Organisation Mondiale de la Santé Animale

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L’instabilité croissante couplée à des Services vétérinaires déficients est une menace pour la sécurité mondiale

Le Directeur général de l’OIE, le Docteur Bernard Vallat, exhorte les membres de la Convention sur les armes biologiques (BWC) à renforcer leurs Services vétérinaires, acteurs clés de la surveillance de la santé animale, de la riposte aux incidents sanitaires et de la biosécurité

Genève, le 10 décembre 2012 – Lors de la Réunion des États parties de la Convention sur les armes biologiques (BWC), le Directeur général de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), le Docteur Bernard Vallat, a appelé à agir face à la menace croissante que constituent pour la sécurité du monde les agents pathogènes des animaux.

La dissémination accidentelle ou délibérée de ces agents pathogènes peut avoir des répercussions désastreuses sur la santé publique, les économies et la stabilité sociale parce que 60% des maladies infectieuses humaines proviennent des animaux (zoonoses) et que toutes les maladies animales infectieuses, entraînent des pertes redoutables pour l’agriculture. C’est précisément pour leurs répercussions que la plupart des agents pathogènes pouvant servir d’armes biologiques sont des agents pathogènes d’origine animale.

Des mécanismes efficaces de surveillance, de détection précoce et de réponse rapide aux maladies animales, respectant les normes internationales de l’OIE, constituent la meilleure défense contre tout foyer de maladie animale infectieuse, que l’origine en soit naturelle, accidentelle ou intentionnelle. Les normes de laboratoire promues par l’OIE relatives à la gestion des risques biologiques, protègent également de la dissémination accidentelle d’agents pathogènes par les laboratoires et empêchent que ceux-ci ne tombent entre de mauvaises mains.

« Le meilleur moyen de protéger le monde de ces menaces biologiques croissantes liées à des pathogènes d’origine animale est d’assurer que tous les Services vétérinaires nationaux répondent aux normes internationales de l’OIE sur leur qualité ; ce prérequis doit être à la base des politiques de gestion des risques biologiques », a dit le Docteur Vallat.

Malheureusement, aujourd’hui, la qualité des mécanismes de surveillance et de réponse aux maladies animales varie d’un pays à l’autre et, dans un monde globalisé, les insuffisances d’un pays représentent une menace pour tous les autres.

Les nombreux déplacements actuels des personnes, des animaux et des biens de consommation favorisent la propagation mondiale rapide des maladies animales infectieuses. Le SRAS, la grippe aviaire, l’encéphalopathie spongiforme bovine (maladie de la vache folle) et la fièvre à virus Ebola sont des exemples qui mettent en lumière les conséquences potentiellement désastreuses que les agents pathogènes des animaux peuvent provoquer s’ils ne sont pas éliminés à leur source d’origine.

« Il est de la responsabilité partagée des gouvernements d’utiliser tous les moyens disponibles et d’appliquer les recommandations visant à prévenir et à contrôler les maladies animales. Il en résultera une réduction des risques importants liés à ces agents pathogènes », a souligné le Docteur Vallat. « Tous les moeyns disponibles pour convaincre l’ensemble des décideurs doivent être utilisés dans cet objectif », a-t-il ajouté.

Détruire et séquestrer le virus de la peste bovine

En mai 2011, l’OIE a déclaré l’éradication mondiale de la peste bovine, ainsi dénommée en raison de ses répercussions dévastatrices sur le bétail.
Un an après cette déclaration, le virus reste détenu par quelques dizaines de laboratoires à travers le monde. La maladie n’étant plus présente chez les animaux, la dissémination à partir d’un laboratoire serait de nos jours la seule cause possible d’apparition d’un foyer de peste bovine.

Afin de garantir l’absence de peste bovine dans le monde, l’OIE en appelle à tous les pays et leur demande de détruire les stocks restants du virus ou d’assurer leur transfert vers un Laboratoire de référence agréé. L’OIE et l’Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) ont également demandé un moratoire sur les recherches faisant appel au virus vivant de la peste bovine.

Le virus de la peste bovine a probablement été la première arme biologique, utilisée dès le XIIIe siècle, et fait partie des agents pathogènes qui ont été manipulés à des fins de guerre au cours du XXe siècle.

 

Note d’information

L’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) est une organisation intergouvernmentale dont le mandat, défini par ses 178 Membres, est d’améliorer la santé animale dans le monde. L’OIE est responsable de garantir la transparence de la situation des maladies animales dans le monde, y compris des maladies transmissibles à l’homme, et d’assurer la sécurité sanitaire du commerce mondial des animaux et des produits d’origine animale, et notamment la sécurité sanitaire des aliments. Depuis 2000, l’organisation publie également des normes internationales sur le bien-être animal. Aux termes de l’Accord sur les mesures sanitaires et phytosanitaires de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), l’OIE est l’organisation internationale de référence pour les maladies animales, y compris les zoonoses.
L’OIE dispose de l’appui permanent de 265 Laboratoires de référence et Centres collaborateurs et 11 bureaux régionaux dans le monde.

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