant l'application des mesures de biosécurité dans les élevages.

« Comparativement au virus H5N1, le virus H7N9 n'est actuellement pas pathogène pour les volailles, de sorte qu'il n'existe pas de signes visibles d'infection, d’où la difficulté extrême de la surveillance, de la prévention et du contrôle du virus chez les volailles », a expliqué le Docteur Keith Hamilton, membre de la mission d'expertise de l'OIE.

Étant donné qu’il est improbable que l’infection par le virus H7N9 provoque des signes visibles de maladie chez les volailles, le recours à des tests de laboratoire fiables et précis, conformément aux normes de l’OIE et aux directives d’OFFLU, facilitera la surveillance et le contrôle du virus H7N9 chez les volailles. OFFLU est le réseau mondial d'expertise scientifique FAO/OIE sur les grippes animales.

L’existence d’un large programme de surveillance chez les animaux est essentielle pour cerner l’étendue et la distribution du virus H7N9 dans l’ensemble du pays. Une surveillance efficace requiert une coopération étroite entre les éleveurs et les distributeurs de volailles et les Services Vétérinaires de l'État. Les Services Vétérinaires et les laboratoires auront besoin à cet effet de ressources appropriées.

Les Laboratoires de référence de l’OIE pour l’influenza aviaire, dont l’Institut de recherche vétérinaire d’Harbin, d’autres laboratoires basés en Chine ainsi que des scientifiques d’OFFLU conduisent des recherches sur le virus H7N9 pour mieux en comprendre les caractéristiques et assurer la disponibilité de protocoles de tests diagnostiques plus adaptés.

Lire le rapport de mission (anglais)

Recommandations

En cas d'éclatement d’un foyer, la destruction par les Services Vétérinaires des volailles infectées ou en contact avec des oiseaux infectés est recommandée. L'abattage sanitaire des animaux à risque doit respecter les méthodes acceptables telles que décrites dans le Code de l'OIE.

Aucune donnée ne tend à indiquer que la consommation de volailles ou d’œufs propres à la consommation humaine pourrait transmettre le virus de l'influenza aviaire. La consommation de viande et d’œufs correctement préparés et cuits ne présente aucun risque. Des précautions particulières sont recommandées lors du plumage des volailles.

Des évaluations complémentaires sont nécessaires pour savoir rapidement si la vaccination des volailles pourrait être envisagée comme option efficace de contrôle du virus H7N9. Il sera également important de vérifier si ce virus est transmissible de l'homme aux animaux car, si cette hypothèse se vérifiait, il pourrait s'agir d'une voie potentielle de propagation mondiale. 

Échanges commerciaux 

La prévention de la propagation nationale et internationale du virus H7N9 doit être une priorité.

La stricte application des normes scientifiques publiées dans le Code sanitaire pour les animaux terrestres de l’OIE (volume 2, chapitre 10.4) par les autorités vétérinaires locales et nationales des Pays Membres de l'OIE peut éviter la propagation du virus à partir des volailles infectées. Ces normes s'appliquent au commerce international des volailles vivantes, de la chair de volaille, des œufs et même des plumes.

L'application de ces normes internationales évite également la mise en place de barrières commerciales injustifiées par les pays importateurs. Le contrôle du commerce illicite doit également être une priorité.

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