Antibiorésistance

À propos de l’antibiorésistance

Les agents antimicrobiens sont des médicaments utilisés pour traiter les infections, en particulier celles qui sont d’origine bactérienne. Ces médicaments sont essentiels pour préserver la santé humaine, la santé animale, ainsi que le bien-être animal. Leur utilisation excessive ou non appropriée peut entraîner l’apparition de bactéries résistantes à leur action, comme cela a pu s’observer au cours des dernières décennies. Ce phénomène, appelé antibiorésistance, qui met en danger le contrôle des maladies dans le monde, est une préoccupation de premier plan pour la santé humaine, comme pour la santé animale et fait l’objet du Groupe de travail de l’OIE sur la résistance aux agents antimicrobiens (RAM).

C’est en garantissant l’utilisation responsable et prudente de ces médicaments précieux chez les animaux, dans le respect des normes intergouvernementales de l’OIE, que nous pourrons conserver leur efficacité.

Pour ce faire, des actions cordonnées entre les secteurs de santé humaine, de la santé animale et de l’environnement sont indispensables.

Les vétérinaires font partie de la solution : ils doivent pour cela être bien formés et bien encadrés par des Organismes statutaires vétérinaires créés par la loi.

Les agents antimicrobiens sont un Bien Public mondial.

Nous avons chacun notre rôle à jouer dans la lutte contre l’antibiorésistance et ainsi préserver l’efficacité de ces précieuses molécules, et par là même, notre futur.


Semaine mondiale pour un bon usage des antimicrobiens
Cette semaine a pour objectif de sensibiliser aux risques sanitaires liés à la résistance aux antimicrobiens et d’encourager l’application de bonnes pratiques en la matière afin de limiter l’émergence et la dissémination de la résistance  à travers le monde.

Parallèlement à l’utilisation massive d’antimicrobiens en santé humaine et animale ces dernières décennies, le monde fait face à une accélération de l’émergence des résistances antimicrobiennes. Or la découverte de nouveaux traitements n’est pas suffisante pour lutter contre les bactéries, organismes responsables de maladies parfois graves chez l’homme et chez l’animal.

La mondialisation des échanges de marchandises alimentaires, du tourisme classique ou médical permettent de plus aux bactéries résistantes existantes ou en devenir de coloniser facilement toute la planète quelles que soient les mesures préventives appliquées localement : les comportements à risque d’un pays sont donc susceptibles de mettre en péril l’efficacité et la disponibilité des antibiotiques sur l’ensemble de la planète.


Préserver l’efficacité des agents antimicrobiens

L’antibiorésistance porte une menace sanitaire mondiale : ses conséquences, directes et indirectes peuvent nuire à la santé humaine et à la santé animale.

Pour ce qui est du secteur de la santé animale, l’utilisation des produits vétérinaires, dont celle des agents antimicrobiens est essentielle pour les raisons suivantes :

  • Garantir la santé et le bien-être animal, sachant que les maladies animales peuvent générer des pertes de production s’élevant à 20 % ;
  • Contribuer à la sécurité alimentaire, puisque la croissance de la population mondiale induit une augmentation des besoins en protéines animales de haute qualité, que l’on trouve par exemple dans les œufs, la viande et le lait ;
  • Protéger la santé publique, puisque plus de 60 % des maladies animales infectieuses sont transmissibles à l’homme.

Pour toutes ces raisons, les agents antimicrobiens constituent un Bien public mondial, et préserver leur efficacité demeure crucial.

Raisonner et encadrer l’utilisation des agents antimicrobiens

L’OIE préconise des politiques permettant un maillage vétérinaire minimal pour assurer une surveillance sanitaire animale efficace garantissant la détection précoce des épizooties potentielles (y compris des zoonoses) et la réaction rapide pour les cantonner à leur lieu d’émergence. Ce maillage permet par ailleurs de garantir un niveau général de santé des animaux facilitant l’utilisation judicieuse, appropriée et limitée des produits vétérinaires tels que les antibiotiques.

