Organisation Mondiale de la Santé Animale

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Accueil > Santé animale dans le monde > Informations sur les maladies des animaux terrestres et aquatiques

EN BREF

  • La fièvre aphteuse est une maladie animale transfrontalière grave (TAD), qui affecte sévèrement la production de bétail et perturbe le commerce régional et international des animaux et de leurs produits.
  • Selon les estimations, cette maladie circule au sein de 77 % du bétail au niveau mondial, en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie, ainsi que dans une zone restreinte d'Amérique du Sud ; les pays actuellement indemnes demeurent sous la menace constante d'une incursion de la maladie.
  • 75 % des dépenses liées à la prévention et à la lutte contre la fièvre aphteuse ont lieu dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire inférieur. L'Afrique et l'Eurasie sont les régions qui enregistrent les dépenses les plus importantes, représentant respectivement 50 % et 33 % des dépenses totales.
  • Le taux de morbidité peut avoisiner 100 % chez les populations bovines sensibles.
  • Depuis 2012, une stratégie mondiale de lutte contre la fièvre aphteuse a été adoptée.

 

Qu'est-ce que la fièvre aphteuse ?

La fièvre aphteuse est une maladie virale grave du bétail, hautement contagieuse, qui entraîne des répercussions économiques significatives. La maladie touche les bovins et les porcs, ainsi que les ovins, les caprins et d’autres artiodactyles.

Les animaux soumis à des systèmes d’élevage intensifs sont plus sensibles à la maladie que ceux des élevages traditionnels. La maladie est rarement fatale chez les animaux adultes mais la mortalité est souvent élevée chez les jeunes en raison de la survenue d’une myocardite ou par défaut d’allaitement si leur mère est atteinte par la maladie.

La fièvre aphteuse se caractérise par une hyperthermie et provoque des lésions qui ressemblent à des vésicules sur la langue, les lèvres, dans la cavité buccale, sur les trayons et entre les onglons. La maladie est à l’origine de graves pertes de production et bien que la majorité des animaux surmonte la maladie, celle-ci les laisse souvent affaiblis et débilités.

Le micro-organisme responsable de la fièvre aphteuse est un aphtovirus de la famille des Picornaviridés. Il existe sept souches de virus (A, O, C, SAT1, SAT2, SAT3, Asia1), endémiques des troupeaux domestiques dans différentes régions du monde. Chaque souche requiert une souche vaccinale spécifique pour assurer l’immunité d’un animal vacciné.

Les sept sérotypes ont également été détectés au sein de la faune sauvage bien que cette dernière ne joue pas un rôle majeur dans la persistance de la maladie . À ce jour, le seul réservoir confirmé dans la faune sauvage est celui du buffle d'Afrique (Syncerus caffer).

La fièvre aphteuse est une maladie répertoriée dans la Liste des maladies de l'OIE et doit faire l'objet de notifications obligatoires auprès de l'Organisation, selon les modalités du Code sanitaire pour les animaux terrestres.

Il s'agit de la première maladie pour laquelle l'OIE a établi une procédure de reconnaissance officielle de statut sanitaire. Les Pays Membres peuvent également demander à l’OIE la reconnaissance officielle de leurs programmes de contrôle.

 

Transmission et propagation

Le virus de la fièvre aphteuse est retrouvé dans toutes les excrétions et sécrétions des animaux contaminés. Les animaux infectés expirent notamment de grandes quantités de virus sous forme d’aérosols qui peuvent infecter d’autres animaux par les voies respiratoires ou par voie orale.

Il peut être présent dans le lait et dans la semence jusqu’à 4 jours avant l’apparition des signes cliniques.

La gravité de la fièvre aphteuse est due à la facilité de propagation du virus par les modes suivants :

  • introduction de la maladie dans un troupeau par de nouveaux animaux transportant le virus (dans la salive, le lait, la semence, etc.);
  • utilisation d’enclos, de bâtiments ou de véhicules contaminés pour héberger et transporter des animaux sensibles ;
  • présence de matériels contaminés tels que foin, aliments, eau, lait ou produits biologique ;
  • port de vêtements ou de chaussures contaminés ou utilisation d’équipements contaminés pouvant transporter et transmettre le virus d'un troupeau à l'autre ;
  • distribution à des animaux sensibles de viande, de produits d’origine animale, d’aliments crus ou mal cuits, contaminés par le virus ;
  • dissémination virale par des aérosols transportés par l’air à partir d’une exploitation contaminée.

