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L’OMS, l’OIE, la FAO et le GARC appellent à investir pour l’éradication de la rage humaine transmise par les chiens

Nouvel argumentaire démontrant la faisabilité de l’élimination mondiale de la rage

Les organisations leader en matière de lutte contre la rage, l’OMS, l’OIE et la FAO, avec l’aide du GARC, exhortent tous les pays à mettre en œuvre les stratégies d’investissement adéquates pour éliminer la rage humaine. Cette maladie, essentiellement transmise à l’homme par la morsure de chiens infectés, est très répandue dans les pays à faibles revenus, qui disposent de peu – voire d’aucun – programme de prise en charge ou de vaccination des chiens errants. 

Des programmes pilotes ont fait la démonstration flagrante que l’éradication de la rage est possible, essentiellement par le biais de campagnes de vaccination canine à grande échelle, lesquelles doivent être appuyées par un accès plus aisé et immédiat à la prophylaxie post-exposition (traitement après morsure) pour les personnes mordues par un chien suspect d’être porteur du virus. Plus de 95% des cas de rage humaine sont dus à des morsures de chien et, contrairement à bien d’autres pathologies, les outils nécessaires à la prise en charge de cette maladie négligée sont disponibles.

Paris, 28 Septembre 2015 - « On peut prévenir la rage à la source en vaccinant les chiens », note le Dr. Bernadette Abela-Ridder, de l’Unité des zoonoses négligées du Département de lutte contre les maladies tropicales négligées de l'OMS. « Le déclin du nombre de morts humaines causées par la rage reflète assez fidèlement celui des chiens morts de la rage, et nous avons besoin d’investissements pour mettre en œuvre des programmes d’éradication dans les communautés et pays touchés. »

A l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la rage, ce jour, l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), en collaboration avec l’Alliance globale contre la rage (GARC), publient le document intitulé Argumentaire en faveur de l’investissement visant à progresser vers l’élimination de la rage transmise par les chiens, lequel appelle les pays à investir dans des programmes de contrôle à la fois rentables et durables, notamment en ce qui concerne la vaccination à grande échelle des chiens.

La rage, qui est un enjeu majeur de santé publique touchant essentiellement les populations rurales pauvres et marginalisées, continue de tuer des dizaines de milliers de personnes chaque année. Près de 40% des victimes exposées aux morsures de chiens sont des enfants âgés de moins de 15 ans.

La prophylaxie post-exposition (PPE – traitement appliqué immédiatement après une morsure animale) peut être efficace pour prévenir les morts humaines causées par la rage. C’est néanmoins une approche coûteuse et qui ne peut être efficace que sur des individus ayant un accès immédiat à des installations disposant du traitement en question. Il est établi que la vaccination canine à grande échelle est la prévention la plus économique des morts humaines de la rage et de la transmission de la maladie.

En effet, «il suffirait de vacciner 70 % de la population canine des zones touchées par la rage pour éradiquer la rage canine au niveau mondial, et cette solution coûterait beaucoup moins cher que les traitements post-exposition», souligne le Dr Bernard Vallat, Directeur général de l’OIE.

L’Argumentaire en faveur de l’investissement visant à progresser vers l’élimination de la rage transmise par les chiens soutient qu’une victoire sur la rage humaine transmise par les chiens à l’échelle planétaire est possible. Il faut investir afin d’impliquer les communautés et de renforcer les initiatives prises localement pour former des volontaires à mener des campagnes de vaccination canine coordonnées, dans le but de permettre un maillage géographique et plus serré des populations canines dans les pays endémiques.   

L’investissement est également nécessaire au soutien et à la pérennité des programmes de contrôle aux niveaux national et régional. Par exemple, la mise en place de banques régionales de vaccins antirabiques peut appuyer le travail de contrôle fourni par les pays en question. Initialement lancées en Asie, les banques régionales de vaccins de l’OIE, développées par le biais d’appels d’offres internationaux, sont dorénavant également utilisées par l’OMS pour fournir des vaccins antirabiques de haute qualité – fabriqués conformément aux normes prévues par l’OIE – pour la vaccination des chiens dans le sud de l’Afrique et aux Philippines.

Un récent projet pilote mené par l’OMS aux Philippines, en Afrique du Sud, et en République de Tanzanie, a démontré que la vaccination à grande échelle des chiens était en mesure de diminuer considérablement, voire d’éliminer les morts humaines de la rage.

Autre succès, le programme d’élimination de la rage au Bangladesh, où une campagne de vaccination canine à grande échelle entre 2011 et 2013 a permis de réduire de 50 % le taux de morts humaines de la rage. Fort du succès de son programme national d’éradication, le Bangladesh s’est ainsi fixé pour objectif la réduction de 90% du nombre de morts humaines de la rage à la fin de cette année, et son éradication d’ici 2020.

L’Argumentaire en faveur de l’investissement visant à progresser vers l’élimination de la rage transmise par les chiens énumère certaines des conditions nécessaires au succès des programmes de contrôle de la rage : 

  • des vaccins efficaces et sûrs pour les chiens et les humains ;
  • un accompagnement pratique à la mise en œuvre des programmes de contrôle de la rage;
  • des modules de formation et de sensibilisation pour favoriser l’implication de la communauté ;
  • l’existence de systèmes de surveillance et de notification et la collecte de données, cruciaux pour évaluer l’évolution des campagnes de contrôle et d’éradication.

En outre, dans le cadre de l’Alliance tripartite, l’OMS, la FAO et l’OIE se sont engagées, par un partage d’expertise, à soutenir le renforcement capacitaire des pays concernés. La collaboration entre les secteurs de santé humaine et animale par le biais de l’approche « Une seule santé » est indispensable pour réussir, que ce soit au niveau national, régional ou mondial. L’OMS et l’OIE, en collaboration avec la FAO et avec le soutien du GARC, organisent la conférence intitulée « Elimination mondiale de la rage humaine transmise par les chiens: Agissons maintenant !», les 10 et 11 décembre 2015, au siège de l’OMS à Genève, qui réunira des représentants de premier plan issus des ministères de la Santé et des Services vétérinaires, des coordinateurs nationaux de la lutte antirabique, des experts de la santé humaine et vétérinaire, des ONG, et du secteur privé.


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