Organisation Mondiale de la Santé Animale

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Clôture de la 84e Session générale de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE)

Tour d’horizon des Résolutions adoptées par l’Assemblée mondiale annuelle des Délégués de l’OIE

22-27 mai 2016


© OIE/I. Zezima

Paris, le 27 mai 2016 - Présidée pour la première fois par le Dr Botlhe Michael Modisane, la 84e Session générale de l’Assemblée mondiale des Délégués de l’OIE s’est déroulée à la Maison de la Chimie, à Paris. Près de 850 participants, représentant les Délégués nationaux des 180 Pays membres, de nombreuses personnalités scientifiques ainsi qu’une quarantaine d’organisations internationales, intergouvernementales, régionales et nationales ont participé à cet événement.

La Cérémonie d’ouverture s’est tenue en présence d’une vingtaine de Ministres et représentants des gouvernements des Pays membres, ainsi que d’acteurs-clés institutionnels : la Présidente de l’Organisation mondiale des agriculteurs (OMA), Dr Evelyn Nguleka et le Commissaire européen à la santé et à la sécurité alimentaire, Mr Vytenis Andriukaitis se sont notamment adressés à l’Assemblée.

À l’issue de ces six jours de concertation, 37 Résolutions adoptées par les Délégués nationaux de l’OIE ont entériné l’approbation de nouvelles normes et lignes directrices internationales visant à préserver et améliorer la santé et le bien-être animal.

Nouvelles normes et lignes directrices internationales

Que ce soit en matière de prévention et contrôle des maladies animales, de bien-être animal ou en ce qui concerne les méthodes de diagnostic et la qualité des vaccins, les Délégués de l’OIE ont adopté ou révisé différentes normes, dont les principales modifications sont décrites ci-après.

Au total, il est à noter :

  • la révision de 16 chapitres et l’ajout d’un nouveau chapitre au Code terrestre de l’OIE ;
  • la révision de 17 chapitres et l’ajout de cinq chapitres au Manuel terrestre de l’OIE ;
  • la révision de 7 chapitres du Code aquatique et d’un chapitre du Manuel aquatique de l’OIE.

Santé et bien-être des animaux terrestres

Plusieurs chapitres portant sur différentes maladies animales ainsi que sur l’évaluation des Services vétérinaires ont été révisés afin de permettre aux Pays membres une meilleure appropriation des contenus et une meilleure mise en application de ces normes.

Un nouveau chapitre sur le bien-être des équidés de travail complète le large éventail de normes relatives au bien-être des animaux terrestres et aquatiques.

La norme adoptée est le fruit d’un travail de plusieurs mois, suite à la constitution en 2014 d’un groupe ad hoc sur le sujet. Elle recouvre divers aspects allant de la gestion des conditions de vie au traitement des maladies et des blessures, par les vétérinaires notamment. Comme l’ensemble des normes de l’OIE, elle se base sur des critères scientifiques et prévoit des paramètres mesurables à appliquer pour évaluer le bien-être des équidés de travail.

Dans de nombreux pays, les équidés de travail jouent un rôle important dans l’agriculture et pour le transport des biens et des personnes, contribuant directement et indirectement aux moyens de subsistance des foyers, à la sécurité alimentaire et à la prospérité économique. Les bénéfices qu’ils apportent sont souvent sous-estimés, et ces animaux ne sont pas toujours pris en compte dans les programmes nationaux de santé ou de bien-être animal, voire dans certains cas, ils ne sont pas couverts par la législation vétérinaire nationale. Ce texte rappelle donc le rôle important des autorités nationales vétérinaires pour assurer la progression du bien-être animal, et sera complété, ultérieurement, par des normes similaires concernant d’autres espèces d’animaux de travail.

Le bien-être des animaux terrestres et aquatiques est un sujet important pour l’OIE qui organise sa 4e Conférence mondiale sur le sujet en décembre 2016, au Mexique.

Santé des animaux aquatiques  

Plusieurs chapitres concernant la surveillance de la santé des animaux aquatiques ainsi que la prévention et contrôle des maladies qui les touchent ont été révisés.

