Organisation Mondiale de la Santé Animale

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L’OIE et le CILSS passent un accord pour le soutien du pastoralisme au Sahel

Le 23 octobre, au siège de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) à Paris, le Dr Bernard Vallat, Directeur général de l’OIE, et le Dr Djimé Adoum, Secrétaire exécutif du Comité permanent Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS), ont signé un accord de partenariat officiel entre leur deux institutions. Cet accord vise à coordonner les activités de la composante  Santé Animale du Projet Régional d’Appui au Pastoralisme au  Sahel (PRAPS) financé par la Banque Mondiale, dont l’objectif est la  sécurisation du mode de vie et des moyens de production des quelques 2 millions de pasteurs vivant de l’élevage pastoral dans cette région.


De droite à gauche : le Dr Bernard Vallat, Directeur général de l’OIE,
et le Dr Djimé Adoum, Secrétaire exécutif du CILSS

Paris, le 9 novembre 2015 – Le pastoralisme, sous ses deux formes principales, la transhumance ou le nomadisme, est un mode de vie encore très  courant dans les zones arides et semi-arides, où très peu d’activités rurales autres que l’élevage des ruminants  ne sont envisageables. Grâce à leur gestion particulière de l’espace et du temps, basée sur la mobilité et héritée de savoirs ancestraux, les communautés pastorales ont réussi à tirer parti des ressources naturelles d’immenses espaces pratiquement déserts et très peu propices à l’agriculture pour y développer et y préserver un potentiel économique et un système écologique et social uniques en leur genre.

Ainsi, le pastoralisme reste, dans certaines régions subsahariennes très arides, la seule option de développement économiquement viable, permettant l’occupation souhaitable et nécessaire du territoire et sa valorisation économique. Pour ces populations, le contrôle durable des maladies infectieuses est essentiel non seulement afin de réduire les risques sanitaires et de sécuriser le capital représenté par leur cheptel, mais aussi pour garantir des marchés aux animaux et produits d’origine animale.

Or aujourd’hui, seulement 1,7%1 de l’aide internationale destinée à l’agriculture bénéficie à des programmes de développement de l’élevage, et aux Services Vétérinaires nécessaires à sa productivité et même à sa pérennité « Les menaces qui pèsent sur l’avenir du pastoralisme sont mondiales et risquent d’affecter durablement des populations détentrices de modes de vie et de savoirs qui appartiennent au patrimoine mondial de l’humanité », souligne le Directeur général de l’OIE, Dr Bernard Vallat. D’autre part les récentes évolutions sécuritaires dans ces régions témoignent de la nécessité de prendre en compte rapidement les aspirations de ces communautés pastorales visant à améliorer leurs conditions de vie. De forts investissements sont donc nécessaires en faveur de l’élevage dans ces régions, nécessitant la mobilisation des partenaires internationaux.

C’est dans ce contexte qu’a été élaboré le Projet Régional d’Appui au Pastoralisme au Sahel (PRAPS), qui est une des conséquences directes de la Déclaration de Nouakchott adoptée en octobre 2013 par les Chefs d'État et les acteurs régionaux et internationaux dans la capitale de la Mauritanie. Financé par la Banque mondiale à hauteur de 248 millions de dollars (US), ce projet vise l’amélioration de l’accès aux marchés et aux moyens de production et services essentiels dans des zones sélectionnées de six pays sahéliens (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal et Tchad) où le secteur de l’élevage est basé à plus de 75% sur le pastoralisme transhumant ou nomade. Le projet améliorera également la capacité de ces pays à répondre à temps et de façon efficace aux situations de crises.

Afin de prendre en compte l’ensemble des problématiques relatives à la protection et la valorisation du pastoralisme, le PRAPS est structuré en cinq composantes mises en œuvre au niveau national et dont la coordination est confiée au niveau régional au Comité permanent Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS).

La maitrise d’ouvrage des activités régionales de la Composante Santé Animale est déléguée au Centre Régional de Santé Animale (« CRSA »). De façon transitoire (entre 2 et 6 ans), en attendant l’opérationnalisation intégrale de la décision des chefs d’État de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (« CEDEAO2»), l’OIE, dont les compétences techniques, les capacités fiduciaires et l'expertise uniques dans le domaine de la santé animale sont reconnues par le Groupe Banque mondiale et ses partenaires, apportera un appui au CRSA dans cette mission.

La composante santé animale du projet PRAPS a été programmée en prenant en compte les outils de l’OIE d’évaluation de la qualité des services vétérinaires et est structurée en deux volets d’activités : l’amélioration des infrastructures et le renforcement des capacités des services vétérinaires nationaux, et l’appui à la surveillance et à la lutte contre les maladies prioritaires, notamment la Peste des Petits Ruminants (PPR) et la Péripneumonie Contagieuse Bovine (PPCB).

L’accord de partenariat signé entre l’OIE et le CILSS est relatif à la mise en œuvre et à la coordination régionale des activités de cette composante santé animale. Il est principalement centré sur trois groupes d’actions ;  la coordination générale des activités, la fourniture d’appuis méthodologiques ciblés, la mise en œuvre d’un programme de formation continue pour les cadres des services vétérinaires des six pays concernés et le renforcement des capacités du Centre Régional de Santé Animale de la CEDEAO (CRSA). La mise en œuvre du projet a déjà commencé courant 2015.

1Déclaration de Nouakchott sur le pastoralisme (octobre 2013)
2Le CRSA a été institué en tant qu'organe technique ordinaire de la CEDEAO en 2012, à travers l'Acte additionnel N° A/SA-20/02/12 signé par les Chefs d'État

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