Organisation Mondiale de la Santé Animale

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L’OIE recommande un renforcement de la surveillance des maladies animales dans le monde

Tirer les enseignements de la propagation de l’HPAI H5N8 en Asie et en Europe.

Suite à la récente propagation du virus HPAI H5N8 en l’Asie et en l’Europe, l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) alerte sur le nécessaire renforcement, dans le monde entier, des systèmes de surveillance et de détection précoce des maladies animales domestiques et sauvages, et recommande d’en faire un objectif majeur des politiques sanitaires publiques.

Des millions de volailles en ont déjà été victimes de l’influenza aviaire hautement pathogène H5N8 en moins de onze mois. Cette nouvelle souche est apparue en janvier en Corée, pour ensuite se propager en Chine et au Japon, et récemment dans trois pays d’Europe, en Allemagne, aux Pays-Bas, et au Royaume Uni. Bien que les foyers de ce nouveau virus aient pour l’instant rapidement été contrôlés par les autorités sanitaires, leurs conséquences économiques sur le secteur aviaire sont importantes.

Ces dernières décennies, les impacts de la mondialisation des échanges d’animaux, de personnes et de produits commerciaux ont démultiplié les possibilités de propagation des pathogènes d’un coté à l’autre du monde en un temps record. Mais la récente découverte du virus H5N8 en Europe rappelle à la communauté internationale qu’un simple phénomène naturel comme les flux migratoires d’oiseaux sauvages peut aussi être responsable de la dissémination mondiale d’une maladie.

À ce jour, la souche H5N8 n’a été reliée à aucun cas humain. Mais il convient de rester vigilants face aux capacités de mutation des virus grippaux. Avec 75% des maladies humaines émergentes issues de pathogènes transmis par les animaux, domestiques comme sauvages, la protection de la santé publique est intimement liée à la préservation de la santé animale. La transmission du virus Ebola d’un animal sauvage à l’homme suivi d’une transmission interhumaine massive est un autre exemple tristement célèbre aujourd’hui.

Dans ce contexte, l’OIE rappelle que, avec ou sans potentiel de transmission à l’homme, les conséquences d’une mauvaise gestion du contrôle des maladies à leur source animale sont souvent très lourdes pour la population et l’économie locale, mais aussi régionale et mondiale.
« Les crises des 20 dernières années, telles que celles liées aux grippes aviaires H5N1 et H7N9, à la fièvre aphteuse, à la vache folle ou aujourd’hui à Ebola nous démontrent que les politiques de prévention des maladies à leur source animale ont certes un coût sur les budgets des états ou de la communauté internationale, mais que celui-ci est dérisoire comparé aux coûts induits par la gestion d’une panzootie ou d’une pandémie », explique d’expérience le Dr. Vallat, directeur général de l’Organisation.

L’existence de services vétérinaires nationaux compétents et organisés, quel que soit le niveau de développement du pays est un prérequis à une détection précoce et une réponse rapide et transparente aux foyers de maladies animales. C’est pourquoi, au travers de ses normes intergouvernementales et de ses outils d’amélioration des performances des services vétérinaires, l’OIE fournit à ses 180 pays membres les bases nécessaires au renforcement de la bonne gouvernance de leurs systèmes de santé animale soutenues par des moyens humains et financiers adéquats, ce qui implique aussi l’existence d’une législation appropriée, doublée une formation vétérinaire de haut niveau, et soutenue par des moyens humains et financiers adéquats.
En parallèle, il est nécessaire d’assurer une surveillance large et optimale des maladies animales chez l’animal sauvage comme chez l’animal domestique. « Eleveurs, chasseurs, pêcheurs, et autres usagers de la nature sont également des acteurs essentiels avec qui il convient de coopérer » rappelle le Dr. Vallat, « et des moyens supplémentaires doivent aussi être consacrés partout à la recherche active des pathogènes dans la faune sauvage y compris chez les oiseaux aquatiques. »

À l’échelle internationale, des outils ont été développés ces dix dernières années pour prévenir les panzooties et les pandémies à leur source animale. Le processus OIE d’amélioration des performances des Services vétérinaires nationaux (PVS Pathway), le règlement sanitaire international créé par l’OMS, ou le système mondial d’information zoosanitaire de l’OIE, WAHIS, en sont d’excellents exemples. « Il convient de les diffuser et en faire bénéficier en priorité les pays en développement où l’explosion de la demande en protéines animales va fortement modifier les conditions d’élevage vers des systèmes plus intensifs qui nécessiteront un contrôle vétérinaire plus étroit. Et il nous faut le faire vite, car les pathogènes n’attendent pas.»


Pour plus d’information sur la transmission de l’HPAI H5N8 par la faune sauvage et les recommandations induites :
http://www.offlu.net/fileadmin/home/en/resource-centre/pdf/H5N8_OFFLU_Statement_Final.pdf

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