Rage

La rage est une maladie virale qui touche le système nerveux central des mammifères, dont l’homme. Le virus est présent notamment dans la salive et le cerveau des animaux infectés. Elle se transmet par la salive d’un animal malade, le plus souvent d’un chien. La période d’incubation est variable, de plusieurs jours à plusieurs mois. Une fois que les symptômes sont présents, la maladie est fatale, aussi bien chez les animaux que chez l’homme. La rage est encore fortement présente dans le monde. La moitié de la population mondiale vit en zone endémique, et plus de 80% des décès se produisent dans les zones rurales, où l’accès aux campagnes d’information sanitaire et à la prophylaxie post morsure est limité, ou inexistant. L’Afrique et l’Asie sont les continents à plus haut risque de mortalité humaine, avec plus de 95 % des cas mortels dans le monde . Ces régions sont également celles où la rage canine est le moins contrôlée. Environ 99 % des cas humains de rage sont dus à des morsures de chiens infectés. Contrôler et éradiquer la rage signifie donc la combattre à sa source animale.

La rage tue encore

Environ 99 % des cas humains de rage sont dus à des morsures de chiens infectés, et contrairement à de nombreuses autres maladies, nous disposons de tous les outils nécessaires pour l’éradiquer.

La rage est l’une des zoonoses les plus meurtrières. Chaque année, la rage tue près de 59 000 personnes, majoritairement des enfants dans les pays en développement.

Prévenir la rage humaine en éliminant la rage canine

Trois moyens clés pour prévenir la rage chez l’homme :

  • La vaccination de masse des chiens en zone infectée, seule façon de rompre durablement le cycle de transmission animal-homme de la maladie.
  • La vaccination humaine, préventive.
  • L’administration de sérum antirabique après morsure par un chien suspect.

La vaccination de masse des chiens est la méthode de choix, car la seule permettant une réelle interruption du cycle de transmission animal-homme de la maladie. Il est estimé qu’en vaccinant 70 % des chiens dans les pays encore infectés, la rage pourrait être éradiquée chez le chien et le nombre de cas humains se rapprocher très vite de zéro. Il existe aujourd’hui d’excellents vaccins antirabiques canins, fabriqués selon les normes développées par l’OIE.

Collaboration mondiale

La réalisation d’une stratégie de contrôle efficace de la rage ne peut se faire qu’en s’appuyant sur une coordination efficace de partenaires utilisant les mêmes stratégies.

L’OIE travaille en collaboration étroite avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et d’autres au développement de recommandations internationales pour une meilleure collaboration intersectorielle et la mise en œuvre mondiale des stratégies les plus appropriées.

United Against Rabies Forum/Forum Unis contre la rage

En réponse à un appel mondial à l’action lancé en 2015, l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Alliance mondiale pour la lutte contre la rage (GARC) ont développé le Zéro d’ici 30 ans, centré sur le pays: le Plan stratégique mondial pour mettre fin aux décès humains dus à la rage canine d’ici 2030. Le premier rapport annuel a décrit de grands progrès, mais a également souligné la nécessité d’adapter et de développer l’approche en réponse aux leçons apprises.

Par la suite, et pour s’appuyer sur les bases solides établies dans Zero by 30, la Tripartite (comprenant la FAO, l’OIE et l’OMS) a lancé le Forum Unis contre la rage (le Forum) en 2020. Le Forum est un réseau inclusif réunissant des parties prenantes de divers horizons pour partager les connaissances, l’expérience et les idées qui aideront les pays et les régions à élaborer et à mettre en œuvre des programmes efficaces d’élimination de la rage.

Les groupes de travail du Forum créent des produits utilisables qui soutiendront la mise en œuvre des programmes d’élimination de la rage, aideront les pays à élaborer des stratégies nationales et à élaborer des stratégies de plaidoyer et de mobilisation des ressources. Le Forum fournit une plate-forme centrale où les parties prenantes peuvent facilement accéder à ces ressources, tandis que les réunions annuelles des parties prenantes visent à favoriser les réseaux et les relations afin que nous puissions collectivement surmonter les défis de l’élimination de la rage humaine transmise par les chiens.

Visitez le site Web du United Against Rabies Forum ici (en anglais)

Ressources clés

En anglais:


Activités Tripartites

Outre le travail avec le United Against Rabies Forum, l’OIE travaille en partenariat avec l’OMS et la FAO (la Tripartite) pour minimiser l’impact sanitaire, social et économique de la rage en coordonnant les activités dans le monde entier.

