Organisation Mondiale de la Santé Animale

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Vers l'élimination de la rage en Eurasie Conférence internationale OIE/OMS/Union européenne Les autorités vétérinaires et de santé publique doivent s'allier pour éliminer la rage dans le monde

Paris, 30 mai 2007 - La rage est une maladie zoonotique négligée et sous-déclarée. Elle fait chaque année quelque 50 à 60 000 victimes, essentiellement chez les enfants. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) considère que la rage est la maladie infectieuse dont le taux de létalité est le plus élevé; par ailleurs 99% des décès humains sont dus à la morsure d'un chien enragé.

«La prévention à la source animale est la clé de la lutte contre une zoonose répandue et persistante comme la rage. Il est de la responsabilité de la profession vétérinaire de consacrer ses connaissances et ses compétences au contrôle de la maladie chez l'animal afin de créer une barrière entre la source animale et l'être humain sensible» a déclaré le Docteur Bernard Vallat, Directeur général de l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE), lors de la conférence internationale qui s'est achevée ce jour à Paris, au siège de l'OIE.

« La bonne gouvernance des Services vétérinaires, l'amélioration des capacités de diagnostic des laboratoires et les campagnes de vaccination des animaux domestiques et sauvages sont les principales mesures qui s'imposent. Il convient aussi de mettre l'accent sur la sensibilisation du grand public à cette maladie, et sur la nécessité de collaborer avec les autres professions impliquées, notamment avec le secteur de la santé publique » a ajouté le Docteur Vallat.

L'OIE a démontré son engagement en soutenant la création d'une Journée mondiale contre la rage , qui se tiendra désormais le 8 septembre.

L'élimination de la rage canine : une politique rentable

«Le coût d'un traitement chez l'homme après une morsure est 20 à 100 fois plus élevé que celui de la vaccination d'un chien» a précisé le Docteur Vallat. «Aussi il est économiquement approprié que les Ministères de la santé fournissent des ressources financières aux Services vétérinaires pour contrôler la maladie à sa source, c'est-à-dire chez l'animal», a-t-il ajouté.

La vaccination des animaux reste la méthode de choix pour prévenir et éradiquer la rage. Les participants à la conférence ont estimé qu'il n'est pas recommandable de recourir uniquement à des campagnes d'abattage de masse des animaux susceptibles d'être contaminés pour contrôler et éradiquer les foyers de rage pour des raisons éthiques, écologiques et économiques.

«Les gouvernements devraient envisager d'investir plus dans le contrôle de la rage canine car c'est la meilleure approche pour réduire les coûts croissants de la prophylaxie post-exposition chez l'homme. Il conviendrait qu'ils mettent en place des mécanismes pour répartir équitablement les coûts et les bénéfices de l'élimination de la rage canine entre les différents secteurs impliqués, notamment la santé et l'agriculture » a commenté le Docteur François Meslin de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le contrôle en amont de la rage canine, notamment chez les chiens errants, doit occuper une place prioritaire dans l'action des autorités sanitaires et vétérinaires nationales des pays en développement, afin d'assurer une prévention efficace des cas mortels chez l'homme.

Rage canine et rage de la faune sauvage : des cibles bien distinctes en différents endroits du monde

Les morsures de chien constituent la cause la plus fréquente de la rage humaine mais les réservoirs animaux de rage varient d'une région à l'autre.

Dans l'hémisphère Nord, la rage des animaux sauvages reste le problème majeur. Chez les chiens domestiques, la maladie est devenue très rare en Europe occidentale. Dans les pays d'Europe de l'Est, le renard roux reste le principal réservoir de la maladie et la rage vulpine représente 50% de tous les cas. Dans cette région en 2005, 1 cas de rage animale sur 3 a impliqué des animaux domestiques.

« L'Union européenne a fait des progrès significatifs dans l'élimination de la rage chez les animaux sauvages en faisant appel à la vaccination orale. Nous partageons totalement les préoccupations mondiales concernant cette maladie et soutenons les actions qui visent à éliminer la maladie  dans les pays limitrophes de l'Union européenne» a déclaré le Docteur Jean-Pierre Vermeersch de la Commission européenne.

Dans les pays en développement, le principal réservoir de la rage est le chien. À ce jour, l'Extrême-Orient est la région la plus touchée par la rage canine et compte les taux les plus élevés de rage humaine.

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