Organisation Mondiale de la Santé Animale

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Améliorer la qualité des prestations des vétérinaires

Avec 60% des pathogènes humains provenant de l’animal, la profession vétérinaire dans le monde a plus que jamais un rôle décisif à jouer pour protéger à la fois les animaux et les hommes. Elle fait ainsi l’objet de hautes attentes sociétales, auxquelles elle ne pourra répondre qu’en assurant des prestations de très haute qualité. Cet objectif qualitatif ne pourra être atteint qu’à la condition de l’existence, au niveau national, de réseaux vétérinaires publics et privés organisés, s’appuyant sur des professionnels bien formés et bien encadrés.

Les activités des Services Vétérinaires sont un Bien Public Mondial du fait de leur rôle de protecteurs de la santé et du bien-être animal, d’acteurs amont essentiels de la santé publique et de l’innocuité des produits alimentaires (lait, œuf, viandes…) et de la sécurité sanitaire des échanges internationaux. Ils contribuent également à la réduction de la pauvreté au profit des populations rurales des pays en développement par la préservation de leur précieux capital animal, indispensable à leur survie.

Pour remplir au mieux ces missions, la profession dans son ensemble se doit d’assurer des prestations de qualité, ce qui implique un enseignement vétérinaire exemplaire et un renforcement des Organismes statutaires vétérinaires encadrant cette profession, le tout appuyé par une gouvernance adéquate.

Dans cet objectif, l’OIE développe des outils spécifiques en s’appuyant sur le processus PVS (Performance des Services Vétérinaires) mis au point par l’OIE en 2006. Sur demande des pays, l’OIE réalise des missions d’évaluation et d’appui aux performances de leurs services. Fin 2013, plus de 250 missions avaient déjà été réalisés dans le cadre du processus PVS, et ce dans plus de 120 pays.

Ces missions ont révélé des disparités importantes en matière de qualité de l’enseignement vétérinaire et de validité des procédures d’enregistrement, d’accréditation et de supervision des vétérinaires, du fait d’une législation inappropriée relative aux Organismes statutaires vétérinaires. Il est également apparu que de nombreux pays ne possèdent pas d’organisme de ce type ni d’institution équivalente répondant aux Normes de l’OIE en la matière (chapitre 3.2.12 du Code Terrestre).

Le lien entre un enseignement vétérinaire de moindre qualité et absence ou inadéquation du fonctionnement des Organismes statutaires vétérinaires a également été fréquemment observé. Or, le rôle d’un Organisme statutaire vétérinaire (ou Ordre vétérinaire) est de veiller à la qualité, aux compétences et à l’éthique des vétérinaires, éléments indispensables d’une bonne gouvernance vétérinaire nationale.

Dans les situations décrites ci dessus, la profession vétérinaire rencontre de sérieuses difficultés à satisfaire les attentes sociétales, en particulier dans les domaines tels que la santé publique vétérinaire et la sécurité sanitaire des denrées alimentaires.

Forts de ces observations et déductions, les 178 Pays Membres de l’OIE ont estimé prioritaire de favoriser l’harmonisation et l’amélioration mondiales du niveau de formation vétérinaire, et d’inciter à la création ou au renforcement des Organismes statutaires vétérinaires dans tous les Pays Membres.

Vers l’harmonisation de la formation vétérinaire à l’échelle mondiale et le renforcement des Organismes statutaires vétérinaires

Depuis 2009, un cycle de conférences mondiales de l’OIE ainsi que la constitution d’un groupe ad hoc composé d’experts venus des cinq continents ont permis d’avancer sur ces sujets.

En décembre dernier à Foz de Iguazu (Brésil), la 3ème conférence mondiale sur l’enseignement vétérinaire et le rôle des Organismes statutaires vétérinaires a réuni plus de 1 000 participants venus de 110 pays, rassemblant pour chacun des Pays Membres de l’OIE des représentants des membres d’organismes statutaires vétérinaires, des doyens d’établissements d’enseignement vétérinaire et les responsables des Services vétérinaires.

A ce jour, les travaux de l’OIE ont abouti d’une part à l’adoption par l’Assemblée Mondiale des Délégués nationaux des Pays Membres de l’OIE d’un chapitre du Code Terrestre de l’OIE sur la qualité des Organismes Statutaires Vétérinaires (chapitre 3.2.12 du Code Terrestre), et d’autre part à l’appui par cette même Assemblée de lignes directrices:

  • sur les compétences minimales attendues des jeunes diplômés en médecine vétérinaire pour garantir la qualité des Services Vétérinaires nationaux (2012),
  • sur le cursus de formation initiale vétérinaire (2013).

Ces normes et recommandations s’appliquent à tous les Pays Membres indépendamment de leurs conditions sociétales, économiques et politiques.

Vers un développement de l’entraide mutuelle et du partage des connaissances

Les progrès à accomplir étant variables selon les régions du monde et afin de mieux accompagner les pays qui le souhaitent, l’OIE a développé des programmes de « jumelages », à des fins d’entraide mutuelle entre Pays Membres.
Deux types de jumelage ont été à ce jour définis sur ces thématiques :

  • des projets de jumelage entre établissements d’enseignement vétérinaire Nord-Sud ou Sud-Sud (2013)
  • des projets de jumelage entre les Ordres Vétérinaires (2013)

Ces programmes sont financés par le Fonds Mondial de l’OIE pour la santé et le bien-être animal, et sont l’occasion de favoriser les échanges entre enseignants, étudiants et organismes statutaires des pays membres de l’OIE.

La mise en place de liens synergiques entre un enseignement vétérinaire de haut niveau et une profession vétérinaire organisée dotée d’Organismes statutaires stables sera privilégiée au sein de tous les Pays Membres de l’OIE.

La qualité de l’enseignement vétérinaire et le renforcement des Organismes statutaires vétérinaires sont des piliers majeurs de la bonne gouvernance et de la qualité des Services Vétérinaires dans le monde. L’engagement des Pays Membres pour soutenir l’application des normes et lignes directrices développées par l’OIE est en ce sens indispensable. Protéger les animaux, c’est préserver notre avenir.

Contact : media@oie.int

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