La rage est l’un des problèmes identifiés comme une priorité par la tripartite dans le cadre de l’approche conjointe Une seule santé développée par l’Alliance tripartite.


Banque de vaccins de l’OIE contre la rage

En fournissant des vaccins de haute qualité, la Banque de vaccins de l’OIE aide les pays à mettre en œuvre des campagnes de vaccination et contribue à l’élimination de la rage humaine transmise par les chiens.


Journée mondiale contre la rage

#rabiesendshere  #Rabies  #Zeroby30  #WorldRabiesDay

Chaque année, le 28 septembre, la communauté internationale s’unit pour promouvoir le combat contre la rage. La Journée mondiale de la lutte contre la rage est une journée d’action et de sensibilisation. C’est pour vous l’opportunité de rejoindre le mouvement mondial. Organisez ou participez à tout évènement se déroulant virtuellement ou près de chez vous. Consultez la boîte à outils pour trouver du matériel utile pour votre événement.

Normes et réseaux internationaux de l’OIE

L’OIE élabore des normes, lignes directrices et recommandations basées sur la science pour assurer le contrôle de la maladie chez les animaux et prévenir sa propagation, ainsi que son diagnostic et la qualité de la fabrication de vaccins à usage vétérinaire.

Les normes scientifiques de l’OIE sont régulièrement mises à jour et comprennent :

  • la prévention et le contrôle de la rage, y compris les dispositions relatives à la reconnaissanse des programmes officiels de contrôle de la rage transmise par les chiens.

OIE Code sanitaire pour les animaux terrestres Chapitre 8.14 << Infection par le virus de la rage >>

  • la gestion des populations de chiens errants

OIE Code sanitaire pour les animaux terrestres Chapitre 7.7 << Le contrôle des populations de chiens errants >>

  • les déplacements internationaux de chiens et de chats provenant de pays infectés par la rage

OIE Code sanitaire pour les animaux terrestres Chapitre 5.11 << Modèle de certificat vétérinaire relatif aux mouvements internationaux de chiens, de chats et de furets à partir de pays considérés comme infectés par le virus de la rage >>

  • les méthodes de diagnostic et la production de vaccins de qualité à usage vétérinaire.

Manuel des tests de diagnostic et des vaccins pour les animaux terrestres de l’OIE Chapitre 2.1.13 << Rabies >>

Ces normes sont adoptées par consensus de l’ensemble des Pays Membres de l’OIE.

Conseils

  • Procédure pour la demande de reconnaissance d’un statut officiel / la validation d’un programme de contrôle
  • Questionnaire destiné à guider les Membres de l’OIE dans la préparation de leurs dossiers d’approbation des programmes officiels de contrôle de la rage canine.

Réseau scientifique mondial

Grâce à son réseau mondial de plus de 300 Laboratoires de référence et Centres collaborateurs (collectivement appelés «Centres de référence»), l’OIE fournit des conseils politiques, la conception de stratégies et une assistance technique pour le diagnostic, le contrôle et l’éradication de la rage.

Les Laboratoires de référence spécialisés de l’OIE dans le monde entier sont des centres d’expertise et de normalisation des méthodes de diagnostic. Les experts de référence de l’OIE – des chercheurs de renommée internationale – s’engagent à permettre aux Laboratoires de référence de fournir l’expertise technique et scientifique requise et de se forger des opinions sur la surveillance et le contrôle de la maladie.

Ils proposent également une formation scientifique et technique aux Membres de l’OIE et coordonnent des études scientifiques et techniques en collaboration avec d’autres laboratoires et organisations.

Ressources médias

Citoyens, propriétaires de chiens et autres animaux, journalistes, vétérinaires, Services vétérinaires nationaux, gouvernements, nous sommes tous concernés par cette maladie dévastatrice qu’est la rage.

Qui que nous soyons, où que nous soyons, nous pouvons, chacun à notre niveau, contribuer à la lutte mondiale contre la rage.

Ainsi, l’OIE met à la disposition de tous des fiches d’informations, des outils vulgarisés, des vidéos et ses prises de position. Partager l’information est essentiel dans ce combat quotidien.

N’attendons plus pour nous mobiliser.


