Organisation Mondiale de la Santé Animale

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Les Services vétérinaires en Afrique renforcent leur solidarité en se dotant d'une Représentation régionale de l'OIE et en recherchant des stratégies communes pour éliminer les maladies animales et améliorer la santé publique

La 14e Conférence de la Commission régionale de l'Office international des épizooties (OIE), organisation mondiale de la santé animale, pour l'Afrique s'est tenue à Arusha (Tanzanie) du 23 au 26 janvier 2001.

Cette Conférence, à laquelle étaient invités les chefs des Services vétérinaires de 44 pays d'Afrique, a dressé un bilan complet de la situation zoosanitaire dans cette région, où les maladies animales les plus préoccupantes restent la peste des petits ruminants, la péripneumonie contagieuse bovine, la fièvre de la Vallée du Rift, la fièvre catarrhale du mouton, la fièvre aphteuse chez les ruminants et les suidés, la clavelée et variole caprine, la peste équine, la peste porcine africaine, la maladie de Newcastle chez les volailles, ainsi que la rage chez les animaux domestiques et sauvages (voir Annexe).

Lors de cette Conférence, trois autres sujets ont fait l'objet d'une attention toute particulière :

1. Le rôle du personnel para-vétérinaire dans la prestation de services vétérinaires en Afrique

Dans de nombreux pays africains, les services vétérinaires sont en général traditionnellement assurés par l'État. Des ajustements structurels associés à une nouvelle perception du rôle de l'État ont conduit à réduire le financement de nombreux services vétérinaires publics. La qualité et la disponibilité des services vétérinaires publics ont de ce fait régressé dans de nombreux pays africains.

En Afrique, il est reconnu depuis longtemps que le personnel para-professionnel constitué de para-vétérinaires et d'agents zoosanitaires communautaires (AZSC) a permis d'améliorer l'accès des petits éleveurs traditionnels aux services zoosanitaires privés et de réduire le coût de ces prestations. Cette tendance devrait se poursuivre, et la plupart des pays prévoient que le rôle du personnel para-professionnel devrait être amené à se développer.

L'une des préoccupations majeures reste la qualité des services fournis par le personnel para-professionnel et la mauvaise utilisation des médicaments dont ce personnel risquerait d'être responsable. La plupart des pays africains limitent les risques liés aux services assurés par le personnel para-professionnel en mettant en place une législation exigeant que ces personnes exercent sous la supervision d'un vétérinaire.

2. Résistance aux antibiotiques, notamment en aviculture

On craint de plus en plus que le recours aux antimicrobiens en médecine vétérinaire et pour les besoins de l'élevage ne se répercute sur la santé humaine en cas de développement de bactéries résistantes chez les animaux et de transmission à l'homme par la chaîne alimentaire ou l'environnement. Il n'existe cependant encore aucun consensus scientifique sur la responsabilité exacte des antibiotiques administrés aux animaux dans le développement des antibiorésistances et leur transfert à des bactéries humaines.

Tous les Pays Membres de l'OIE en Afrique comptent un grand nombre de petits élevages avicoles. Le recours aux traitements antimicrobiens à visée thérapeutique est minime dans ce secteur et la sélection de bactéries résistantes qui en résulte est par conséquent réduite, voire inexistante. Les pays disposant d'une aviculture industrielle sont en revanche concernés par les mêmes préoccupations que l'hémisphère Nord à propos du risque de dissémination de bactéries résistantes ou de transfert de gènes de résistance à des bactéries susceptibles d'infecter l'homme.

La surveillance des antimicrobiens utilisées pour la production animale n'existe que dans quelques pays. La plupart des pays ont mis en place des procédures administratives en matière d'autorisations de mise sur le marché mais le degré d'application de ces procédures varie considérablement d'un pays à l'autre.

Dans tous les pays, différentes combinaisons de points faibles tels qu'absence de législation, de connaissances, de ressources et l'efficacité des Services vétérinaires ont été identifiées comme des obstacles à l'utilisation prudente des médicaments antimicrobiens.

3. Classification des maladies animales

La Conférence a pris en considération le principe d'une révision des Listes A et B de l'OIE sur les maladies animales, compte tenu du fait que l'actuelle classification de l'OIE des maladies animales en Liste A et Liste B n'a pas été réexaminée récemment et présente donc certaines incohérences, et de la nécessité de mettre l'accent sur la rapidité avec laquelle les maladies se propagent, et de lier cela aux procédures de déclaration.

Il a été recommandé donc que l'OIE envisage de remplacer la classification actuelle des maladies animales, y compris celle des maladies des animaux aquatiques, par une classification des maladies animales en une seule liste mais comportant deux nouvelles catégories :

  • maladies animales à déclaration immédiate (dans les 24 heures), compte tenu de leur capacité de diffusion rapide ;
  • maladies animales à déclaration périodique, au moins annuelle, ou plus fréquente si cela s'avère nécessaire.

Les Recommandations faites à l'issue de cette Conférence devraient permettre de renforcer la coopération entre états africains et de prendre des mesures concrètes pour mieux lutter contres les maladies animales et protéger la santé publique, en Afrique et dans le monde (voir le site Web de l'OIE).

La mise en oeuvre du projet PACE sous l'égide de l'OUA contribuera également à ces objectifs.

Comme suite à la recommandation de la 13e Conférence régionale de l'OIE pour l'Afrique, qui s'est tenue à Dakar (Sénégal) en janvier 1999, et à l'application d'une Résolution du Comité international de l'Office prise le 27 mai 2000, un Accord relatif à l'établissement d'une Représentation régionale de l'OIE pour l'Afrique à Bamako (Mali) a été conclu le 17 octobre 2000. La Représentation pourrait contribuer de façon significative à renforcer la coopération et la solidarité.

La 15e Conférence régionale de l'OIE pour l'Afrique est prévue en Mozambique, au mois de janvier 2003.

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