Organisation Mondiale de la Santé Animale

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Étiologie de la maladie à virus Ebola

La maladie à virus Ebola, également connue sous le nom de fièvre hémorragique Ebola, est considérée comme une maladie zoonotique émergente. Il s’agit d’une maladie contagieuse grave qui touche les humains ainsi que les primates non humains. Elle se transmet à l’humain par le contact direct avec des tissus, du sang, d’autres liquides biologiques ou des excrétions d’un humain ou d’un animal infecté. L’agent responsable est classé dans le genre Ebolavirus de la famille Filoviridae.

Le premier foyer de la maladie a été rapporté au Zaïre (aujourd’hui la République démocratique du Congo (RDC)) en 1976 et l’agent étiologique a reçu le nom de la rivière Ebola voisine.

Il existe plusieurs espèces du genre Ebolavirus (EBV), qui comprennent Zaïre (EBOV), Soudan (SUDV), Bundibugyo (BDBV), Reston (RESTV) et Forêt de Taï (TAFV). Toutes ont été détectées en Afrique uniquement, à l’exception de RESTV. Ce dernier virus a été isolé en 1989-90 à Reston, Virginie (USA) chez des macaques importés des Philippines. En 2008, des tests effectués chez des porcs dans des exploitations porcines près de Manille (Philippines) ont également donné des résultats positifs pour RESTV.

Il est impossible de distinguer morphologiquement le virus apparenté Marburg, du genre Marburgvirus, qui provoque des symptômes similaires au virus Ebola.

 

Apparition

Jusqu’en 2013, la maladie à virus Ebola est principalement apparue dans les zones reculées des forêts tropicales d’Afrique centrale et de l’Est (RDC, Soudan, Gabon, République du Congo et Ouganda). La seule infection alors connue en Afrique de l’Ouest était un épisode limité du virus Ebola Forêt de Taï (TAFV) en Côte d’Ivoire en 1994. Cependant, une épidémie grave ayant commencé en 2013-14 a atteint une grande partie de l’Afrique de l’Ouest (principalement la Guinée, la Sierra Leone et le Libéria). Pour la première fois, l’épidémie a pénétré dans des zones densément peuplées, dont des capitales, accroissant ainsi le risque d’une propagation plus vaste. Depuis 2014, trois nouveaux foyers sont apparus en République démocratique du Congo.

 

Hôtes naturels

Le réservoir naturel d’Ebola n’a pas encore été confirmé. Néanmoins, les résultats d’études de terrain, la recherche en laboratoire ainsi que des enquêtes épidémiologiques menées en Afrique semblent clairement indiquer que certaines chauves-souris frugivores (roussettes) pourraient être des hôtes naturels du virus EBOV et sont actuellement considérées comme le réservoir animal principal. En effet, les résultats de recherche permettent de penser que certaines espèces de chauves-souris pourraient être porteuses du virus sans présenter de signes cliniques de la maladie.

Le virus apparenté Marburg a été isolé chez des roussettes (Roussettus aegyptiacus) en Ouganda.

 

Sensibilité des espèces animales

Les virus Ebola ont également été détectés chez des espèces telles que les primates non humains (grands singes et singes) et les céphalophes (petites antilopes sauvages). Toutefois, les primates non humains ne sont pas considérés comme des hôtes naturels en raison de leur haute sensibilité au virus et de leur taux de mortalité élevé en cas d’infection. Même si la source de l’infection chez les primates non humains et les céphalophes reste floue, la plupart des données disponibles indiquent une infection directe par un ou plusieurs hôtes naturels ou leurs excrétions.

La sensibilité des porcs au virus Ebola a été démontrée en laboratoire, mais leur rôle dans l’épidémiologie de la maladie n’est pas clair. Des anticorps au virus Ebola ont été détectés chez les chiens. À ce jour, rien ne prouve que les animaux domestiques jouent un rôle épidémiologique actif dans la transmission de la maladie aux humains.

 

Introduction dans les populations humaines

À l’origine, la maladie à virus Ebola s’introduit dans les populations humaines par le contact des humains avec des animaux sauvages infectés ; elle est ainsi la plupart du temps associée à la chasse, au ramassage d’animaux sauvages malades ou morts ainsi qu’à la manipulation ou à la consommation de viande de brousse crue. Dans les zones rurales, les roussettes sont une source populaire de viande pour la consommation humaine et sont préparées à la main avant d’être séchées, fumées et/ou cuites. La consommation de fruits sauvages contaminés par la salive ou les matières fécales de chauves-souris constitue une autre voie présumée de transmission à l’humain.

 

La maladie Ebola chez les humains

Lorsque des foyers de la maladie existent chez les humains, la transmission interhumaine provient du contact avec des liquides biologiques ou des sécrétions d’une personne infectée.

Pour toute information concernant Ebola chez les humains, veuillez consulter le site Internet et l’aide-mémoire de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) sur la maladie à virus Ebola ainsi que le site Internet du CDC.

 

Notification à l’OIE

Le virus Ebola ne figure actuellement pas parmi les maladies de la Liste de l’OIE.

Cependant, conformément au chapitre 1.1 Notification des maladies, des infections et des infestations, et communication des informations épidémiologiques du Code sanitaire pour les animaux terrestres de l’OIE, les Autorités vétérinaires doivent notifier à l’OIE en tant que maladie émergente (article 1.1.4.) la détection de la maladie à virus Ebola ou l’infection chez des animaux (animaux domestiques ou espèces sauvages répondant aux critères de la définition de l’OIE d’une « maladie émergente »).

Il convient également de signaler volontairement le virus Ebola comme « Infection à filovirus » dans le rapport annuel sur les maladies de la faune sauvage.

Une MALADIE ÉMERGENTE désigne une nouvelle apparition, chez un animal, d’une maladie, d’une infection ou d’une infestation ayant des répercussions significatives sur la santé animale ou humaine et résultant : a) de la modification d’un agent pathogène connu ou de sa propagation à une nouvelle aire géographique ou à une nouvelle espèce, ou b) d’un agent pathogène non identifié antérieurement ou d’une maladie diagnostiquée pour la première fois.

 

Mise à jour: 12/06/2018

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