Boîte à outils de la Journée mondiale contre la rage

Cliquez ici ou sur l’infographie ci-dessus pour accéder à une multitude de ressources gratuites pour votre campagne.

Cette campagne vise à générer un sentiment de fierté chez les personnes qui ont fait vacciner un chien contre la rage et à créer un mouvement social pour augmenter le nombre de personnes impliquées dans les campagnes de vaccination.

Services vétérinaires, propriétaires de chiens, membres de la communauté, VOUS avez TOUS un RÔLE à jouer.

Parce que derrière chaque chien vacciné, il y a un homme, une femme, un enfant, qui a agi pour vacciner son animal ou celui de sa communauté.

De nombreux outils, aussi bien imprimables que digitaux, sont disponibles et prêts à être partagés auprès de vos réseaux.

Le Guide complet de la campagne ainsi que le Guide réseaux sociaux dédiés vous aideront à explorer les outils et à déterminer comment les utiliser et les diffuser au mieux.

  • Les outils imprimables incluent des affiches, des certificats, des dépliants et un logo pouvant être utilisé pour des goodies.
  • La boîte à outils digitale inclut une vidéo, des décors de photos à utiliser sur les réseaux sociaux, et bien plus d’outils !

Découvrez les outils et partagez-les avec votre réseau !

Disponible en 6 langues : anglais, français, espagnol, arabe, chinois et russe.

Téléchargez tous les outils en une fois ici


L’infographie de l’OIE sur la rage

Si vous avez des difficultés à visualiser l’infographie, affichez-la en mode plein-écran.

Infographie sur la rage:

Pour partager le lien:https://www.oie.int/infographie/rage/

Pour intégrer l’infographie à votre site:
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Expériences pays

Myanmar : Transmettre le message sur la rage pour sauver des vies

Myanmar : 2016 à 2018

« La rage tue ». Cette phrase, Daw Kyi, fermière de 68 ans l’a entendue toute sa jeunesse. Elle a aussi régulièrement entendu parler de cas de rage affectant les humains et les chiens de son petit village du canton de Lewe au Myanmar. Comme beaucoup d’autres habitants de son village et des alentours, elle savait que cette maladie mortelle pouvait facilement être transmise des chiens aux humains mais ne savait pas vraiment quoi faire pour prévenir cette transmission.

En 2016, la situation a changé. Avec le soutien de l’OIE, le sous-secrétariat d’État à la Santé vétérinaire et à l’Élevage (LBVD) du Myanmar a lancé un projet pilote dans le canton de Lewe afin de démontrer que la rage peut être éliminée par la vaccination des chiens, qui sont la première source de contamination des humains. Une campagne de vaccination des chiens porte à porte a été mise en place et a déjà bénéficié à 100 000 animaux durant cette phase initiale. Néanmoins, ce projet pilote ne s’est pas limité à de telles campagnes. Conscient du rôle de l’éducation dans la prévention de la rage, le LBVD a mis en place des actions de sensibilisation et d’information du grand public. Pour la première fois de leur vie, Daw Kyi et ses voisins ont participé à des échanges sur ce thème et ont reçu des brochures abordant l’importance de la vaccination des chiens et des soins à apporter aux blessures après avoir été mordu pour se protéger eux-mêmes de cette maladie mortelle à 99,9 %.

Ce projet pilote, qui fait partie du Programme national de contrôle de la rage, a été reconduit en 2017 puis en 2018, et étendu à d’autres cantons. L’OIE a fourni des ressources techniques et financières à la au Myanmar dans le cadre de ces activités : 450 000 doses de vaccin canin contre la rage ont été livrées à travers la Banque de vaccins de l’OIE et le personnel en charge des vaccinations a été formé à l’adoption de bonnes pratiques en amont des campagnes de vaccination.

Grâce à ces actions pilotes, aucun cas de rage n’a été reporté dans le canton de Lewe entre 2016 et 2018. Au-delà de cela, le nombre de patients ayant eu accès à un traitement prophylactique post-exposition à l’hôpital suite à une morsure de chien a augmenté, car Daw Kyi et ses voisins savent maintenant comment réagir face à ce cas de figure. Aucun cas humain de rage transmise par les chiens n’a été constaté dans leur village depuis le début de la campagne de vaccination : les nouvelles générations grandiront désormais dans un contexte bien différent de celui de leurs aînés.