Le Chapitre 4.3. portant sur les recommandations générales sur la désinfection a été intégralement révisé, initiant ainsi la rénovation de la gamme de normes se rapportant à la prévention et au contrôle des maladies (Titre 4.), dans le cadre d’un plan de travail de trois ans de la Commission des animaux aquatiques. La désinfection constitue un outil important de gestion des maladies dans les infrastructures d’aquaculture, utilisé pour la prévention de l’introduction ou de la dissémination d’agents pathogènes à l’extérieur ou au sein des établissements aquacoles.

Stratégies mondiales de lutte contre les maladies et l’antibiorésistance

Contrôle et éradication de la peste des petits ruminants (PPR)

Une stratégie mondiale pour le contrôle et l’éradication de la PPR a été lancée en avril 2015, conjointement avec la FAO, à l’issue de la conférence internationale organisée à Abidjan (Côte d’Ivoire) par les deux organisations. Placée sous l’égide du programme GF-TADs (Plan-cadre mondial pour la lutte progressive contre les maladies animales transfontalières), cette stratégie vise à éliminer la maladie d’ici 2030, prenant modèle sur la réussite de l’éradication de la peste bovine en 2011. Le plan d’action reconnaît la nécessité d'une approche intégrée incluant des programmes efficaces de vaccination, la mise en conformité des capacités des Services vétérinaires avec les normes de l'OIE, ainsi que le contrôle et la prévention d’autres maladies prioritaires des petits ruminants selon des approches économiquement rentables.

À l’issue de la Session générale, les Pays membres de l’OIE se sont engagés à considérer cette maladie, qui menace la sécurité alimentaire de millions de familles rurales pauvres, comme prioritaire dans l’élaboration de leurs programmes de lutte nationaux.

Des cadres d’intervention opérationnels régionaux définissent les mesures de contrôle et d’éradication à mettre en œuvre aux échelons régional et national de façon progressive et par étapes, afin d’assurer l'évaluation et le suivi continu de la situation de la maladie. Sa dimension transfrontalière exige en effet des interventions harmonisées entre les pays d’une même région.

L’OIE s’engage de plus à faciliter l'accès des Pays demandeurs à des vaccins de haute qualité, par l’intermédiaire de ses banques de vaccins régionales.

Le secrétariat FAO/OIE qui encadrera la bonne conduite de cette stratégie est en place depuis le début de l’année 2016 et soutiendra les demandes de financement et d'engagement des bailleurs de fonds.

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Élimination mondiale de la rage humaine transmise par les chiens

Suite à la conférence OMS/OIE qui s’est tenue à Genève (Suisse) en décembre 2015, un plan d’action mondial pour l’élimination de la rage humaine transmise par les chiens a été élaboré, en collaboration avec la FAO et avec le soutien de l'Alliance globale contre la rage (GARC). Ce document vise à harmoniser les actions de lutte contre la maladie et à donner des directives modulables et réalisables aux pays et régions. L’objectif est d’atteindre zéro décès humain lié à la rage canine d’ici à 2030. Pour soutenir le succès de ce plan, l’élimination de cette maladie restera une priorité pour l’Alliance Tripartite OIE/FAO/OMS, dans le cadre de l’approche « Une seule santé ».

Afin de soutenir l’éradication de la maladie à sa source animale canine, approche la plus rentable et la plus équitable, le mécanisme des banques régionales de vaccins de l'OIE, déployé en collaboration avec l'OMS, continuera d’appuyer les campagnes régionales et nationales de vaccination des chiens grâce à l'approvisionnement en temps utile en vaccins de qualité, en ligne avec les normes de l’OIE.

Cela contribuera au succès des programmes de lutte contre la maladie, devant comprendre, outre la vaccination de masse régulière des chiens dans les zones à risque, la responsabilisation des propriétaires de chiens, l’incitation au contrôle des populations de chiens errants, conformément aux normes internationales de l'OIE, l'accès à une prophylaxie financièrement abordable pour les personnes ayant été exposées et une meilleure sensibilisation du public à la prévention et au traitement des morsures de chien.

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Combattre l’antibiorésistance dans le cadre d’une approche « une seule santé» : vers une nouvelle stratégie de l’OIE

Les Pays membres ont adopté une résolution entérinant les fondements de la stratégie mondiale de lutte contre l’antibiorésistance de l’OIE. Cette stratégie vise à encadrer et assurer la poursuite de toutes les actions entreprises par l’Organisation depuis de nombreuses années dans ce domaine. Outre l’élaboration et l’harmonisation des normes internationales relatives à la réglementation, à l’utilisation prudente des agents antimicrobiens et à leur surveillance, les actions couvrent également la formation initiale et continue des professionnels de santé animale, les mesures nécessaires pour mettre à disposition des agents antimicrobiens de bonne qualité et la recherche sur les traitements alternatifs, des actions de communication et de sensibilisation, ainsi que l’appui à la bonne gouvernance des Services vétérinaires à l’échelle nationale.