L’OIE prône une utilisation responsable et prudente des agents antimicrobiens, sous la supervision de vétérinaires bien formés et bien encadrés par des ordres statutaires vétérinaires. Dans ce contexte, l’Organisation publie des normes intergouvernementales, des lignes directrices et des recommandations à destination des Services vétérinaires de ses Pays membres.

Surveiller l’utilisation des agents antimicrobiens chez les animaux

Dans de nombreux pays y compris développés, les agents antimicrobiens sont largement disponibles à tous, directement ou indirectement, sans guère de restriction relative aux conditions appropriées d’importation, de fabrication, de distribution et d’usage des produits vétérinaires, y compris les agents antimicrobiens. Ces produits circulent ainsi sans contrôle comme des marchandises ordinaires et sont souvent frelatés.

En outre, il n’existe pas à ce jour de système de surveillance harmonisé de l’utilisation et de la circulation des agents antimicrobiens chez les animaux dans le monde. Le recueil de telles informations permettra aux pays de mieux maîtriser la qualité et l’efficacité des produits qui sont utilisés. C’est dans ce contexte que l’OIE a été mandaté par ses Pays membres pour collecter ces informations manquantes et établir une base de données mondiale pour le suivi de l’utilisation des agents antimicrobiens chez les animaux. Associée, à terme, au système mondial d’information zoosanitaire de l’OIE, (OIE-WAHIS), cette base de données facilitera l’analyse et le contrôle de l’origine des médicaments importés, en améliorant leur traçabilité par les Pays membres de l’OIE.

Développer des traitements alternatifs aux antibiotiques

L’OIE soutient les nouvelles recherches sur les alternatives aux antibiotiques (notamment les vaccins) et a notamment accueilli un Symposium international sur le sujet en 2012, organisé par l’Alliance internationale pour la normalisation biologique (IABS) et le Ministère de l’Agriculture des États-Unis d’Amérique (USDA).

L’antibiorésistance est un problème de santé humaine et animale de dimension mondiale influencé par l’utilisation des agents antimicrobiens aussi bien en médecine humaine que vétérinaire et dans le domaine phytosanitaire. Il incombe donc aux secteurs de la santé humaine, animale et végétale d’associer leurs efforts afin de prévenir ou de minimiser la pression sélective favorisant cette résistance chez les micro-organismes pathogènes qui affectent l’homme ou toute autre espèce.

L’OIE, travaille activement depuis plus de dix ans sur le thème des produits à usage vétérinaire (agents antimicrobiens inclus) et a élaboré une stratégie cohérente dans ce domaine.

L’antibiorésistance constituant une problématique commune en santé animale et humaine, l’OIE travaille en étroite collaboration avec ses Pays membres, l’OMS, la FAO et la Commission du Codex Alimentarius.

À l’issue des deux ateliers FAO/OIE/OMS consacrés à l’utilisation non humaine des agents antimicrobiens et à la résistance antimicrobienne, tenus respectivement en 2003 (sur l’évaluation scientifique) et en 2004 (sur les stratégies de gestion), l’OIE a élaboré une liste des agents antimicrobiens importants en médecine vétérinaire, parallèlement à celle préparée par l’OMS pour la médecine humaine.

Stratégie de l’OIE

En 2016, la 84e Assemblée générale de l’OIE a adopté à l’unanimité la Résolution n° 36, qui donne pour mission à l’OIE de regrouper ses actions concernant la RAM au sein d’une stratégie. En novembre 2016 la Stratégie de l’OIE sur l’antibiorésistance et l’usage prudent des agents antimicrobiens a été publié. S’inscrit dans la droite ligne du Plan d’action mondial de l’OMS et donne toute sa place à l’approche « Une seule santé » qui prend en compte la santé humaine et animale et les besoins de l’agriculture et de l’environnement. Cette stratégie précise les objectifs et leviers avec lesquels l’OIE apporte son aide aux Pays membres dans leur lutte contre l’antibiorésistance, et qui favorisent l’appropriation et la mise en œuvre des normes internationales à l’échelle nationale.

Normes intergouvernementales de l’OIE

L’OIE encourage une utilisation responsable et prudente des agents antimicrobiens chez les animaux terrestres, de manière à préserver leur efficacité thérapeutique et à pouvoir continuer à les utiliser sans risque chez l’animal comme chez l’homme.

