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L’OIE présente les fondements de sa stratégie pour lutter contre l’antibiorésistance

À l’occasion de la 84e Session générale de l’Assemblée mondiale de ses délégués nationaux, l’OIE a présenté et proposé à adoption de ses membres les fondements de sa nouvelle stratégie pour lutter contre l’antibiorésistance. Construite sur la base du travail effectué depuis plusieurs années par l’Organisation pour préserver l’efficacité des antimicrobiens utilisés en médecine vétérinaire et contribuer à préserver celle des molécules utilisées en médecine humaine, cette stratégie vise à fournir aux pays les outils nécessaires pour les accompagner vers une meilleure prise en charge de la problématique, quelle que soit leur situation sanitaire actuelle.




Micrographie par balayage électronique
de neutrophiles ingérant
un staphylocoque doré
résistant à la méthicilline.
© NIAID


 

 

 

 

Paris, le 24 mai 2016 – L’augmentation constatée ces dernières années de la fréquence et de l’étendue des résistances des bactéries aux antimicrobiens est aujourd’hui considérée par la communauté internationale comme un risque majeur nécessitant l’engagement de l’ensemble de la société. L’antibiorésistance est en effet un défi mettant en péril la santé humaine, la santé animale et également le bien-être animal.

Consciente de l’enjeu majeur à relever pour les générations futures, l’OIE travaille depuis de nombreuses années sur le sujet notamment par l’élaboration de normes internationales dédiées et rénovées en 2015. L’OIE a de plus participé à l’élaboration et contribue à la mise en œuvre du plan d’action global contre l’antibiorésistance de l’OMS.

Mais ces initiatives internationales, bien qu’entérinées par les Pays membres des différentes organisations, ne pourront porter pleinement leurs fruits que si elles sont effectivement relayées de façon opérationnelle dans les pays.

Selon une étude de l’OIE, dans plus de 110 pays parmi les 130 interrogés, il n’existe pas de législation exhaustive et pertinente régissant les conditions d’importation, de fabrication, de distribution et d’utilisation des médicaments vétérinaires, antimicrobiens inclus. En conséquence, ces produits sont souvent en vente libre, et leur utilisation n’est pas encadrée par des professionnels de la santé animale. Le manque de contrôle de la qualité de ces produits est également très préoccupant : en effet, une enquête de 2012 montre que dans plus de 22 % des pays dotés d’une législation sur les médicaments vétérinaires, le contrôle qualité de ces derniers n’y avait pas été intégré.

La mise en œuvre des normes et recommandations internationales demande des efforts importants à l’échelle nationale, où les réalités de terrain sont parfois contraignantes, souvent du fait de l’absence de législation adaptée, du manque de moyens des Services vétérinaires et de l’existence de marchés parallèles hors du contrôle des autorités sanitaires.

C’est pourquoi, fidèle à ses valeurs de solidarité internationale, l’OIE a aujourd’hui présenté à ses Pays membres les fondements de sa stratégie pour les accompagner à l’échelon national, par étapes, afin de préparer le cadre législatif et de renforcer les capacités nécessaires pour une meilleure gestion de la problématique de l’antibiorésistance.

La mise en œuvre de cette stratégie permettra aux pays de bénéficier de l’ensemble des actions développées par l’OIE conformément à son mandat afin de mettre en œuvre les actions suivantes :

  • Règlementer la fabrication, la circulation et l’utilisation des antimicrobiens chez les animaux sur la base des normes internationales
  • Former les professionnels de la santé animale
  • Communiquer pour sensibiliser les acteurs
  • Mettre à disposition des produits de qualité et des alternatives à leur utilisation
  • Assurer la supervision par les vétérinaires de l’utilisation des antimicrobiens en santé animale pour un usage prudent et responsable
  • Surveiller les utilisations des antimicrobiens et le développement des résistances

En effet, l’OIE met notamment à disposition de ses pays membres, outre ses normes internationales et son réseau d’expertise scientifique, de multiples outils de renforcement des capacités nationales afin de parvenir à une meilleure gouvernance en matière de santé animale, et par là même à une meilleure gestion vétérinaire des médicaments vétérinaires. Cet appui se fait notamment grâce au Processus PVS, outil d’amélioration de la performance des Services vétérinaires, et à ses modules spécifiques dédiés à la législation vétérinaire, à l’enseignement vétérinaire ou encore aux capacités des laboratoires.

La création et la gestion d’une base de données destinée à recueillir des informations sur l’utilisation des agents antimicrobiens chez les animaux, ainsi que le développement d’indicateurs d’interprétation, sont de plus en cours pour accompagner les pays vers plus de connaissances et de transparence quant à leurs usages chez les animaux. Le réseau d’experts de l’OIE travaillera en parallèle au renforcement des connaissances scientifiques, en particulier sur les nouvelles technologies et solutions de remplacement aux agents antimicrobiens.

Enfin, l’OIE continuera à appuyer ses membres dans leurs actions de sensibilisation sur la thématique de l’antibiorésistance, y compris la prévention en matière de santé animale à la ferme contribuant à une réduction des quantités d’antimicrobiens utilisés. Cet appui se fera par l’amélioration des compétences de communication des Services vétérinaires et la production d’un certain nombre de documents de référence rendus disponibles gratuitement afin de faciliter les campagnes de communication au niveau national, notamment à l’occasion de la Semaine mondiale pour un bon usage des agents antimicrobiens.

Suite à la présentation détaillée ce matin d’un rapport sur la question par le Dr Orand, Directeur du Centre collaborateur de l’OIE pour les médicaments vétérinaires (Anses, ANMV, France), une Résolution entérinant les fondements de cette stratégie sera présentée durant la Session générale pour adoption des 180 Délégués nationaux de l’OIE.


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