Ce projet pilote appliqué à Lewe prouve qu’il est possible de contrôler la rage en transmettant les messages sur les pratiques de prévention de la maladie et en les mettant en œuvre. Toutefois, une moyenne annuelle de 200 cas humains de rage ont été confirmés au Myanmar ces cinq dernières années. Prochaines étapes : Le Myanmar prévoit d’étendre ces actions de sensibilisation à d’autres zones à risques dans le cadre de son Plan national pour l’élimination de la rage (2018-2030), afin de s’assurer que tout citoyen grandisse en sachant comment prévenir la maladie.

Namibia: Soutenir les stratégies nationales contre la rage

Zone communale du Nord (Namibie): 2016 à 2018

Mettre en œuvre une stratégie nationale d’élimination de la rage est un processus au long terme qui implique de nombreux intervenants. Afin de mieux accompagner les pays dans leurs efforts pour éliminer la maladie, l’OIE crée des programmes variés.

Un récent exemple est le lancement d’un projet de trois ans dans le nord de la Namibie où se concentrent 93 % des cas de rage du pays. Initié peu après le lancement de la Stratégie nationale de contrôle de la rage du gouvernement namibien, ce projet vise à augmenter le nombre de chiens vaccinés et à sensibiliser davantage la population pour éliminer la maladie. Une phase pilote du projet a été mise en œuvre dans la région d’Oshana dès mars 2016. Ses résultats ayant été concluants, cette phase-pilote a été étendue aux sept régions administratives voisines : Oshikoto, Ohangwena, Kunene, Omusati, Kavango Ouest, Kavango Est et Zambezi. Le projet se poursuivra jusqu’en mai 2018.

Les enseignements tirés de cet exemple réussi permettront d’améliorer le contrôle de la rage en Afrique australe.

Tunisie : Vacciner les chiens errants pour sauver des vies humaines

Tunis (Tunisie) : Mai 2017

La rage continue de tuer des humains dans plusieurs régions du monde.
95 % des cas de rage humaine sont causés par des morsures de chiens infectés. Par conséquent, la vaccination des chiens reste le meilleur moyen de prévenir les décès humains causés par cette maladie.

Dans le cadre de son programme national de contrôle de la rage, la Tunisie organise chaque année des campagnes de vaccination de masse. Néanmoins, vacciner les chiens errants demeure un défi de taille car ils sont souvent difficiles à attraper.

Pour relever efficacement ce défi, les autorités tunisiennes en charge de la santé animale ont décidé de prendre des mesures et ont demandé le soutien de l’OIE. En 2017, l’OIE a donc organisé un atelier de formation pour les employés de la Municipalité de Tunis chargés de la vaccination de masse des chiens, afin de leur apprendre à attraper et manipuler les chiens errants et agressifs.

Découvrez les résultats de cette action en images!

Lesotho : Rénover les installations vétérinaires pour prévenir la rage chez les chiens

Maseru (Lesotho) Septembre 2016

L’accès à des installations vétérinaires de qualité est essentiel pour contrôler la rage dans les pays affectés. Cela permet de mieux gérer les populations de chiens, de les vacciner et de sensibiliser leurs propriétaires à cette maladie.

Dans les pays où la rage continue de sévir, les campagnes de vaccination de masse des chiens représentent le moyen le plus économique de contrôle de la maladie.En effet, vacciner 70 % des chiens dans les zones à risque permettrait d’éradiquer la rage.

En 2016, l’OIE a financé la rénovation d’une clinique vétérinaire publique et de chenils au Lesotho afin d’aider les autorités dans la mise en œuvre de leurs campagnes de vaccination.

Afin d’accroître son soutien à ses Pays membres de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), l’OIE achèvera la rénovation d’un autre établissement rénové à Maputo (Mozambique) lors de la Journée mondiale contre la rage, le 28 septembre 2017.

Haïti : Vacciner les chiens pour progresser vers l’éradication de la rage

April 2017

Parmi les mesures existantes d’éradication de la maladie, la vaccination des chiens joue un rôle central.

En 2017, sous l’égide du Programme national de lutte antirabique haïtien, une campagne de vaccination de masse des chiens a été organisée dans le pays avec l’objectif de couvrir 70 % de la population canine. Afin de soutenir cette campagne, l’OIE a fourni 100 000 doses de vaccins par l’intermédiaire de sa Banque de vaccins contre la rage et avec le concours du Gouvernement canadien.