L’OIE a élaboré des normes intergouvernementales relatives à l’antibiorésistance et au contrôle des quantités d’antimicrobiens utilisés en production animale. L’OIE a également élaboré des normes et des lignes directrices afin de fournir à ses Pays membres des méthodes leur permettant d’apprécier de manière appropriée le risque d’émergence ou de propagation de bactéries résistantes résultant de l’utilisation des agents antimicrobiens chez les animaux élevés pour l’alimentation humaine.

Leurs textes couvrent aussi bien les animaux terrestres qu’aquatiques et figurent dans les ouvrages suivants :

Ces normes sont régulièrement mises à jour afin de tenir compte des plus récentes évolutions scientifiques (dernières mise à jour en mai 2015).

Base de données mondiale sur les agents antimicrobiens destinés à être utilisés chez les animaux

Dans le cadre du Plan d’action mondial sur l’antibiorésistance (RAM), l’OIE, au sein d’une collaboration tripartite avec le soutien de la FAO et de l’OMS, a décidé de conduire la réalisation d’une base de données mondiale sur les agents antimicrobiens destinés à être utilisés chez les animaux. Les partenaires de l’OIE s’accordent à dire que cette réalisation constitue une étape majeure dans les efforts menés au niveau mondial pour maîtriser l’antibiorésistance.

Cette base de données est conçue pour  :

  • Réaliser le suivi des types de produits antimicrobiens et de leur utilisation
  • Aider les Pays membres à mettre en œuvre les recommandations du Chapitre 6.9. du Code sanitaire pour les animaux terrestres et du Chapitre 6.3. du Code sanitaire pour les animaux aquatiques de l’OIE
  • Mesurer les tendances dans le temps
  • Révéler les caractéristiques d’utilisation et de circulation des antimicrobiens au niveau mondial
  • Évaluer la qualité et la validité des produits antimicrobiens en circulation.

La base de données de l’OIE sur les agents antimicrobiens destinés à être utilisés chez les animaux par les Pays membres a démarrée en octobre 2015.

Le questionnaire visant à recueillir les données ainsi que les instructions s’y rapportant ont été préparés par le Groupe ad hoc de l’OIE sur l’antibiorésistance et entérinés par la Commission scientifique de l’OIE pour les maladies animales, avant d’être testés par des Pays Membres. Année après année, cette procédure de collecte et d’analyse permet aux Pays membres de transmettre à l’OIE leurs appréciations en vue d’améliorer le questionnaire.

Le questionnaire est conçu afin que tous les pays soient en mesure d’y répondre, indépendamment de l’existence ou non d’un système national de collecte des données.

Rapport annuel sur les agents antimicrobiens destinés à être utilisés chez les animaux

Le cinquième cycle de collecte de données a eu lieu entre septembre 2019 et mai 2020. Les contributions à la base de données de l’OIE se sont accrues en passant de 130 Membres participants lors du premier rapport en 2016 à 153 pays participants pour ce cinquième rapport : 156 Membres de l’OIE (86% des 182 Membres), un territoire non contigu d’un Membre de l’OIE et trois non-membres de l’OIE.

Le cinquième cycle de collecte a révélé des informations probantes sur les difficultés rencontrées par 23 pays à fournir des données quantitatives sur les agents antimicrobiens utilisés chez les animaux.

Ce rapport présente, pour les 102 pays ayant communiqué des données quantitatives pour l’année 2017, des calculs de la biomasse animale pour les espèces productrices de denrées alimentaires. Ceci a permis l’analyse des quantités d’antimicrobiens déclarées ajustées par un dénominateur.

De plus, et pour la première fois, l’OIE présente les tendances d’évolutions des valeurs de mg/kg, des quantités par classes d’antimicrobiens et de la biomasse animale pour 69 pays de 2015 à 2017.

Le dernier rapport, publié en avril 2021, fournit des informations spécifiques sur l’utilisation globale d’agents antimicrobiens ajustées en fonction de la biomasse animale pour l’année 2017. De plus, il présente les résultats du cinquième cycle annuel de collecte de données sur les agents antimicrobiens destinés à être utilisés chez les animaux.