Depuis un an, l’OIE a également été mandatée par ses Pays membres pour établir une base de données mondiale visant à collecter des données sur l’utilisation des agents antimicrobiens chez les animaux.

La stratégie de l’OIE sera conduite de manière progressive dans le cadre d’une approche « Une seule santé ». Elle s’inscrira dans le prolongement du plan d’action global contre l’antibiorésistance élaboré par l’OMS, en collaboration avec l’OIE et la FAO, que les Pays membres des trois organisations se sont engagés à mettre en œuvre en 2015, à travers des plans d’actions nationaux. L’objectif est de garantir l’efficacité à long terme des traitements contre les maladies infectieuses humaines et animales au moyen d’agents antimicrobiens de qualité garantie.

L’antibiorésistance constitue un problème majeur pour la santé publique et nécessite l’engagement de l’ensemble de la société. Sa portée désormais hautement politique a conduit les Directeurs généraux de l’OMS et de l’OIE à exposer ce problème lors de la réunion des ministres de la santé du G7, à Berlin en octobre 2015, et la FAO, l’OIE et l’OMS préparent actuellement une intervention de haut niveau sur l’antibiorésistance qui sera présentée lors de l’Assemblée générale des Nations unies en septembre 2016.

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Afin de garantir le succès de ces stratégies, les Délégués de l’OIE ont réaffirmé une fois de plus leur engagement à renforcer la gouvernance des Services vétérinaires dans tous les pays et à mettre en pratique les Résolutions adoptées, avec, lorsque cela s’avère nécessaire, le recours aux programmes de soutien proposés par l’OIE à travers son Processus PVS, comprenant notamment différents programmes d’évaluation, de chiffrage des investissements, de suivi, de modernisation des législations nationales et de renforcement des capacités.

Situation zoosanitaire mondiale

L’une des missions phares de l’OIE étant de garantir la transparence de la situation mondiale des maladies animales, y compris les zoonoses, la Session générale a aussi été l’occasion pour les Pays membres d’échanger sur leurs problématiques nationales dans ce domaine et sur les nouveautés en matière de partage de l’information zoosanitaire.

Fait marquant cette année, l’OIE a présenté la nouvelle application mobile WAHIS alerts pour téléphones portables et tablettes. Elle vise à faciliter la consultation des données contenues dans le Système Mondial d’Information Sanitaire de l’OIE, WAHIS, en permettant notamment de recevoir les notifications immédiates publiées par le système en temps réel. Lancé moins d’un an après l’interface Santé animale mondiale (juin 2015), ce nouvel outil est une avancée importante pour optimiser le partage de l’information sanitaire dans le monde.

Par ailleurs, une attention particulière a été portée à différentes maladies, dont :

  • l’épizootie mondiale d’influenza aviaire hautement pathogène chez les oiseaux, pour laquelle les pays doivent continuer à déployer des efforts soutenus de surveillance tant chez les oiseaux domestiques que les oiseaux sauvages ;
  • la fièvre catarrhale du mouton, maladie vectorielle de portée mondiale ;
  • la dermatose nodulaire contagieuse, autre maladie vectorielle, habituellement endémique en Afrique, qui s’est propagée au Moyen-Orient, puis en Europe en 2015;
  • l’infection par le virus de la peste des petits ruminants, dont plus de 25 % des pays ont signalé la présence ou la suspicion en 2015 et début 2016.

Impact économique des foyers de maladies animales

La problématique de l’impact économique des maladies animales suscite un intérêt croissant, s’expliquant en partie par l’ampleur des pertes occasionnées par certaines maladies comme la fièvre aphteuse, l’influenza aviaire hautement pathogène et la peste porcine classique. Les conséquences économiques de ces maladies sont délétères aussi bien pour la productivité, que pour les échanges commerciaux internationaux.

