Organisation Mondiale de la Santé Animale

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Collaboration internationale et intersectorielle

Limiter l’apparition de phénomènes d’antibiorésistance nécessite une approche mondiale harmonisée intersectorielle, permettant de coordonner les politiques sanitaires médicales, vétérinaires et environnementales. En effet, les hommes et les animaux partagent les mêmes bactéries puisque 60% des maladies infectieuses animales sont transmissibles à l’homme. C’est la base du concept « One health ».

Dans ce contexte, l’OIE collabore avec de nombreuses organisations internationales, - telles que l’OMS[1], la FAO[2], le Codex alimentarius, ou encore l’OMD[3] et plus récemment, Interpol, - qui sont des partenaires clés pour partager de l’information et formuler des recommandations, et éviter la circulation de produits frauduleux.

Alliance Tripartite

Depuis 2010, l'OIE s'est engagée dans une Alliance tripartite (en anglais) aux côtés de l'OMS et de la FAO. En 2017, les Organisations ont publié leur deuxième document stratégique (en anglais) commun et, en juin 2018, elles ont officiellement signé un Protocole d'accord réaffirmant leur engagement et établissant les responsabilités respectives de ces trois organisations dans le combat contre les maladies ayant des conséquences sanitaires et économiques majeures, en particulier les zoonoses. La résistance aux antimicrobiens est une des trois questions prioritaires de l'Alliance tripartite.
L'Alliance tripartite s'accorde à collaborer sur les activités suivantes :

  • Soutenir la mise en œuvre en cours du Plan d'action mondial contre la RAM ;
  • Engager un dialogue avec les pays afin de renforcer les services nationaux et régionaux de santé humaine, animale et de sécurité sanitaire des aliments.
  • Améliorer la collaboration inter-organisations avec des analyses prospectives, des analyses de risques, le renforcement de la préparation et la mise en œuvre d’interventions conjointes face aux maladies infectieuses émergentes, ré-émergentes et négligées à l’interface homme-animal-environnement.
  • Relever les défis liés à la sécurité sanitaire des aliments, en ayant recours à une approche multisectorielle afin de renforcer la sécurité alimentaire.
  • Promouvoir la recherche et le développement de manière coordonnée pour parvenir à une compréhension commune des maladies zoonotiques prioritaires et de la recherche et du développement nécessaires pour les détecter, les prévenir et les contrôler ; et
  • Développer un Code volontaire de conduite afin de renforcer la mise en œuvre des normes internationales destinées à une utilisation responsable et prudente des antimicrobiens.

 

 

Plan d'action mondial pour combattre la résistance aux antimicrobiens

L'OIE a récemment joué un rôle important dans l'élaboration du Plan d'action mondial de l'OMS pour combattre la résistance aux antimicrobiens, adopté en 2015 et dont l'objectif est de garantir notre capacité au long terme à traiter les maladies infectieuses avec des médicaments antimicrobiens efficaces et de haute qualité. Les 182 Pays membres de l'OIE ont promis de soutenir ce plan d'action à travers une Résolution, adoptée à l'unanimité en mai 2015.  

Dans le cadre d'activités majeures qui devraient être conduites dans les cinq à dix prochaines années, ce Plan d'action mondial souligne l'importance de la mise en œuvre des Normes intergouvernementales de l’OIE et soutient la mise en place, par l'Organisation, d'une base de données mondiale sur l'utilisation des agents antimicrobiens chez les animaux.

Suivi et évaluation du Plan d'action mondial contre la RAM
Pour assurer le suivi et l'évaluation des indicateurs du Plan d'action mondial en vue de recueillir les informations nécessaires à la prise de décision stratégique, l'Alliance tripartite a élaboré le Cadre dynamique de suivi et d'évaluation (en anglais) qui permet de mesurer les progrès des gouvernements, des organisations constituant l'Alliance tripartite et d'autres partenaires internationaux dans l’accomplissement de leurs rôles et responsabilités à l’égard des changements à entreprendre pour combattre la menace de la résistance aux antimicrobiens.

Le rapport au Secrétaire général des Nations Unies

En septembre 2016, la Déclaration politique issue de la réunion de haut niveau de l'Assemblée générale sur la résistance aux antimicrobiens (Résolution A/RES/71/3) a appelé à la création d'un Groupe ad-hoc de coordination inter-institutions pour lutter contre la résistance aux antimicrobiens (IACG), en consultation avec les organisations tripartites (FAO, OIE, OMS). L'objectif de l’IACG était de fournir des orientations concrètes aux stratégies exigées afin de garantir la constance et l'efficacité de l'action mondiale pour combattre la résistance aux antimicrobiens et de rendre un rapport au Secrétaire général des Nations Unies.
Le 29 avril 2019, le Secrétariat IACG a transmis le Rapport de recommandations au Secrétaire Général des Nations Unies. Issu de l'effort conjoint des organisations tripartites, le rapport contient des recommandations essentielles visant à combattre les infections résistantes aux médicaments et exigeant une action immédiate, coordonnée et ambitieuse pour éviter une crise potentiellement catastrophique due à la résistance à ces médicaments. De plus, l'Assemblée mondiale des Délégués de l'OIE a renforcé son engagement envers l'Alliance tripartite lors de la 87e Session générale de l'OIE en adoptant la résolution N°14, faisant référence à un Secrétariat tripartite conjoint et à un Fonds multipartenaire contre la résistance aux antimicrobiens pour la mise en œuvre rapide des recommandations.

 

Surveiller l’utilisation des agents antimicrobiens et les résistances bactériennes, chez les animaux

Aujourd’hui, dans de nombreux pays y compris développés, les agents antimicrobiens sont largement disponibles à tous, directement ou indirectement, sans guère de restriction. Sur 135 pays récemment évalués par l’OIE, beaucoup n'ont pas adopté de législation pertinente relative aux conditions appropriées d’importation, de fabrication, de distribution et d’usage des produits vétérinaires, y compris les agents antimicrobiens. Ces produits circulent ainsi sans contrôle comme des marchandises ordinaires et sont souvent frelatés.

En outre, il n’existe pas à ce jour de système de surveillance harmonisé de l’utilisation et de la circulation des agents antimicrobiens chez les animaux dans le monde. Le recueil de telles informations permettra aux pays de mieux maîtriser la qualité et l’efficacité des produits qui sont utilisés. C’est dans ce contexte que l’OIE a été mandaté par ses Pays membres pour collecter ces informations manquantes et établir une base de données mondiale pour le suivi de l’utilisation des agents antimicrobiens chez les animaux. Associée, à terme, au système mondial d’information zoosanitaire, cette base de données facilitera l’analyse et le contrôle de l’origine des médicaments importés, en améliorant leur traçabilité par les Pays membres de l’OIE.

Lutter contre l’antibiorésistance, composante clé du programme d’action pour la sécurité sanitaire mondiale (GHSA : Global Health Security Agenda)

L’OIE participe, au titre de conseiller, au sein du comité de pilotage mondial du GHSA, lancé en 2014. Le programme GHSA est un effort commun des États-Unis d’Amérique et de plus de quarante autres nations ainsi que d’organisations internationales telles que l’OMS, l’OIE et la FAO. Intégrant la lutte contre l’antibiorésistance parmi ses objectifs prioritaires, ce programme vise à accélérer la progression vers un monde mieux protégé des menaces des maladies infectieuses et à promouvoir la sécurité sanitaire mondiale en tant que priorité internationale.


[1] Organisation mondiale de la santé

[2] Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture

[3] Organisation mondiale des Douanes

 

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