Rapports précédents

Questionnaire de l’OIE, instructions et calculs

L’OIE prend en compte l’expérience acquise par les Pays membres, ainsi que leurs commentaires et demandes d’éclaircissement pour mettre à jour chaque année le questionnaire et les instructions s’y rapportant. La version actuelle de ces documents est disponible ci-dessous.

Réseau d’experts de l’OIE sur l’antibiorésistance.

Les travaux de l’OIE dans ce domaine sont soutenus par un Laboratoire de référence et plusieurs Centres collaborateurs, ainsi que par un groupe ad hoc d’experts internationaux auquel participent l’OMS et la FAO.

Résolution adoptée par l’Assemblée mondiale des Délégués

83e Session générale, mai 2015
Résolution N° 26 
: Combattre l’antibiorésistance et promouvoir une utilisation prudente des agents antimicrobiens chez les animaux

84e Session générale, mai 2016
Résolution N° 36
 : Combattre la résistance aux agents antimicrobiens dans le cadre d’une approche « Une seule santé » : les actions à mener et la stratégie de l’OIE

85e Session générale, mai 2017
Résolution N° 38
 : Action mondiale pour réduire la menace de la résistance aux agents antimicrobiens : progrès réalisés et options pour les activités à mener dans le cadre de l’approche « Une seule santé »

86e Session générale, mai 2018
Résolution N° 21
 : Liste des agents antimicrobiens importants en médecine vétérinaire

87e Session générale, mai 2019
Résolution N° 14
 : Engagement de l’OIE pour combattre au niveau mondial la résistance aux antimicrobiens dans le cadre de l’approche Une seule santé

Conférence mondiale de l’OIE
UTILISATION RESPONSABLE ET PRUDENTE DES AGENTS ANTIMICROBIENS CHEZ LES ANIMAUX

« Solidarité internationale dans la lutte contre l’antibiorésistance »
(Siège de l’OIE, Paris, 13-15 mars 2013) 

2e Conférence mondiale de l’OIE
RÉSISTANCE AUX ANTIMICROBIENS ET UTILISATION PRUDENTE DES AGENTS ANTIMICROBIENS

Mise en pratique des normes
Marrakech (Maroc), 29-31 octobre 2018

Lien
Manuel des tests de diagnostic et des vaccins pour les animaux terrestres

L’OIE encourage une utilisation responsable et prudente des agents antimicrobiens chez les animaux terrestres et aquatiques, de manière à préserver leur efficacité thérapeutique et à pouvoir continuer à les utiliser sans risque chez l’animal comme chez l’homme.

L’Organisation a développé une large gamme de normes internationales et de lignes directrices dans ce domaine. Celles-ci fournissent un cadre pour une utilisation responsable et prudente des agents antimicrobiens chez les animaux ainsi que pour la surveillance et le suivi des quantités utilisées:

CODE
SANITAIRE
POUR LES
ANIMAUX TERRESTRES
CODE
SANITAIRE
POUR LES
ANIMAUX AQUATIQUES
Chapitre 6.7.
Introduction aux recommandations visant à contrôler les résistances aux agents antimicrobiens
Chapitre 6.1.Introduction aux recommandations portant sur le contrôle de la résistance aux agents antimicrobiens
Chapitre 6.8.Harmonisation des programmes nationaux de surveillance et de suivi de la résistance aux agents antimicrobiensChapitre 6.2.Principes d’usage prudent et responsable des agents antimicrobiens chez les animaux aquatiques
Chapitre 6.9.Suivi des quantités d’agents antimicrobiens utilisées chez les animaux servant à la production de denrées alimentaires et détermination des profils d’utilisationChapitre 6.3.Suivi des quantités et détermination des profils d’utilisation des agents antimicrobiens chez les animaux aquatiques
Chapitre 6.10.Usage responsable et prudent des agents antimicrobiens en médecine vétérinaireChapitre 6.4.Élaboration et harmonisation des programmes nationaux de surveillance et de suivi de la résistance aux agents antimicrobiens chez les animaux aquatiques
Chapitre 6.11.Analyse des risques de résistance aux agents antimicrobiens résultant de leur utilisation chez les animauxChapitre 6.5.Analyse des risques de résistance aux agents antimicrobiens résultant de leur utilisation chez les animaux aquatiques



En outre, l’OIE a élaboré une liste des agents antimicrobiens importants en médecine vétérinaire, parallèlement à la liste existante de l’OMS pour la médecine humaine.