Grâce à cet approvisionnement en vaccins, Haïti a pu se concentrer sur d’autres aspects de son programme d’élimination de la rage. Il a été notamment possible d’investir dans des innovations technologiques et d’équiper le personnel chargé de la vaccination de smartphones pour accéder à une meilleure connaissance de la population canine.

Mettre en œuvre de telles campagnes de vaccination de manière régulière peut contribuer à l’éradication de la rage en Haïti.

Vaccinez les chiens maintenant!

Foire aux questions

Téléchargez en pdf.

Chiffres clés

La rage tue environ 59 000 personnes chaque année, principalement les enfants des zones rurales.

  • Environ 99 % des cas humains sont dus à des morsures par des chiens infectés.
  • La vaccination de 70 % des chiens permet d’éradiquer la rage dans une zone endémique.
  • 25,3 millions de doses de vaccins contre la rage ont déjà été distribuées par l’OIE
    majoritairement à des pays d’Afrique et d’Asie (juillet2020).

LA MALADIE

Qu’est-ce que la rage ?

La rage est une maladie virale qui touche le système nerveux central des mammifères, dont celui de l’homme. Le virus est présent dans la salive et le cerveau des animaux infectés. Il est généralement transmis par la morsure d’un animal malade, le plus souvent un chien ou un autre carnivore. Les chauves-souris représentent également un réservoir important dans certaines régions. La période d’incubation est variable, allant de plusieurs semaines à plusieurs mois, mais une fois les symptômes installés, la maladie est mortelle, aussi bien pour les animaux que pour l’homme.

Quel est le virus de la rage ?

Le virus de la rage appartient au genre Lyssavirus, un groupe de virus provoquant des encéphalites. À l’intérieur de ce genre, il existe douze espèces différentes de lyssavirus, le virus rabique classique (RABV) étant le plus important en termes de santé publique et de santé animale. Les différentes variantes de RABV circulent chez les carnivores, plus fréquemment les chiens et les chats domestiques et selon les continents, plusieurs autres espèces de carnivores (renards, chacals, etc.) ou de chiroptères (chauve-souris).

Où la rage est-elle présente ?

Le virus classique de la rage est présent dans le monde entier. Certains pays sont parvenus à éradiquer la maladie grâce à des mesures sanitaires rigoureuses et s’auto déclarent indemnes de rage canine . Dans d’autres pays, la rage reste endémique et touche la population canine et/ou des animaux sauvages.

Quelle est l’ampleur de la rage au niveau mondial ?

Une personne meurt de la rage toutes les neuf minutes. Chaque année, la rage tue environ 59 000 personnes dans le monde ; elle touche particulièrement les enfants des pays en développement. l’Afrique et l’Asie sont les premiers continents concernés. Dans les pays où la maladie tue encore, le chien est le principal réservoir du virus. Le contrôle de la rage chez les chiens, plus précisément les chiens errants, doit par conséquent être la première des priorités pour prévenir les cas mortels chez l’homme.

Comment la rage se transmet-elle ?

Le virus de la rage se transmet par la salive d’un animal infecté. Le plus souvent, le virus pénètre par la plaie due à une morsure ; environ 99 % des cas de rage humaines sont dues à des morsures par des chiens infectés.

Comment la rage se propage-t-elle dans l’organisme ?


Le virus reste généralement au point d’entrée de l’organisme pendant un certain temps, avant de se déplacer le long des nerfs vers le cerveau où il se multiplie. Il se déplace alors à nouveau le long des nerfs pour atteindre les glandes salivaires.

Quelle est la période d’incubation de la rage ?


Le délai d’apparition des signes cliniques chez un animal contaminé peut varier entre quelques jours et plusieurs mois selon la souche virale, l’espèce, l’individu et le point d’entrée dans l’organisme. La maladie peut donc se transmettre à d’autres animaux et à des personnes par la salive d’un animal
infecté, parfois avant même que celui-ci ne présente de signes cliniques, ce qui représente une
menace insidieuse pour toute personne entrant en contact avec cet animal.

Quelles sont les signes cliniques de la rage chez les animaux ?