Les animaux qui ont guéri de l’infection sont parfois porteurs du virus et à l'origine de nouveaux foyers de la maladie.

 

Risque pour la santé publique

La fièvre aphteuse n’est pas transmissible à l’homme et ne constitue pas un risque pour la santé publique.

 

Signes cliniques

La gravité des signes cliniques dépendra de la souche virale, de l'importance de l'exposition au virus, de l'âge des animaux, de l'espèce touchée ainsi que de l'immunité de l'animal hôte. Le taux de morbidité peut atteindre 100 % chez les populations sensibles mais la mortalité est habituellement faible chez les animaux adultes (1-5 %) et légèrement plus élevée pour les jeunes veaux, les agneaux et les porcelets (20 % ou plus). La période d'incubation est de 2 à 14 jours.

Les signes cliniques varient de léger ou inapparent à sévère : ils sont plus sévères chez les bovins et les porcins soumis à des systèmes d'élevage intensifs que chez les ovins et les caprins.

Ils se traduisent typiquement par des lésions (vésicules) au niveau du nez, de la langue, des lèvres, de la cavité buccale, dans les espaces interdigités, au-dessus des onglons, sur les trayons et aux points de compression sur la peau. La rupture des vésicules peut provoquer une très forte boiterie chez les animaux qui ont tendance à ne plus vouloir bouger ni manger. Les vésicules guérissent généralement en 7 jours (ou plus), mais des complications telles qu'une contamination bactérienne secondaire des vésicules ouvertes peuvent survenir.

Il existe d'autres symptômes fréquents tels que l'hyperthermie, la dépression, l'hypersalivation, la perte d’appétit et de poids, le retard de croissance et la chute de la production de lait qui peuvent persister après la guérison. Une diminution globale de 80 % affecte la production de lait des animaux chroniquement touchés. L’état de santé des jeunes veaux, agneaux et porcelets peut être compromis par le manque de lait chez les mères infectées.

La mort peut survenir avant l’apparition des vésicules en cas de myocardite multifocale. Une myosite peut également être observée au sein d'autres organes.

Des informations plus complètes sur la maladie figurent dans la fiche technique de l'OIE consacrée à la fièvre aphteuse.

 

Diagnostic

La maladie peut être suspectée d’après les signes cliniques. Cependant, le virus de la fièvre aphteuse ne se distingue pas cliniquement d'autres maladies vésiculeuses telles que la maladie vésiculeuse du porc, la stomatite vésiculeuse et l'éxanthème vésiculeux.

La confirmation de tout cas suspect de fièvre aphteuse par des épreuves de laboratoire est donc indispensable. La description des tests de laboratoire nécessaires est accessible dans le Manuel terrestre (en anglais) de l'OIE.

 

Prévention et contrôle

La phase initiale de la Stratégie mondiale de lutte contre la fièvre aphteuse (en anglais) comporte des systèmes de détection et d’alerte précoces ainsi que des mesures de surveillance efficaces prises conformément aux Lignes directrices de l’OIE détaillées dans le Code terrestre. Ce dispositif contribue à surveiller l’apparition et la prévalence des virus aphteux et permet de les caractériser.

La mise en œuvre de la stratégie de lutte contre la fièvre aphteuse varie d'un pays à l'autre et dépend de la situation épidémiologique de la maladie :

  • Dans les pays où la maladie survient ponctuellement, les foyers sont généralement combattus par la mise en place d'une campagne de vaccination d'urgence, de mesures zoosanitaires rigoureuses et par l'abattage des troupeaux infectés.
  • Dans les pays endémiques, la vaccination est généralement réservée aux animaux de valeur, les vaches laitières et buffles et/ou bien la vaccination en anneau est pratiquée lors foyers de maladie. L'abattage sanitaire des animaux d'élevage sensibles peut être utilisé en complément de la vaccination.

Des mesures de contrôle et de surveillance strictes portant sur les importations et les déplacements transfrontaliers d’animaux permettent de renforcer la protection des pays et des zones indemnes de fièvre aphteuse. Des recommandations applicables au contrôle de la fièvre aphteuse dans le cadre d'échanges commerciaux internationaux sont aussi mentionnées dans le Code terrestre de l'OIE.

Il est essentiel que les éleveurs et les producteurs respectent des pratiques de biosécurité efficaces pour empêcher l’introduction et la propagation du virus.