Pour optimiser l’efficacité des Services vétérinaires et mieux évaluer les priorités de l’allocation des ressources destinées à améliorer la santé et le bien-être des animaux, il convient de disposer de données précises aussi bien sur les pertes de production que sur les coûts de la prévention et des interventions en cas de maladie. Ces informations, encore insuffisantes à ce jour, sont également précieuses pour analyser les disparités mondiales relatives aux systèmes de santé animale et mettre en évidence que bien des régions du monde ont un accès limité à des personnes formées spécifiquement à la gestion des maladies animales. L’un des thèmes techniques de la Session générale s’est donc attaché à présenter les effets économiques des foyers de maladie dans le monde.

Conscients de l’importance de ces analyses, les Pays membres de l’OIE ont affirmé leur souhait d’intégrer des aspects économiques de la santé et du bien-être animal à l’offre de formation initiale des vétérinaires. Par ailleurs, ils ont approuvé la mise en place de projets pilotes visant à estimer les coûts des maladies animales et des Services vétérinaires nationaux.

L’importance d’investir dans les systèmes nationaux de notification des maladies animales et dans la mise à jour de la plate-forme WAHIS, en tant qu’outil essentiel d’information sanitaire mondiale et de soutien des analyses économiques a également été soulignée.

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Programmes de contrôle des maladies animales et statuts sanitaires officiels

Le statut des Pays membres au regard des maladies prioritaires a été examiné pour faire l’objet d’une reconnaissance officielle. Pour la 20e année consécutive, des pays ont obtenu la reconnaissance de leur statut au regard des maladies prioritaires listées par l’OIE. Depuis la première reconnaissance de statut en 1996, concernant la fièvre aphteuse, cette procédure s’est étoffée et s’applique aujourd’hui à six maladies : encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), fièvre aphteuse (FA), péripneumonie contagieuse bovine (PPCB), peste équine, peste des petits ruminants (PPR) et peste porcine classique (PPC).

Lors de la présente Assemblée mondiale de nouveaux pays ou de nouvelles zones ont obtenu une reconnaissance officielle de leurs statuts:

  • 7 pays ont été reconnus « indemnes de PPC » en Europe et en Asie et Pacifique, ainsi qu’une zone au Brésil ;
  • La Lettonie a été reconnue « indemne de PPR »;
  • Le Kazakhstan et les Philippines ont été reconnus « indemnes de peste équine » ;
  • 6 pays des régions d’Europe, d’Afrique et des Amériques ont été reconnus comme ayant un « risque négligeable au regard de l’ESB » : la Namibie devient le premier pays d’Afrique à se voir octroyer un statut officiel au regard de cette maladie ;
  • 3 pays se sont vus attribuer un statut « indemne de PPCB » dans les régions Amériques, Afrique et Asie et pacifique, ainsi qu’une zone en Namibie ;
  • Une nouvelle zone a été reconnue officiellement « indemnes de fièvre aphteuse sans vaccination ».

L’Assemblée mondiale des Délégués a, en outre, validé les programmes de contrôle nationaux de fièvre aphteuse soumis par la Thaïlande, la Mongolie et le Kazakhstan.

Au total, 25 demandes nationales de reconnaissance officielle d’un statut ou d’un programme de contrôle ont été adoptées par l’Assemblée mondiale des Délégués.

La totalité des statuts sanitaires reconnus et des programmes de contrôle peut être consultée ici.

Accroissement du réseau scientifique d’expertise de l’OIE

Le réseau scientifique mondial de l’OIE s’est élargi avec de nouveaux Laboratoires de référence et Centres collaborateurs approuvés par l’ensemble des Délégués, portant à 311 le nombre de Centres officiels d’excellence scientifique de l’OIE, répartis dans près de cinquante pays sur les cinq continents. L’échange d’informations entre ces différents instituts se révèle indispensable pour les réussites enregistrées en matière de contrôle de la santé animale de par le monde.

L’ensemble des Résolutions adoptées lors de la 84e Session générale de l’OIE seront prochainement publiées sur le site internet de l’OIE.


En marge des sessions ayant permis d’adopter ces résolutions et de traiter les différents sujets décrits ci-dessus, la Session Générale fut aussi l’occasion pour les pays membres d’organiser de nombreuses réunions bilatérales, et pour certains de signer des accords contribuant à soutenir les activités de l’OIE. Ce fut notamment le cas cette année avec la signature de plusieurs accords entre l’Australie, le Canada, l’Irlande, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni et les États-Unis d’Amérique.

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