Les signes cliniques de la rage varient en fonction de l’effet du virus sur le cerveau. Sous sa forme classique, la maladie se traduit par des changements comportementaux soudains pouvant amener les animaux infectés, notamment les animaux sauvages, à perdre leur crainte naturelle vis-à-vis des autres animaux et de l’homme et à accepter les rapprochements et les contacts étroits d’une manière inhabituelle, notamment avec l’homme. La maladie évolue en provoquant un dysfonctionnement cérébral, un dysfonctionnement des nerfs crâniens, une ataxie, une faiblesse, une paralysie progressive entraînant, des convulsions, des difficultés à respirer et à avaler, ainsi qu’une salivation excessive. Des comportements agressifs et de l’automutilation peuvent également être observés. La maladie conduit progressivement à la mort. Dans certains cas cependant, les changements comportementaux sont minimes et l’animal peut mourir rapidement sans présenter de signes cliniques significatifs.

Comment la maladie est-elle diagnostiquée ?

La maladie peut être suspectée sur la base des signes cliniques mais des examens de laboratoire sont nécessaires pour confirmer le diagnostic. Les prélèvements recueillis sur les animaux morts doivent être adressés à des laboratoires compétents pour le diagnostic. Les recommandations de l’OIE figurent dans le Manuel de l’OIE des tests de diagnostic et des vaccins pour les animaux terrestres.

Que faire en cas de morsure par un animal, sauvage ou domestique ?

Toute morsure d’un animal domestique ou sauvage doit faire l’objet d’une investigation. Il est essentiel de signaler l’incident à un vétérinaire, qui prendra les mesures appropriées. La personne mordue doit consulter un médecin rapidement.



LA STRATÉGIE DE l’OIE POUR LUTTER CONTRE LA RAGE

Quels sont les risques de santé publique associés à cette maladie ?

La rage est considérée comme l’une des zoonoses les plus redoutables au monde (les zoonoses sont des maladies qui se transmettent naturellement des animaux à l’homme). La présence de la rage chez les chiens domestiques constitue une menace pour l’homme, ce qui reste une préoccupation majeure dans nombre de pays en développement. La maladie peut aussi avoir des conséquences économiques dans certains pays quand elle touche des animaux d’élevage (bovins, chevaux, petits ruminants, etc.).

Les cas de rage doivent-ils être notifiés à l’OIE ?

La rage est inscrite sur la liste des maladies animales publiée dans le Code sanitaire pour les animaux terrestres de l’OIE. Les autorités vétérinaires des membres de l’OIE, sous la responsabilité des Délégués OIE des pays concernés, doivent pas conséquent obligatoirement déclarer la maladie à
l’OIE. En parallèle, les pays peuvent également, de manière volontaire, publier des auto-déclarations de statut indemne de rage.

Quels sont les objectifs de l’OIE en matière de lutte contre la rage ?

Les objectifs de l’OIE consistent non seulement à encourager la transparence de la notification de la maladie par les membres, mais aussi à inciter les gouvernements à investir dans les programmes de contrôle prioritaires, notamment les plans de prévention ciblant la vaccination des chiens, qui constituent la principale source de la maladie pour l’homme.

Quelles sont les mesures de prévention et de contrôle de la rage ?

Dans les pays où la maladie est endémique, des mesures sont mises en œuvre pour gérer et réduire le risque d’infection dans les populations animales sensibles à cette maladie (faune sauvage, animaux errants et animaux domestiques sous contrôle d’un propriétaire) et pour créer une barrière entre la source animale de la maladie et l’homme.

Ces mesures comprennent :

  • des campagnes de sensibilisation et d’information du public (grand public, propriétaires de
  • chiens , enfants)
  • la surveillance et la déclaration des cas suspects de rage chez les animaux sensibles
  • des recherches sur la dynamique de la maladie, les vaccins et les systèmes d’administration
  • dans les populations cibles
  • des programmes de vaccination des animaux domestiques principalement par voie
  • injectable visant notamment les chiens
  • des programmes de vaccination des animaux sauvages (le plus souvent par épandage
  • d’appâts vaccinaux dans leur milieu naturel)
  • des programmes de contrôle des populations d’animaux errants si possible.


Les programmes de contrôle de la rage constituent un défi majeur pour de nombreux pays. Le coût de la vaccination des chiens reste cependant minime comparativement au coût réel des prophylaxies d’urgence administrés aux victimes d’une morsure. 10 % du coût global de ces traitements suffiraient en effet à réduire considérablement voire à éliminer la rage chez les chiens.