LISTE OIE DES AGENTS ANTIMICROBIENS IMPORTANTS EN MÉDECINE VÉTÉRINAIRE

************************************

L’OIE a également élaboré des normes et des lignes directrices afin de fournir des méthodes pour évaluer de manière appropriée le risque d’émergence ou de propagation de bactéries résistantes résultant de l’utilisation des agents antimicrobiens chez les animaux élevés pour l’alimentation humaine:

MANUEL DES TESTS DE DIAGNOSTIC ET DES VACCINS POUR LES ANIMAUX TERRESTRES

Chapitre 2.1.1.   
Méthodes de laboratoire utilisées pour les essais d’antibiorésistance (Disponible uniquement en anglais)


Ces normes ont été adoptées par les 182 Pays membres de l’OIE et sont régulièrement révisées et mises à jour, en ligne avec les données scientifiques les plus récentes.


Toutes les normes et lignes directrices de l’OIE sur le sujet sont également rassemblées dans la publication suivante:

Limiter l’apparition de phénomènes d’antibiorésistance nécessite une approche mondiale harmonisée intersectorielle, permettant de coordonner les politiques sanitaires médicales, vétérinaires et environnementales. En effet, les hommes et les animaux partagent les mêmes bactéries puisque 60% des maladies infectieuses animales sont transmissibles à l’homme. C’est la base du concept « One health ».

Dans ce contexte, l’OIE collabore avec de nombreuses organisations internationales, – telles que l’OMS[1], la FAO[2], le Codex alimentarius, ou encore l’OMD[3] et plus récemment, Interpol, – qui sont des partenaires clés pour partager de l’information et formuler des recommandations, et éviter la circulation de produits frauduleux.

Alliance Tripartite

Depuis 2010, l’OIE s’est engagée dans une Alliance tripartite (en anglais) aux côtés de l’OMS et de la FAO. En 2017, les Organisations ont publié leur deuxième document stratégique (en anglais) commun et, en juin 2018, elles ont officiellement signé un Protocole d’accord réaffirmant leur engagement et établissant les responsabilités respectives de ces trois organisations dans le combat contre les maladies ayant des conséquences sanitaires et économiques majeures, en particulier les zoonoses. La résistance aux antimicrobiens est une des trois questions prioritaires de l’Alliance tripartite.
L’Alliance tripartite s’accorde à collaborer sur les activités suivantes :

  • Soutenir la mise en œuvre en cours du Plan d’action mondial contre la RAM ;
  • Engager un dialogue avec les pays afin de renforcer les services nationaux et régionaux de santé humaine, animale et de sécurité sanitaire des aliments.
  • Améliorer la collaboration inter-organisations avec des analyses prospectives, des analyses de risques, le renforcement de la préparation et la mise en œuvre d’interventions conjointes face aux maladies infectieuses émergentes, ré-émergentes et négligées à l’interface homme-animal-environnement.
  • Relever les défis liés à la sécurité sanitaire des aliments, en ayant recours à une approche multisectorielle afin de renforcer la sécurité alimentaire.
  • Promouvoir la recherche et le développement de manière coordonnée pour parvenir à une compréhension commune des maladies zoonotiques prioritaires et de la recherche et du développement nécessaires pour les détecter, les prévenir et les contrôler ; et
  • Développer un Code volontaire de conduite afin de renforcer la mise en œuvre des normes internationales destinées à une utilisation responsable et prudente des antimicrobiens.
Plan d’action mondial pour combattre la résistance aux antimicrobiens

L’OIE a récemment joué un rôle important dans l’élaboration du Plan d’action mondial de l’OMS pour combattre la résistance aux antimicrobiens, adopté en 2015 et dont l’objectif est de garantir notre capacité au long terme à traiter les maladies infectieuses avec des médicaments antimicrobiens efficaces et de haute qualité. Les 182 Pays membres de l’OIE ont promis de soutenir ce plan d’action à travers une Résolution, adoptée à l’unanimité en mai 2015.  

