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Conférence sur l'influenza aviaire à Bamako : des résultats très positifs

La quatrième conférence internationale sur l'influenza aviaire s'est achevée aujourd'hui à Bamako (Mali), à l'issue de trois journées de travail.

Cette conférence, organisée conjointement par le Bureau interafricain des ressources animales de l'Union africaine (UA/BIRA), par l'Union européenne et par le gouvernement du Mali (avec l'assistance technique de l'OIE) s'est tenue dans le prolongement de l'engagement pris à Vienne, un peu plus tôt dans l'année, par les partenaires impliqués dans la lutte contre l'influenza aviaire, de cibler leurs efforts sur les besoins du continent africain.

Les organisations internationales, les gouvernements des Pays Membres et les principaux bailleurs de fonds internationaux ont mis en commun leur expérience en matière de contrôle et de prévention de l'influenza aviaire et présenté un tableau actualisé sur les ressources financières déjà engagées et celles restant à mobiliser afin de parvenir à contenir la maladie partout dans le monde et d'éviter ainsi une éventuelle pandémie.

Les aides promises lors de la séance consacrée à cette fin lors du troisième jour de la conférence, ont totalisé près de 500 millions de dollars US.

«Au moment de la réunion de Pékin, l'Afrique n'était pas encore affectée par la maladie, de sorte que les sommes engagées ne prenaient pas suffisamment en compte les mesures de contrôle de la maladie en Afrique. Lors de la réunion de Vienne, l'OIE avait alerté la communauté internationale sur la nécessité de prendre des mesures rapides pour maîtriser l'évolution de la situation chez les volailles sur le continent africain, et je suis particulièrement satisfait de voir que la rencontre de Bamako a permis à l'Afrique et à la communauté internationale de faire franchir une nouvelle étape à cet égard» a déclaré le Docteur Bernard Vallat, Directeur général de l'OIE au vu des résultats de cette réunion.

Reçu en audience spéciale par son Excellence Monsieur Amadou Toumani Touré, Président de la République du Mali, le Docteur Vallat a commenté le succès de la conférence et remercié le gouvernement du Mali pour avoir contribué à sa réussite.

La Plateforme ALive : un mécanisme de coordination optimal pour l'Afrique

L'existence de petits élevages de volaille de basse-cour partout en Afrique, les contacts fréquents entre ces volailles et les hommes, le manque de ressources, le manque d'un système de gouvernance conforme aux normes de l'OIE en matière de qualité des services vétérinaires et enfin l'absence de mécanismes d'indemnisation appropriés sont autant de facteurs qui grèvent les efforts de prévention et de maîtrise de l'influenza aviaire en Afrique.

Cependant, depuis que la maladie a atteint le continent en février 2006, les États africains ont fait preuve de détermination pour affronter ce problème en mettant en ouvre des mesures visant à faciliter la prévention et le contrôle de l'influenza aviaire et humaine. Les efforts déployés à ce jour sont indéniables, mais il reste beaucoup à faire pour améliorer la capacité de réaction et pour organiser une préparation concertée.

Dans ce contexte, la conférence a mis en avant le rôle de la plateforme ALive créee par la Banque mondiale en collaboration avec l'OIE, la FAO, l'UA/BIRA et d'autres partenaires, dans la mesure où elle constitue un mécanisme de coordination optimal non seulement pour lutter contre l'influenza aviaire mais aussi pour prévenir l'émergence, ou la réémergence, d'autres maladies animales à l'avenir.

L'étude réalisée par la plateforme ALive avec le soutien de la FAO, de l'OIE, de l'UA/BIRA, de l'OMS et de l'UNICEF pour préparer cette conférence a permis de dresser un bilan complet des besoins en Afrique, y compris ceux des organisations sous-régionales, dans les domaines de la santé animale, de la santé publique et de la communication.

Les ressources financières nécessaires estimées par la plateforme ALive pour prévenir et maîtriser l'influenza aviaire chez les oiseaux s'élèvent à près de 720 millions de dollars pour une période de trois ans.

«Ces fonds sont nécessaires pour concevoir des stratégies de lutte contre l'influenza aviaire chez les volailles qui soient adaptées aux besoins des pays africains. Pour être en mesure de détecter les maladies animales, y compris les zoonoses, et d'y répondre efficacement, les Pays membres doivent veiller à ce qu'il existe une gouvernance de qualité au sein de leurs Services vétérinaires », a expliqué le Docteur Vallat. « C'est pourquoi l'OIE a commencé à mettre en ouvre une initiative unique en son genre, visant à aider les pays à déceler les éventuelles faiblesses de leurs Services vétérinaires qui les empêchent de se conformer aux normes de l'OIE en matière de qualité et donc de faire face aux maladies animales telles que l'influenza aviaire», a-t-il ajouté.

Une banque de vaccins virtuelle pour l'Afrique

 Compte tenu de la complexité de concevoir une stratégie de lutte contre l'influenza aviaire, particulièrement en Afrique, l'OIE a mis en place, au début de l'année, en partenariat avec l'UA/BIRA et la Commission européenne une banque de vaccins virtuelle pour l'Afrique, destinée à fournir rapidement les pays se trouvant dans l'obligation de vacciner les populations de volailles à risque.

Si la vaccination ne constitue pas la seule stratégie de lutte contre l'influenza aviaire, elle s'avère néanmoins efficace dans le cadre de campagnes d'éradication en Afrique et dans d'autres parties du monde. L'existence d'une telle banque offre la possibilité d'approvisionner en vaccins toute zone affectée ou à risque, directement par le fournisseur.

Grâce à ce mécanisme, plusieurs millions de doses de vaccins H5N1 ont déjà été distribuées dans plusieurs pays d'Afrique.

La nécessité de renforcer les capacités scientifiques

La conférence a également souligné la nécessité de disposer de capacités diagnostiques rapides en appui des stratégies de détection précoce et de réaction rapide. Le manque de capacités diagnostiques suffisantes et la pénurie de laboratoires de référence en Afrique ne font qu'accentuer ce problème.

Afin de surmonter ces difficultés, l'OIE a proposé le concept de « jumelage de laboratoires » en tant que concept intégré de renforcement des capacités des laboratoires vétérinaires dans les pays en développement et en transition. Le jumelage a pour principal objectif de faire en sorte que les laboratoires de référence déjà existants de l'OIE prêtent à d'autres laboratoires une assistance directe, sous les auspices de l'OIE, afin que ces derniers améliorent leur capacité diagnostique et leur niveau d'expertise scientifique et puissent acquérir à leur tour le statut de laboratoires de référence.

« J'ai été encouragé par la rapidité avec laquelle les Pays Membres et les donateurs ont répondu favorablement et soutenu ce concept, et je suis persuadé que ces jumelages vont bientôt être opérationnels, et surtout que les pays africains en tireront d'immenses bénéfices» a déclaré le Docteur Vallat.

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