Les personnes étant régulièrement en contact avec des animaux dans le cadre de leur profession, comme les vétérinaires et les personnes chargées du contrôle des animaux et du suivi de la faune sauvage, doivent appliquer des mesures pour éviter toute contamination par la salive, les glandes
salivaires ou les tissus nerveux des animaux infectés, et doivent dans certains cas être protégées par une vaccination préalable à toute exposition. En cas de morsure d’une personne par un carnivore domestique ou sauvage, il est nécessaire de consulter d’urgence un médecin et un vétérinaire. Des
informations complémentaires peuvent être trouvées sur le site de l’OMS. La vaccination des hommes est également recommandée.

Quel est l’objectif des programmes de vaccination contre la rage ?


La vaccination des chiens est la méthode de choix pour contrôler et éliminer la rage dans le monde. Pour des raisons épidémiologiques, éthiques et économiques, l’abattage sanitaire des animaux constituant des réservoirs potentiels ne peut pas être considéré comme une méthode prioritaire de contrôle et d’éradication. Toutes les campagnes fructueuses d’éradication de la rage ont inclus des mesures combinant le contrôle et la vaccination des populations de chiens errants ainsi que la vaccination de tous les chiens appartenant à un propriétaire.


Les campagnes de vaccination visent à couvrir environ 70 % de la population canine présente dans une zone où la rage est endémique. Ce taux de couverture perturbe le cycle de transmission de la rage.


Chez les animaux sauvages, l’immunisation orale par appâts vaccinaux a donné d’excellents résultats chez certaines espèces animales (renards, ratons-laveurs, mouffettes…) et s’est avérée une solution efficace pour contrôler voire éradiquer la rage chez les renards en Europe de l’Ouest, par exemple. Cependant son coût est élevé.

Quelles sont les actions menées par l’OIE ?


L’OIE élabore des normes, lignes directrices et recommandations à fondements scientifiques pour contrôler la maladie chez les animaux et en prévenir la propagation. L’Organisation publie aussi des normes sur le diagnostic de la maladie et la fabrication de vaccins de qualité à usage vétérinaire, de même que sur le contrôle des populations de chiens errants.

Les normes de l’OIE en matière de rage sont révisées régulièrement, en privilégiant l’importance épidémiologique de l’espèce majoritairement impliquée dans les cas humains (généralement les chiens).L’OIE, en collaboration avec l’OMS et la FAO, s’efforce de réduire au maximum l’impact sanitaire, social et économique de la rage en coordonnant les activités au niveau mondial.

L’OIE a établi une banque de vaccins destinés à la vaccination antirabique des chiens et fournit à la demande le support technique nécessaire à ses membres (voir ci-après).



LES PROGRAMMES ET APPUIS DE L’OIE POUR LUTTER CONTRE LA RAGE

A-t-on les moyens d’éliminer la rage canine ?

Les économistes estiment que 10 % seulement des ressources financières utilisées pour traiter en urgence les personnes mordues par un chien enragé (prophylaxie post-exposition) suffiraient aux Services vétérinaires nationaux du monde entier pour éradiquer la rage à sa source , les chiens enragés, et pour prévenir ainsi presque tous les cas humains dans le monde (environ 59 000 décès par an).

Sur quels appuis l’OIE peut-elle compter pour lutter contre la rage ?

Une stratégie de contrôle de la rage ne peut être efficace qu’avec le soutien de partenaires coordonnés mettant en œuvre les mêmes stratégies. L’OIE s’appuie avant tout sur les Services vétérinaires de ses 182 membres.

En coopération avec l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS)), l’OIE formule, depuis de nombreuses années, des recommandations visant à assurer une bonne collaboration intersectorielle et la mise en œuvre mondiale des stratégies les mieux appropriées.

En réponse à un appel mondial à l’action lancé en 2015, l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Alliance mondiale pour la lutte contre la rage (GARC) ont développé le Zéro d’ici 30 ans, centré sur le pays: le Plan stratégique mondial pour mettre fin aux décès humains dus à la rage canine d’ici 2030. Le premier rapport annuel a décrit de grands progrès, mais a également souligné la nécessité d’adapter et de développer l’approche en réponse aux leçons apprises.