Dans le cadre d’activités majeures qui devraient être conduites dans les cinq à dix prochaines années, ce Plan d’action mondial souligne l’importance de la mise en œuvre des Normes intergouvernementales de l’OIE et soutient la mise en place, par l’Organisation, d’une base de données mondiale sur l’utilisation des agents antimicrobiens chez les animaux.

Suivi et évaluation du Plan d’action mondial contre la RAM
Pour assurer le suivi et l’évaluation des indicateurs du Plan d’action mondial en vue de recueillir les informations nécessaires à la prise de décision stratégique, l’Alliance tripartite a élaboré le Cadre dynamique de suivi et d’évaluation qui permet de mesurer les progrès des gouvernements, des organisations constituant l’Alliance tripartite et d’autres partenaires internationaux dans l’accomplissement de leurs rôles et responsabilités à l’égard des changements à entreprendre pour combattre la menace de la résistance aux antimicrobiens.

Le rapport au Secrétaire général des Nations Unies

En septembre 2016, la Déclaration politique issue de la réunion de haut niveau de l’Assemblée générale sur la résistance aux antimicrobiens (Résolution A/RES/71/3) a appelé à la création d’un Groupe ad-hoc de coordination inter-institutions pour lutter contre la résistance aux antimicrobiens (IACG), en consultation avec les organisations tripartites (FAO, OIE, OMS). L’objectif de l’IACG était de fournir des orientations concrètes aux stratégies exigées afin de garantir la constance et l’efficacité de l’action mondiale pour combattre la résistance aux antimicrobiens et de rendre un rapport au Secrétaire général des Nations Unies.
Le 29 avril 2019, le Secrétariat IACG a transmis le Rapport de recommandations au Secrétaire Général des Nations Unies. Issu de l’effort conjoint des organisations tripartites, le rapport contient des recommandations essentielles visant à combattre les infections résistantes aux médicaments et exigeant une action immédiate, coordonnée et ambitieuse pour éviter une crise potentiellement catastrophique due à la résistance à ces médicaments. De plus, l’Assemblée mondiale des Délégués de l’OIE a renforcé son engagement envers l’Alliance tripartite lors de la 87e Session générale de l’OIE en adoptant la résolution N°14, faisant référence à un Secrétariat tripartite conjoint et à un Fonds multipartenaire contre la résistance aux antimicrobiens (en anglais) pour la mise en œuvre rapide des recommandations.

Surveiller l’utilisation des agents antimicrobiens et les résistances bactériennes, chez les animaux

Aujourd’hui, dans de nombreux pays y compris développés, les agents antimicrobiens sont largement disponibles à tous, directement ou indirectement, sans guère de restriction. Sur 135 pays récemment évalués par l’OIE, beaucoup n’ont pas adopté de législation pertinente relative aux conditions appropriées d’importation, de fabrication, de distribution et d’usage des produits vétérinaires, y compris les agents antimicrobiens. Ces produits circulent ainsi sans contrôle comme des marchandises ordinaires et sont souvent frelatés.

En outre, il n’existe pas à ce jour de système de surveillance harmonisé de l’utilisation et de la circulation des agents antimicrobiens chez les animaux dans le monde. Le recueil de telles informations permettra aux pays de mieux maîtriser la qualité et l’efficacité des produits qui sont utilisés. C’est dans ce contexte que l’OIE a été mandaté par ses Pays membres pour collecter ces informations manquantes et établir une base de données mondiale pour le suivi de l’utilisation des agents antimicrobiens chez les animaux. Associée, à terme, au système mondial d’information zoosanitaire OIE-WAHIS, cette base de données facilitera l’analyse et le contrôle de l’origine des médicaments importés, en améliorant leur traçabilité par les Pays membres de l’OIE.