Mesures recommandées au niveau des exploitations :

  • contrôle des contacts des personnes et des matériels avec les animaux d’élevage
  • contrôle de l’introduction des nouveaux animaux dans les élevages existants ;
  • respect des règles d’hygiène applicables aux enclos, bâtiments, véhicules et équipements ;
  • surveillance et déclaration des cas de maladie ;
  • méthode adaptée d’élimination du fumier et des carcasses.

Les plans d’urgence sanitaire mis en place en cas de foyers identifieront les éléments de la riposte visant à l’éradication, à savoir :

  • abattage dans des conditions décentes de tous les animaux contacts infectés, guéris et sensibles à la fièvre aphteuse ;
  • élimination correcte des animaux morts et de tous les produits d’origine animale ;
  • surveillance et traçabilité des animaux d’élevage potentiellement infectés ou exposés
  • mesures strictes de quarantaine et de contrôle des déplacements des animaux d’élevage, des équipements et des véhicules ;
  • désinfection rigoureuse des bâtiments et de tout le matériel contaminé (instruments, voitures, vêtements, etc.)

Recours à la vaccination

En fonction de la situation virale et afin d'en limiter l'impact, les stratégies de vaccination peuvent reposer sur une couverture vaccinale massive ou viser des sous-populations animales ou zones spécifiques. Les programmes de vaccination appliqués au sein d'une population cible devraient répondre à plusieurs critères essentiels, notamment :

  • couverture vaccinale d'au moins 80 % de la population ;
  • réalisation complète des campagnes dans la période de temps la plus courte possible ;
  • planification de la vaccination devant permettre l'interférence de l'immunité maternelle ;
  • administration des vaccins selon la posologie prévue et par des voies d'administration adaptées;

Les vaccins doivent aussi satisfaire les normes de l'OIE en matière de puissance et de sécurité sanitaire, et la ou les souches présentes dans le vaccin doivent posséder les mêmes caractéristiques antigéniques que les souches en circulation sur le terrain.

Il est fortement recommandé d'utiliser à des vaccins à virus inactivé qui n'ont pas la capacité de se reproduire une fois dans l'organisme des animaux vaccinés, contrairement aux vaccins à virus vivants auxquels il ne convient pas de recourir en raison du risque de réversion vers la virulence qu'ils représentent.

La vaccination demeure l'un des éléments constitutifs d'une stratégie de lutte efficace contre la fièvre aphteuse. La décision de recourir à la vaccination incombe à chaque état.

Pour plus d'informations sur la vaccination contre le virus de la fièvre aphteuse, consulter la FAQ associée.

 

Distribution géographique

La fièvre aphteuse est endémique dans certaines parties de l’Asie et la majeure partie de l’Afrique et du Moyen-Orient. La majorité des pays d’Amérique latine ont appliqué des mesures de zonage et sont reconnus comme étant indemnes de fièvre aphteuse avec ou sans vaccination.

L’Australie, la Nouvelle-Zélande et l’Indonésie, l’Amérique centrale, l’Amérique du Nord et l’Europe occidentale sont actuellement indemnes de fièvre aphteuse. Cependant, celle-ci est une maladie transfrontalière qui peut survenir de manière ponctuelle dans des zones habituellement indemnes.

 

Statut indemne

La fièvre aphteuse est la première maladie pour laquelle l’OIE a établi une liste officielle de pays, de zones et de compartiments indemnes par le biais d'une procédure transparente, scientifique et impartiale.

Statuts existants au regard de la fièvre aphteuse :

  • indemne de fièvre aphteuse sans vaccination (pays ou zone) ;
  • indemne de fièvre aphteuse avec vaccination (pays ou zone).

Les Pays Membres peuvent également demander à l’OIE une reconnaissance officielle de leurs programmes de contrôle.

Les informations détaillées concernant l'attribution, la confirmation, la suspension ou le recouvrement du statut officiel de la fièvre aphteuse et du programme officiel validé de contrôle de la fièvre aphteuse sont accessibles ici, y compris les Procédures officielles normalisées.

 

Dernière mise à jour : XX/08/2018


1 Karesh, W. (2012), Wildlife and FMD. A look from the Wild Side. (Faune sauvage et fièvre aphteuse. Perspective). [En ligne] https://www.oie.int/doc/ged/D12147.PDF (consulté le 05/07/2018)

 

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