Organisation Mondiale de la Santé Animale

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Prévenir et contrôler les maladies des animaux aquatiques : que fait l’OIE ?

La production en milieu aquatique d’animaux destinés à la consommation humaine est en pleine expansion dans le monde. Les volumes produits sont en passe de dépasser ceux qui sont issus de captures ou de collecte dans le milieu naturel.

Les animaux aquatiques concernés par l’aquaculture sont les poissons, les mollusques, les crustacés et les amphibiens.  Leur élevage, du fait de l’action de l’homme, fait appel à des techniques de plus en plus sophistiquées. La sélection génétique joue un rôle important pour augmenter la productivité des élevages aquacoles.

De ce fait, les échanges de géniteurs ou de matériel génétique se sont mondialisés en même temps que les exportations de produits aquacoles destinés à la consommation. Ceci a favorisé la mondialisation des pathogènes s’attaquant aux animaux aquatiques. Des pertes considérables liées aux maladies importées ont été brutalement subies par certaines filières (crevettes, saumons), plusieurs d’entre elles ayant connu de véritables désastres économiques et sociaux à l’issue de ces épizooties.

Des analystes estiment que les pertes liées aux maladies en général dans le secteur aquacole dépassent actuellement en moyenne 25% dans le monde. Ceci peut s’expliquer par le fait que ces filières aquacoles sont de création assez récente. On a assisté à un réel décalage chronologique entre l’essor de ces filières et la mise en place de normes sanitaires internationales et nationales pour prévenir et contrôler les maladies des animaux aquatiques.  
Ce décalage a également été constaté vis-à-vis des solutions proposées par les résultats des recherches scientifiques et les outils disponibles pour contrer ces maladies, souvent aggravées par certains effets du changement climatique (par exemple le réchauffement des eaux) ou de la pollution (acidification des eaux liée au CO2).

L’OIE a réagi à travers plusieurs axes principaux pour faire face à toutes ces évolutions préoccupantes, dans un monde où la production de protéines nobles est cruciale, notamment lorsqu’elle se substitue aux prélèvements non durables effectués sur les ressources naturelles et pouvant porter atteinte à la biodiversité.

La première étape a été d’établir une liste de maladies des poissons, des mollusques, des crustacés et des amphibiens ayant une importance pour la production aquacole et pour la sécurité sanitaire du commerce international ayant trait au matériel génétique et aux produits aquacoles destinés à la consommation humaine et animale.

Pour chacune des maladies listées, l’OIE a préparé et proposé à l’adoption par ses Membres des normes destinées à la surveillance et à la détection de ces maladies et à l’analyse du risque les concernant. Ces normes sont préparées par une Commission spécialisée de l’OIE élue par les Pays Membres et sont publiées dans le Code sanitaire pour les animaux aquatiques de l’OIE. L’OIE a aussi complété ces normes par des méthodes normalisées de laboratoire destinées à identifier et caractériser les différents pathogènes impliqués dans les maladies listées. Ces normes sont publiées dans le Manuel des tests de diagnostic pour les animaux aquatiques de l’OIE.  
Ces recueils de normes sont actualisés chaque année après un vote des Pays Membres. Ils sont utilisés par les Pays Membres pour établir les mesures nationales destinées à prévenir, surveiller et contrôler les maladies et, pour protéger les territoires d’introductions indésirables sans pour autant utiliser des mesures sanitaires injustifiées. Ces normes sont reconnues comme références par l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Un autre axe d’intervention est la promotion des systèmes sanitaires publics et privés responsables de la gestion de la situation sanitaire des animaux aquatiques dans chaque Pays Membre. Il s’agit de la composante publique et privée des Services vétérinaires mais aussi de toute autorité compétente ayant reçu cette mission de la part de son Gouvernement. L’OIE a préparé et soumis à l’adoption de ses Pays Membres des normes portant sur la qualité et l’évaluation de l’efficacité des Services vétérinaires ou de toute autorité compétente  nationale. Sur la base de ces normes, un outil d’évaluation de la conformité de ces services aux normes de qualité a été réalisé.  L’OIE propose à ses Pays Membres, sur une base strictement volontaire, une évaluation conduite par des experts indépendants formés et accrédités par l’OIE (procédure dite PVS). Le rapport de ces experts est la propriété du pays concerné qui peut l’utiliser au niveau national mais aussi international pour rechercher des ressources externes pour se conformer si nécessaire aux normes.

La procédure PVS inclut aussi pour le pays concerné la possibilité après la première évaluation PVS de demander à l’OIE de chiffrer le coût des investissements à réaliser pour se mettre en conformité (missions d’appui dite d’analyse des écarts) ou un appui pour moderniser sa législation sanitaire. Plus de 110 pays utilisent ce dispositif de l’OIE mais un nombre restreint de pays l’ont réclamé pour le moment pour le dispositif spécifique élaboré par l’OIE pour les systèmes nationaux s’appliquant aux animaux aquatiques.

L’OIE a également demandé à chacun des Délégués nationaux représentant les Pays Membres de nommer un point focal national pour les maladies des animaux aquatiques chargé, qu’il appartienne ou non au même Ministère que le Délégué, d’appuyer ce dernier  pour participer à l’adoption ou à la révision des normes de l’OIE pour la santé et le bien-être des animaux aquatiques mais aussi pour répondre à ses obligations en tant que Membre de l’OIE (notification des maladies, respect des normes pour le commerce international par exemple).

Ces points focaux reçoivent des informations de la part de l’OIE pour appuyer leurs actions notamment à travers des séminaires régionaux réguliers organisés au bénéfice des points focaux des 178 Pays Membres de l’OIE. Ces séminaires leur permettent aussi de se constituer en réseaux régionaux ou mondiaux pour échanger les informations, les expériences et animer la coopération entre pays qui le souhaitent.

Enfin l’OIE propose à tous les Pays Membres de veiller à ce que les programmes incluent des notions de base sur la santé des animaux aquatiques dans tous les établissements d’enseignement vétérinaire dans le monde.

Afin de rendre toutes ces opportunités publiques au niveau mondial et d’en renforcer l’application, l’OIE a organisé une Conférence mondiale à Panama en 2011 sur la santé des animaux aquatiques et les méthodes de prévention et de contrôle des maladies, à laquelle ont participé plus de 110 pays qui ont voté une résolution encourageant l’OIE à multiplier ses efforts dans les domaines précités (http://www.oie.int/eng/A_aquatic/fr_presentations.htm).
Cette reconnaissance permet à l’OIE de poursuivre dans les voies entreprises et de rechercher auprès des donateurs internationaux les ressources nécessaires pour appuyer les pays en développement d’autant plus que l’intérêt des pays développés indemnes de maladies est de se protéger des sources d’infection en aidant ceux qui ont encore des problèmes sanitaires à les régler rapidement.  

Contact : media@oie.int

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