Par la suite, et pour s’appuyer sur les bases solides établies dans Zero by 30, la Tripartite (comprenant la FAO, l’OIE et l’OMS) a lancé le Forum Unis contre la rage (le Forum) en 2020. Le Forum est un réseau inclusif réunissant des parties prenantes de divers horizons pour partager les connaissances, l’expérience et les idées qui aideront les pays et les régions à élaborer et à mettre en œuvre des programmes efficaces d’élimination de la rage.

Les groupes de travail du Forum créent des produits utilisables qui soutiendront la mise en œuvre des programmes d’élimination de la rage, aideront les pays à élaborer des stratégies nationales et à élaborer des stratégies de plaidoyer et de mobilisation des ressources. Le Forum UAR fournit une plate-forme centrale où les parties prenantes peuvent facilement accéder à ces ressources, tandis que les réunions annuelles des parties prenantes visent à favoriser les réseaux et les relations afin que nous puissions collectivement surmonter les défis de l’élimination de la rage humaine à médiation par points.

Les membres de l’OIE ont, pour leur part, la responsabilité de mettre en place les moyens de lutte préconisés par l’OIE par le biais de leurs Services vétérinaires, de leurs services de santé publique, de leurs autorités locales, des municipalités et de leurs forces de police. Ils peuvent aussi s’appuyer sur des organisations non gouvernementales (ONG).

Depuis mai 2019, les Normes de l’OIE sur la rage incluent désormais des recommandations à destination des pays désirant solliciter, sur une base volontaire, la validation de leur programme de contrôle de la rage transmise par les chiens. Ces lignes directrices aident les pays à compiler de manière standardisée, des preuves documentées qui démontrent la conformité aux exigences décrites dans le Code terrestre. Les procédures opérationnelles normalisées pour la reconnaissance officielle du statut officiel de la maladie / la validation des programmes nationaux officiels de contrôle sont disponibles ici. Les premiers programmes seront validés en 2021.

Qui sont les experts de l’OIE ?

L’OIE compte douze Laboratoires de référence au niveau mondial, désignés pour leur excellence scientifique en matière de rage. Les experts de référence sont responsables devant l’OIE et tous ses membres des questions scientifiques relevant de leur domaine de compétences. Ce sont des chercheurs de renommée internationale qui aident activement les Laboratoires de référence à fournir l’assistance technique et scientifique requise et à formuler des avis sur la surveillance et le diagnostic de la maladie. Ils proposent également des formations scientifiques et techniques destinées aux membres de l’OIE et coordonnent des études scientifiques et techniques en collaboration avec d’autres laboratoires ou organisations.

L’OIE apporte-t-elle son soutien à la vaccination contre la rage ?

La solidarité envers les pays en voie de développement est essentielle. Avec le support de l’Union européenne, de l’Australie, de l’Allemagne, de la France, du Canada et du Japon, le Fonds mondial de l’OIE pour la santé et le bien-être animal a déjà permis la réalisation de nombreuses actions, comme la création, en 2012, d’une banque de vaccins antirabiques pour les chiens permettant des livraisons régulières aux pays les plus pauvres de l’Asie et de l’Afrique, principalement.

À ce jour (juillet2020), 25,3 millions de doses de vaccins antirabiques ont été distribuées par l’OIE. Parmi celles-ci, 7,7 millions ont directement été livrées par l’OIE aux pays afin d’appuyer leurs campagnes de vaccination nationales. En plus de cela, 17,6millions de doses ont été commandées par des pays ou des organisations internationales. Au total, cela représente 37 pays bénéficiaires qui ont reçu des vaccins de la banque de vaccins de l’OIE.

Dans le cadre de l’Alliance Tripartite (OMS, OIE, FAO), l’OMS a décidé de commander des doses de vaccin canin issues de la banque de vaccins antirabiques de l’OIE. À juillet 2020, 16,3 millions de doses de vaccins antirabiques ont été achetées par l’OMS afin d’être livrées aux Philippines, en Afrique du Sud, en Tanzanie, en République Centrafricaine et au Pakistan.

Ce modèle garantit la mise à disposition de vaccins de haute qualité produits selon les normes intergouvernementales de l’OIE, et leur livraison efficace sur le terrain, ainsi qu’un prix obtenu après une mise en compétition mondiale entre les fournisseurs potentiels.