Lutter contre l’antibiorésistance, composante clé du programme d’action pour la sécurité sanitaire mondiale (GHSA : Global Health Security Agenda)

L’OIE participe, au titre de conseiller, au sein du comité de pilotage mondial du GHSA, lancé en 2014. Le programme GHSA est un effort commun des États-Unis d’Amérique et de plus de quarante autres nations ainsi que d’organisations internationales telles que l’OMS, l’OIE et la FAO. Intégrant la lutte contre l’antibiorésistance parmi ses objectifs prioritaires, ce programme vise à accélérer la progression vers un monde mieux protégé des menaces des maladies infectieuses et à promouvoir la sécurité sanitaire mondiale en tant que priorité internationale.


[1] Organisation mondiale de la santé

[2] Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture

[3] Organisation mondiale des Douanes

Alliance Tripartite

Projet régional

Le succès de la lutte contre l’antibiorésistance repose sur la mise en œuvre des stratégies mondiales à l’échelle nationale par les autorités de santé publique, vétérinaire et environnementale.

Pour ce qui est des services nationaux de santé animale, la mise en œuvre des normes intergouvernementales de l’OIE implique : 

  • la présence d’une législation adéquate relative à l’utilisation des antimicrobiens
  • une profession vétérinaire bien formée et encadrée par la loi
  • d’allouer les moyens nécessaires au renforcement des Services vétérinaires afin d’exercer les contrôles appropriés

Garantir la circulation des antimicrobiens par une législation appropriée

Les antibiotiques ne sont pas des produits anodins dont la vente et l’usage peuvent être libres. Leur vente doit être encadrée par la loi, et la distribution de produits contrefaits, sévèrement réprimée.

Favoriser l’excellence de la profession vétérinaire

La profession vétérinaire, dans sa composante publique et privée, a un rôle crucial à jouer face à l’antibiorésistance, particulièrement pour superviser la prescription et la délivrance de ces produits. C’est pourquoi l’OIE prévoit également des lignes directrices sur la formation initiale vétérinaire rappelant les bases essentielles à une profession organisée s’appuyant sur des professionnels bénéficiant d’une formation et d’un encadrement de haute qualité.

De plus, l’OIE prône l’encadrement de la profession vétérinaire par une législation appropriée, afin de garantir l’éthique professionnelle et la bonne Gouvernance des Services vétérinaires. Pour cela, il développe des normes intergouvernementales et des programmes relatifs à la constitution et au fonctionnement d’Organismes statutaires vétérinaires nationaux et régionaux disposant par la loi des pouvoirs nécessaires pour garantir le contrôle des diplômes, l’éthique, l’excellence professionnelle et la mise à l’écart de ceux dont la conduite n’est pas appropriée.

Face à l’antibiorésistance, les vétérinaires font partie de la solution.
Plus d’informations


Programmes de renforcement des capacités des Services vétérinaires nationaux

La solidarité internationale est cruciale pour aider les pays en développement et les pays émergents à mettre en application les normes de l’OIE, et pour cela, la législation, les structures et les ressources humaines et financières nécessaires.

En conséquence, l’Organisation propose un soutien constant aux Services vétérinaires, notamment par le biais du Processus PVS (Performance des Services vétérinaires).

Par ailleurs, l’OIE forme et met en réseau des points focaux nationaux nommés par leurs gouvernements, pour créer ou moderniser les législations en matière de production, d’importation, de distribution et d’usage de produits vétérinaires et réaliser entre autres le suivi des consommations d’antibiotiques. Ceux-ci fournissent une assistance technique aux Délégués nationaux de l’OIE. A ce jour, trois cycles de séminaires ont été organisés dans les cinq régions de l’OIE, et le quatrième cycle est en cours de mise en place.

Lignes directrices pour un cursus de formation initiale vétérinaireProcessus PVS

Nous avons chacun notre rôle à jouer dans la lutte contre l’antibiorésistance.

Cette page vous donne accès à différents supports expliquant les problématiques liées à la lutte contre l’antibiorésistance. Ces éléments sont en accès libre : n’hésitez pas à les utiliser et à les diffuser autour de vous.

Semaine mondiale pour un bon usage des antimicrobiens

Cette semaine a pour objectif de sensibiliser aux risques sanitaires liés à la résistance aux antimicrobiens et d’encourager l’application de bonnes pratiques en la matière afin de limiter l’émergence et la dissémination de la résistance  à travers le monde.

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